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Etes-vous prêts pour "L'Après Pétrole" ?
 


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 20m 47s

Texte paru en 1998 dans un journal local :

"LA FIN DE L'ERE INDUSTRIELLE


L'ère industrielle va s'arrêter dans une dizaine d'années. Elle va s'arrêter
comme elle a commencé, il y a environ 200 ans : d'une manière massive,
spectaculaire dans son ensemble, puis en "decrescendo" progressif.

Si on continue d'ignorer les faits, cela pourrait donner la plus grande
catastrophe de toute l'humanité, plus pénible et meurtrière que toutes les
guerres, famines et épidémies du passé et qu'une guerre nucléaire mondiale.

Mais il vaut mieux éviter la mode du catastrophisme de cette fin de millénaire
et espérer une prise de conscience qui permette, "en dernière minute" d'éviter
le pire. Et en particulier que les jeunes, qui seront les plus touchés par cet
événement, réagissent tant qu'il est encore temps, pour atténuer le choc.


LA FIN DE L'ERE INDUSTRIELLE VA BOULEVERSER LA VIE QUOTIDIENNE DE CHACUN D'ENTRE
NOUS.

Pour vivre, il faut manger tous les jours. C'est évident, mais nous n'y pensons
guère : dans nos pays "développés", il est aisé de se procurer toute la
nourriture dont on a besoin, et bien plus. On ne meurt pas de faim, chez nous :
Même le smicard, même le SDF, ont au moins de quoi subsister. Nous pouvons faire
nos emplettes tous les jours, près de chez nous, ou, si besoin est, en prenant
notre voiture pour aller au supermarché. Plus personne n'a besoin de produire
ce qu'il lui faut pour manger, que ce soit le citadin ou le campagnard, et même
les agriculteurs ne vivent pas en autosuffisance : ils ont spécialisé leur
production pour la vente et achètent eux-mêmes les aliments dont ils ont
besoin. Ils cultivent ou exploitent des centaines d'hectares, mais uniquement
pour produire du vin, de la viande ou du maïs destiné à la vente ou à
l'exportation.

Cette abondance et cette omniprésence d'aliments ne sont donc pas dues à une
agriculture locale florissante, mais au contraire à un système complexe et
fragile qui dépend entièrement des transports, qui eux-mêmes fonctionnent tant
que le pétrole sera abondant et bon marché. La production d'aliments ne se fait
plus qu'à quelques endroits de France et est acheminée tous les jours par des
milliers de camions jusque devant nos portes. Une grande partie est importée
grâce aux transports routiers et ferroviaires, rapides, équipés d'installations
frigorifiques. Malgré tous ces transports, les aliments sont vendus très bon
marché, car le pétrole est abondant actuellement : les pays producteurs le
bradent littéralement, car ils en sont au maximum de leur extraction et la
demande est encore en dessous de la production. Mais dans les prochaines
années, cela va s'inverser : avec la demande grandissante de nouveaux pays en
développement comme la Chine, les ex-pays de l'Est, l'Inde, l'Afrique, etc....la
demande va s'accroître alors que la production va plafonner.

Le pétrole deviendra plus cher et moins abondant. Les transports dans nos pays
vont rapidement perdre en rentabilité, les produits transportés vont devenir
plus chers, le consommateur va pouvoir acheter moins, l'économie va régresser,
il y aura plus de licenciements et de chômage.

On observe actuellement à quel point l'économie d'un pays comme la France est
sensible au comportement des consommateurs : il aura fallu par tous les moyens
inciter les Français à acheter de nouvelles voitures pour "relancer l'économie"
; il faut faire du "porte à porte" dans les pays lointains pour qu'ils nous
achètent quelques avions ou un TGV... C'est dire à quel point notre économie
moderne est devenue fragile et quelles conséquences pourrait avoir un grain de
sable dans l'engrenage.

Ce grain de sable, ce sera dans quelques années la fin du pétrole bon marché. Et
cela peut entraîner très rapidement une situation dans laquelle la distribution
d'aliments ne pourra plus se faire comme aujourd'hui, c'est à dire que chacun
de nous peut se trouver dans le cas d'une pénurie d'aliments dans les commerces
à des kilomètres à la ronde.
Or, comme nous l'avons vu, lorsque a débuté l'ère industrielle, on a supprimé
massivement les petites exploitations agricoles, jusque là présentes partout :
chaque village avait de nombreux paysans et artisans.

