Simon Joyner

The Lousy Dance

The Lousy Dance

 Label :     Truckstop 
 Sortie :    mardi 19 octobre 1999 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Il est loin ce jour de 92 où Simon Joyner enregistrait tout seul son premier véritable album à l'étage d'un petit magasin de tapis d'Omaha. En cette fin de millénaire, il a troqué sa vie de troubadour solitaire pour celle d'un père de famille. Et tel un Dylan qui invite le Band dans sa grande maison de Woodstock pour tromper l'ennui conjugal, Simon réunit un véritable orchestre pour donner vie à ses nouvelles crises existentielles.

On imagine bien Simon déposer ses trois gamins à l'école puis aménager son garage en home-studio où il invite sa bande de musiciens. En vérité, le songwriter a dû faire la route jusqu'à Chicago où se situe les studios du label Truckstop dont le fondateur Mike Krassner joue ici de la guitare. On retrouve également Jessica Biley au violon, Jeb Bishop au trombone, le fidèle Chris Dedan aux percus et, pour ajouter la touche alt-country, l'ami Charles Kim à la pedal-steel. Jusque là, c'est le combo habituel, le même accompagnement discret mais essentiel que sur les trois albums précédents. Sauf que s'incruste la clarinette de Ken Vandermark, jazzman réputé et le flügelhorn (bugle en VF) de Ernst Long, instrument somme toute assez rare, en particulier sur un album de folk aussi intimiste.

Tout ce petit monde n'est là que pour accompagner tendrement les mots de Simon qui signe ici, c'est sa spécialité, des textes sublimes sur les rues pluvieuses de sa ville natale, les nuits blanches où les cigarettes se consument, les matins amers où les amants se séparent ("Long Dark Night"). De longues valses d'insomniaques - six minutes en moyenne - où la voix ne cesse de trébucher puis de se relever aussitôt parce qu'il faut bien, parce que même si le spleen ne vous quitte plus, l'espoir fait vivre. C'était mieux avant mais nous voilà déjà à maintenant :
"The only way to rise again is to go and get yourself slain
But it will never be that easy again"

J'étais triste d'apprendre la mort de Leonard Cohen. Et puis je me suis souvenu que Simon Joyner, lui, existait toujours. Il écrit des chansons sur la table de la cuisine à Omaha, entre les bols de céréales de ses enfants. Des chansons aussi émouvantes qu'"I Will Find You", la plus belle pièce de ce qui pourrait bien être son plus bel album. À ce jour.


Excellent !   18/20
par Dylanesque


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