Tomahawk

Adelaide - Australie [Heaven] - dimanche 07 décembre 2003

Tout abasourdi encore par la prestation des Melvins, j'attend patiemment que Tomahawk foule la scène à son tour. Le public doit subir le même manège précédemment vécu, mais cela ne semble pas le contrarier le moins du monde. Par chance le kit de Stanier est plus conventionnel et il ne lui faudra qu'un petit quart d'heure pour mettre en place tous les éléments de sa batterie ainsi que d'en régler les micros. Duane Denison quant à lui fait vite, Kevin Rutmanis est déjà chaud et son ampli basse fume déjà. Mike Patton doit se placer au centre de la scène avec ses deux pupitres. Tout cela sous les sonorités d'une sorte de DJ quadragénaire de Sydney qui nous avait accueilli au début de la soirée avec des chansons vraiment amusantes mêlées a des projections hilarantes des années 60/70, bougeant au rythme de la musique d'une facon sadique et désinvolte a la fois. Un personnage assez effrayant en somme. Se rappeler de la scène de Reservoir Dogs et du titre "Stuck In The Middle With You" pourrait aider à décrire le personnage parfaitement.
Mon dos me fait atrocément souffrir d'être rester trop longtemps debout mais je reste à mon poste. J'ai bien fait ! Duane Denison en chemise étincelante se positionne à deux mêtres de moi. Stanier le déguingandé s'installe derrière les fûts, Rutmanis s'est débarassé de sa toge et attrape sa basse, tandis que Patton débarque arborant un collier/serre-tête en cuir clouté, tendance sado-maso et une chemise de cowboy, ou une étoile de sheriff y est épinglée. Là où le set des Eurockéenes était plutot langoureux dans la nuit noire, celui-ci a été explosif. On reconnait le son de la caisse claire piccolo de Stanier qui a fait les grandes heures de Helmet. Son jeu est implacable, direct, massif et racé a la fois. Rutmanis (ex-The Cows, Melvins) demande plus de son, nos oreilles bourdonnent. Denison (ex-The Jesus Lizard) écarte ses doigts sur son manche de guitare, jazzy à souhait, d'une grande sobriété et humilité. Patton, hululle, utilise toute sorte d'ustensiles dont un jouet pour enfant pour créer une ambiance hors du commun. Il demandera "who is holding drugs ?" et invitera le possesseur à venir backstage pour en offrir à Duane qui se met a sourire doucement comme gêné.
Ce qui surprend le plus durant un concert de Tomahawk est le charisme que dégage le groupe. Tous les musiciens ont en effet un passé musical impressionnant et cela se ressent rien qu'a les regarder dans les yeux. Des années de bourlinguage aux quatre coins du monde, des milliers de concerts, des albums épatants. Les quatre associés forment ensemble une excellente symbiose qui fonctionne au delà de tout espérance. Chacun apporte quelque chose au groupe, ce qui le rend si special.
Nul doute que le public était venu en masse pour Tomahawk mais j'ai trouvé l'ambiance déplorable. Un bruit de fond continu de conversation parvenait à couvrir le son même du concert dans ses passages les plus calmes. Renforcant mon indignation, une jeune damoiselle se rendant dans la fosse avec son whisky-coca et qui indubitablement le renverse...et cela sur mon épaule !
Un grand spectacle un peu gaté par cette ambiance un peu spéciale.
Plus de transports, j'ai dû rentrer chez moi à pieds. 50 minutes pour dresser le bilan de cette soirée. 50 minutes de marche avec la lune pour seul compagnon.


Parfait   17/20
par Oneair


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