C'est une situation qui n'a jamais existé dans l'histoire de l'humanité : depuis
environ 10.000 ans que l'humain s'est "civilisé", a fait des progrès et des
inventions, a construit des villes et fait des guerres, il y a toujours eu une
large majorité de paysans et d'artisans. Ceux qui vivaient à leurs dépens
étaient toujours une minorité, et, après chaque guerre, famine, révolution,
catastrophe, épidémie, il était possible de reconstruire et de continuer une
vie normale grâce à l'omniprésence des paysans et des artisans qui permettaient
de subvenir aux besoins fondamentaux de toute la population.

Pendant 10.000 ans on a toujours pu rétablir la situation. Or, depuis quelques
dizaines d'années, on a totalement supprimé cette "roue de secours" : il n'y a
plus un petit pourcentage d'aristocrates, de seigneurs, de riches qui se font
servir par la grande masse d'une population productive ; chez nous, ce sont
quasiment 100% de personnes non productives qui consomment quotidiennement
comme les seigneurs ou les aristocrates de l'époque, y compris les
agriculteurs, qui sont des consommateurs comme les autres.

Ce "miracle" se fait grâce au pétrole : d'une part, les engrais à base de
pétrole ont permis d'augmenter énormément le rendement des cultures, et les
machines fonctionnant au gasoil permettent de se passer de la plus grande
partie de la main d'œuvre, chez nous et ailleurs.

D'autre part le pétrole permet d'acheminer des produits depuis des centaines et
des milliers de kilomètres en très peu de temps, pour nous approvisionner
quotidiennement.

Alors, la fin du pétrole bon marché, cela ne veut pas simplement dire moins de
confort, moins de voitures, moins de consommation. Cela signifie tout bonnement
qu'il n'y a plus de quoi approvisionner les millions de Français, d'Allemands,
de Japonais, d'Américains, qui font confiance au système moderne pour les
nourrir tous les jours. Cela ne se fera peut-être pas du jour au lendemain,
mais peut aller très vite, si l'on pense aux crises qu'ont déclenché de petites
alertes comme des deux crises pétrolières ou les grèves des routiers.'

Il y a eu, avec le début de l'ère industrielle, un exode rural énorme. Il y
aura, avec la fin de l'ère industrielle, un exode urbain aussi massif... si c'est
encore possible. Or, rien n'est moins certain : il ne servira à rien d'aller se
réinstaller à la campagne, lorsque les villes ne pourront plus être
approvisionnées : il ne reste plus rien des petites structures d'agriculture
familiale, plus de terres fertiles (elles ont été "vidées" par l'emploi
d'engrais chimiques), plus d'outils manuels, plus d'animaux domestiques
rustiques et en quantité suffisante, plus de savoir-faire pour cultiver la
terre et fabriquer les outils nécessaires, plus de fermes et de granges, plus
de graines à semer, plus de moulins omniprésents pour moudre le grain...Mais nous
ne sommes pas devenus dépendants seulement dans le domaine alimentaire. Une
grande ville produit quotidiennement des tonnes de déchets. L'eau courante, qui
assure l'hygiène malgré ces concentrations, est assurée grâce eaux moyens
modernes, fonctionnant essentiellement au pétrole : les pompes, les conduites,
l'eau sous pression ; les camions-poubelles fonctionnent au gasoil ; les
stations d'épuration ont besoin d'énergie pour fonctionner. L'électricité
dépend également du pétrole.

Et puis, notre santé dépend de nos jours pour la plus grande part des moyens
modernes liés au pétrole abondant : médicaments fabriqués à base de pétrole et
à l'aide d'énergie pétrolière, distribués par transports, rapides,
frigorifiques ; les hôpitaux chauffés au fuels, l'hygiène obtenue grâce à des
techniques et produits désinfectants industriels, et à l'eau courante.

Aucun de nous ne peut se nourrir par lui-même, ne peut éliminer les déchets
qu'il produit et ne peut se guérir par lui-même. Si le fameux grain de sable
dont il était question plus haut vient à enrayer la puissante machine du monde
moderne, chacun de nous est totalement démuni. En priorité dans les grandes
villes, mais entre-temps la campagne n'est plus qu'une ville élargie : les
quelques légumes que l'on peut produire soi-même ne permettent pas de survivre
si les transports disparaissent et obligent à se débrouiller tout seul...

L'Humain va refaire le "coup des dinosaures" : une fois que ceux-ci étaient
devenus trop grands, trop passifs, ils se sont éteints. Seuls ont survécu les
petites espèces discrètes à la taille équilibrée par rapport à leur vitalité et
à leur environnement. Les grandes villes sont d'énormes dinosaures, qui se
contentent de consommer passivement ; elles risquent bien de connaître le même
sort, et ne survivront que les petits peuples qui ont encore une taille
raisonnable et une autonomie suffisante...




POURQUOI UN BOULEVERSEMENT AUSSI RADICAL NE SEMBLE-T'IL PREOCCUPER PERSONNE ?


Il aurait fallu préparer l'après-pétrole depuis longtemps : lorsqu'on a démarré
la révolution industrielle, on ne pouvait pas savoir ; mais dès que les
scientifiques ont compris que le pétrole, le charbon, le gaz, l'uranium sont
des énergies fossiles, c'est à dire formées il y a des millions d'années, et
que, une fois épuisées, elles ne se reformeront que dans autant d'années
(l'uranium ne se forme plus), une gestion intelligente aurait dû se mettre en
place. Cela n'a pas été le cas, le pétrole a été pillé, gaspillé en l'espace de
quelques dizaines d'années, et il nous reste dix ans au plus avant que la fin de
l'ère du pétrole ne commence inéluctablement à se faire sentir.

Pourtant, à part quelques timides mises en garde qui passent totalement
inaperçues dans la masse des informations et des annonces de catastrophes à
venir, ni les scientifiques, ni les politiques, ni les industriels, ni les
écologistes, n'attirent l'attention sur ce fait plus que majeur.

On se soucie plus volontiers des dangers du transgénique, de la montée de
l'intégrisme ou du chômage que du problème de la simple survie de chacun
d'entre nous lorsque la machine du monde moderne cessera de fonctionner faute
de carburant...

Cela a plusieurs raisons :

tous ceux qui vivent maintenant sont nés dans le contexte d'une révolution
industrielle déjà plus ou moins établie. Les jeunes sont habitués depuis leur
plus tendre enfance à un monde moderne et ne connaissent rien d'autre que ce
système. Ils trouvent tout naturel que les aliments, les biens de consommation,
soient abondants et que l'on puisse aisément se les procurer grâce à l'argent.
Les plus anciens ont connu une période encore relativement "rustique", mais ont
vite oublié en croyant sincèrement que le progrès allait continuer
perpétuellement, que nous étions libérés une fois pour toutes des "tâches dures
et ingrates" de l'agriculture généralisée. Il faut dire que les manuels
scolaires et les médias n'insistent guère sur le fait que les ressources non
renouvelables vont être épuisées sous peu, et n'expliquent pas à quel point
nous en sommes devenus dépendants.

Ajoutons à cela les promesses que font les scientifiques, les écologistes et le
politiciens qui font miroiter des progrès et des solutions de remplacement
miraculeux, dans le style "on trouvera autre chose". Le nucléaire, les schistes
bitumeux, le solaire, les bio-carburants, la pile à combustible, la fission
nucléaire, les barrages hydroélectriques, le retour au charbon et au gaz, la
colonisation d'autres planètes et toutes sortes de découvertes utopiques nous
sont proposées pour nous rassurer.

Nous faisons tranquillement et passivement confiance à toutes ces promesses : si
des savants et des politiciens sont tellement sereins quant à l'avenir, il ne
peut pas y avoir une catastrophe mondiale en vue sous peu, non ?
Mais si nous insistons, auprès des écologistes par exemple, pour qu'ils nous
fassent un projet chiffré et complet sur les possibilités réelles du solaire,
des éoliennes, du bio-carburant ; si nous demandons avec insistance aux
scientifiques où en sont les recherches sur les progrès annoncés, le nucléaire
et le traitement des déchets, l'hydrogène et la pile à combustible, le gaz et
le charbon ; si nous demandions aux hommes politiques s'ils ont réellement
prévu l'avenir au-delà de leur durée d'élection... Nous aurions de bien
désagréables surprises... Aucune de ces techniques ne pourra remplacer le pétrole
dans sa facilité et sa diversité d'emploi, son abondance, son coût (pour
l'instant) au plus bas.

l'ampleur même du problème crée un refoulement : on parle volontiers de
"catastrophes" petites ou moyennes, et où l'on peut envisager une solution à
l'échelle humaine, en douceur : la pollution, le sida, le transgénique, la
vache folle, la délinquance, le Tiers-Monde, le danger nucléaire...mais la fin du
monde moderne, une pénurie qui touchera des millions de gens habitués au confort
et au bien-être, qui nous remettra dans des conditions quasiment néolithiques,
c'est un problème qui dépasse les capacités de l'imagination, c'est abstrait,
c'est vague, ce n'est pas bien défini... Juste avant la seconde guerre
mondiale, pratiquement personne ne s'attendait à une telle guerre ; ceux qui
timidement mettaient en garde étaient ignorés. Après, on s'est dit : "nous
aurions dû nous douter de quelque chose, empêcher cela"... Après la fin de l'ère
industrielle, on se dira à peu près la même chose...

beaucoup de gens informés n'ont pas intérêt à en parler : les politiciens, pour
se faire réélire doivent être optimistes, annoncer la reprise économique, la
croissance ; les Etats producteurs de pétrole n'ont aucun intérêt à annoncer la
diminution de leurs réserves, au contraire, ils grossissent volontiers leurs
estimations ; les industriels, les économistes, les assurances, les
gouvernements, les banques, la Bourse, tous ceux là seraient bien ennuyés si la
population de consommateurs se préparait à un avenir qui se termine dans dix ans
au lieu d'amasser les points-retraite, de préparer des carrières
professionnelles ou d'investir pour le futur.

enfin, la plupart des décideurs et des responsables en place ne se soucient
guère de cet avenir là, car ils ne seront plus là pour en profiter ou en pâtir.


QUELS SONT LES SCENARIOS POSSIBLES POUR LA FIN DE L'ERE INDUSTRIELLE ?


Avec ou sans pétrole, l'ère industrielle aurait de toute façon fini par
s'auto-détruire : une croissance continue est impossible. C'est d'ailleurs un
argument important contre tous les moyens de remplacement que l'on nous annonce
: même si on invente l'énergie miracle qui permet de continuer après le pétrole,
la croissance démographique, la pollution par accumulation de déchets et
produits toxiques, les rivalités entre pays et individus, les inégalités
sociales, la boulimie croissante, les maladies de civilisation et la déprime
due à trop de confort finirait par détruire un tel système.

Le fait que ce soit l'épuisement des ressources fossiles qui marquera la fin
réelle de la société moderne a l'avantage de trancher net et de remettre à plat
tous les excès qui se sont accumulés en quelques décennies de "boulimie" de
consommation. L'ère industrielle montre déjà de sérieux signes d'essoufflement
: nations au bord de la faillite, tensions, crises et guerres, maladies de
civilisation et remèdes devenant inefficaces (pénicilline, vaccins) chômage,
intégrisme, inégalités sociales de plus en plus marquées.

Tout cela sera balayé d'un seul coup lorsque le "miracle du pétrole" sera
terminé, et cette fois-ci, ce sera définitif : après toutes les grandes crises
précédentes, guerres, famines, il y avait moyen de reconstruire mieux qu'avant,
de redémarrer ; le progrès était encore devant nous. Cette fois-ci ce sera
différent : il faudra reconstruire, réorganiser, avec les moyens du bord, dans
des conditions extrêmement précaires, et avec le souvenir du progrès passé...

si on passe les dix ans qui restent à faire la politique de l'autruche, le choc
sera très dur, tout le monde sera pris au dépourvu, et ce sera le "coup des
dinosaures" : extinction de la plus grande part de l'Humanité, les plus
durement touchés étant les plus grandes villes et les pays les plus modernes.

si, tout en gardant son calme, on essaie de prévoir et de préparer ce qui peut
l'être, on peut éviter ce cataclysme. Cette possibilité est décrite plus loin.

il peut aussi y avoir des conflits mondiaux, des guerres pour les dernières
gouttes de pétrole ; ou encore des réactions de panique dans les populations :
stockage de carburant, de denrées alimentaires, achats de propriétés à la
campagne, réactions "barbaresques" de pillage, etc....


QUE PEUT-ON FAIRE ?


Un événement d'une telle importance mériterait que tout le monde "mette la main
à la pâte", surtout qu'il reste bien peu de temps pour essayer d'organiser
correctement un bouleversement aussi profond et mondial. Mais cela n'est pas
réalisable, bien sûr : imaginer que, miraculeusement, tous les pays du monde et
tous les individus s'entendent et s'organisent solidairement pour assurer un
avenir serein à tous est plus qu'utopique... D'autant plus que ce qui concerne le
pétrole touche justement aux intérêts les plus puissants économiquement et
politiquement et ceux qui en tirent leur richesse vont tout mettre en œuvre
pour en tirer profit jusqu'au bout.

Tout au plus une prise de conscience généralisée entraînera-t-elle un dernier
sursaut de profit : comme la crainte du danger nucléaire a fait fleurir la
vente d'abris antiatomiques pendant un moment, la perspective de la fin de
l'ère moderne pourrait activer le créneau immobilier : ceux qui ont les moyens,
vont acheter des domaines "autarciques" à la campagne pour pouvoir s'y réfugier
le moment venu, selon le principe "moi d'abord".

Il ne s'agit pas de chercher à économiser le pétrole pour essayer de le faire
durer plus longtemps : cela ne marchera pas. Même lorsqu'il y a des pics de
pollution dans les villes, rares sont ceux qui, par civisme, renoncent à
utiliser leur voiture ou prennent les transports en commun, même gratuits :
l'Humain moderne, tant qu'il n'a pas le couteau sur la gorge "pour de bon,"
n'est plus en mesure de faire volontairement "vœu de sobriété"...

Ce que peut faire chacun d'entre nous, c'est développer son esprit critique et
sa lucidité. Nous avons tendance à faire passivement confiance aux politiciens,
aux scientifiques, aux mouvements de défense de nos intérêts, aux économistes.

Mais il ne suffit pas d'être membre d'un parti ou d'une association et de s'en
remettre à eux pour défendre nos intérêts et notre avenir. Il faut s'informer,
questionner, insister pour s'assurer qu'ils font bien leur travail.

Etre membre d'un mouvement écologiste, cela ne suffit pas. Il faut demander aux
organisations ce qu'ils prévoient pour le futur proche. Si on demande à un
écologiste pendant combien de temps il y aura du pétrole, il dira "pendant 50
ans" et si on pose la question de ce qu'il y aura ensuite, il réplique "le
solaire et les énergies nouvelles". Si nous nous contentons de ces informations
vagues, nous risquons d'avoir de mauvaises surprises. Si nous insistons
suffisamment, il faudra bien que l'écologiste en question avoue que le pétrole
bon marché, celui qui assure le fonctionnement de la société telle qu'elle est,
s'arrêtera dans dix ans, même si ensuite, il reste encore du pétrole pendant 40
ou 100 ans. Et il devra bien avouer que le solaire et les énergies parallèles
ne pourront servir que de dépannage partiel dans une société revenue à un état
d'avant-pétrole - avec la production agricole en moins...

De même, on entend par-ci, par-là, que les retraites ou les assurances sociales
des travailleurs actuels ne pourront plus être assurées dans quelques années.
Si l'on n'insiste pas en demandant "oui, mais alors ?", Les économistes et les
politiciens sont sortis d'affaires : ils nous auront prévenus...

Si un jeune demande à un politicien "quels sont mes chances d'avenir
professionnel ?" Il dira "fais le plus possible d'études et de diplômes, cela
augmentera tes chances". En fait, ce n'est qu'un moyen de "gagner du temps",
alors que, si le jeune insistait pour obtenir des statistiques, des plans
fondés, le politicien devrait bien avouer qu'il y a "no future"...

Donc, première chose : s'informer le plus possible, insister, ne pas se
contenter d'informations et de promesses vagues, non, chiffrées, non prouvées.
Une fois que nous avons le cœur net, et que nous savons que les décideurs et
les organisateurs sont bien démunis face à l'avenir, que pouvons nous faire ?
Il ne sert à rien de revendiquer, d'accuser, de se révolter. Il faut bien se
dire que tous ces responsables sont bien impuissants face à une situation aussi
complexe, et c'est pour cette raison qu'ils préfèrent ne pas trop y penser. Ils
sont tous, et nous sommes tous, pris dans un engrenage monumental, planétaire,
d'intérêts financiers, politiques, d'où même le plus puissant chef d'état ou le
mieux intentionné ne peut sortir. Tout a été axé sur le progrès coûte que coûte
et il nous faut bien avouer que nous en avons constamment redemandé.

Nos dirigeants politiques, c'est un peu comme un père de famille nombreuse qui
se serait de plus en plus endetté pour assurer le bien-être de ses enfants et
se faire apprécier par eux, et qui n'ose pas leur avouer qu'il est "au bout du
rouleau" - on peut très bien reprocher aux enfants de ne jamais s'être demandé
d'où venaient toutes ces richesses...

Chercher les fautifs, revendiquer des solutions en haut lieu, se dire "on aurait
dû", n'est donc pas la solution.

La seule solution qui pourrait servir à quelque chose serait de créer un lien
entre les individus qui sont conscients de la situation et qui ne veulent pas
attendre les bras croisés que "le ciel leur tombe sur la tête".

Cela permettrait de profiter encore des moyens modernes tant qu'ils existent :
les personnes conscientes de la fin de l'ère industrielle sont rares et
disséminées. Les moyens de communication modernes représentent un moyen de les
relier.

Et que feraient ces personnes ? D'abord, analyser la situation, rassembler le
plus possible de données et d'informations pour essayer de prévoir ce qui
risque d'arriver, comment se déroulera cette fin de l'ère industrielle ;
quelles sont les possibilités concrètes des énergies renouvelables, quels sont
les dangers les plus imminents, crises, famines, guerres, pénurie d'eau.


Ensuite, faire l'inventaire de tous les moyens, de toutes les techniques
"ancestrales" que l'on a oublié, perdues, et qui permettraient d'en revenir à
une indépendance alimentaire au niveau de l'individu, du village, du pays.

En quelque sorte, cela reviendrait à mettre sur pied un "plan
ORSEC-après-pétrole"...Chacun pourrait y apporter sa contribution en fonction de
ses connaissances et de sa spécialité : historiens, anthropologues,
agriculteurs, "anciens" qui ont encore connu l'avant-pétrole, scientifiques,
ethnologues, écomusées, jardiniers, ménagères, philosophes...

Un tel recueil de propositions, de techniques oubliées, pourra servir à tout le
monde le moment venu.

De nombreuses personnes sont en train de préparer la grande fête du Nouvel An
2000... Il serait plus important de préparer avec autant d'enthousiasme l'avenir
2010 sans pétrole bon marché... Il y va de l'avenir de nos enfants ou de
nous-mêmes, selon notre âge..."

---[Edité le 29/03/2006 à 18 h 25 par X_YoB]---

Posté le 28 mars 2006 à 15 h 22m 37s

C'est marrant, j'ai comme une impression de... déjà-lu...

J'en connais un qui a pas peur...

Petit provocateur-va...


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 24m 07s

C'est un peu le test ultime... Pas bien méchant vous en conviendrez...


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 30m 20s

Certes, certes...

Je me souviens vaguement t'avoir dit à l'époque tu voulais niquer mon dimanche avec cette histoire... Je maintiens... Tu veux me niquer l'moral avant le Arsenal - Juve de ce soir...

Ce qui me fait le plus flipper, c'est que personne ne semble s'inquiéter...


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 30m 33s

"En France, on a pas de pétrole mais on a Onsfoudenous"


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 32m 25s

"Personne ne semble s'inquiéter"... tu remarqueras qu'on parle de plus en plus de l'épuisement des réserves de pétrole; en revanche tout le monde croit qu'on va trouver autre chose pour remplacer l'or noir; et c'est là que le bas blesse....
Faut peut etre plus se contenter de flipper mais plutot... se préparer à l'inéluctable...

---[Edité le 28/03/2006 à 15 h 34 par Onsefoutdenous]---

Posté le 28 mars 2006 à 15 h 36m 18s

J'imagine d'ici le regard moqueur des extraterrestres constatant qu'on est encore au stade de l'énergie fossile.


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 37m 05s

...et à coté de ça il est illégal d'utiliser l'huile de cuisson pour alimenter son automobile depuis que des gens on travaillé cette alternative (pas de pollution, juste une odeur de frites )


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 38m 54s

Oui-oui, c'est tout à fait ce que je dis... On en entend parler, c'est pas le problème mais je ne sais pas si on est vraiment au courant réellement... Je pense qu'une partie d'entre nous se dit, "pas grave, au moment voulu, les cies petrolières vont sortir de leur coffre-fort l'énergie propre, pas chère et qui comblera le manque. Elles attendent juste de le faire quand les réserves seront bien épuisées (et une grosse guerre, peut-être même)"

Et en fait... peut-être que non...


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 39m 33s

Je trouve que ça fait beaucoup de mots pour décrire une évidence, qui ne l'est pas pour tout le monde vu les réticences à être pris en "otages" des cadres et des étudiants qui croient à l'éternité du système qui les nourrit et qui snobent les manifestants du moment...

c'est précisément pourquoi ce mouvement cne cpe ne doit pas s'arrêter à ça : poser ce type de question d'avenir.

Bien qu'on puisse emettre une reserve sur le tarrissement brutal du pétrole...

je suis pas sûr qu'il en reste si peu, j'ai lu des articles qui disaient que c'était préoccupant, certes, mais qu'il y avait (hélas ?) moyen de trouver d'autres sources d'énergies et un peu de temps pour apprendre à les domestiquer...


Posté le 28 mars 2006 à 15 h 41m 29s

...comme les hydrates de méthane provenant des grandes profondeurs océaniques.


http://www.effervesciences.com/s_sites/h2o/H2o_arti/a_sct/methan.htm


C'est pire que le pétrole et autres énergies fossiles exploitées à ce jour. D'ailleurs, les gaz qui s'en dégagent par secousse sismique provoque les chavirages des navires passant dans la zone, et font explosés les avions en survol dès que le gaz se trouve au dessus de la surface. C'est ce qui aurait élucidé les disparitions dans le Triangle des Bermudes.

---[Edité le 28/03/2006 à 16 h 15 par Pascha]---

Posté le 28 mars 2006 à 15 h 53m 49s

Http://suicide.ecoute.free.fr/

Merci onsefoutdenous !


Posté le 28 mars 2006 à 16 h 47m 44s

Posté le 28 mars 2006 à 16 h 58m 24s

Le problème du pétrole est tout autre à mon sens:

1) Je pense qu'effectivement les scientifiques ont une solution de secours.

2) Le problème est plutôt géopolitique. Quand le pétrôle sera remplacé, les pays de l'OPEP ne servitont plus à rien. Or comme on sait qu'une bonne partie d'entre eux financent les USA, il y aura une déstabilisation de la paix et un risque énorme de guerre.

Non sincèrement, je ne pense pas qu'il y a à s'inquiéter du pétrole en tant qu'énergie. Je pense que cette énergie sera facilement remplacée un jour. Mais sûrement au prix de guerres.


Posté le 28 mars 2006 à 17 h 20m 22s

Je sais pas trop mais si j'etais dépendant d'une personne de puis des dizaines d'années, et que la tout d'un coup je me retrouvai avec les clés de mon indépendance (surtout qu'avec le temps j'ai pu bien prendre la mesure de la haine que j'ai vis a vis de lui).
Bin c'est sur j'attendrai bien encore une dizaine d'années qu'il vienne me refaire les fesses regulierement dans ma petite cellule, avant de décider de me barrer de la puique j'ai les clés.

C'est totalement logique non ?!?




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