Pain

Nothing Remains The Same

Nothing Remains The Same

 Label :     Stockholm 
 Sortie :    lundi 16 septembre 2002 
 Format :  Album / CD  K7 Audio   

Oui, la pochette est hideuse. Mais n'allons pas trop vite en besogne. Pourquoi l'album serait chroniqué ici dans ce cas ? Il faut savoir dépasser les préjugés. Mais qu'est-ce que c'est Pain d'abord? Oui, c'est un nom de groupe qui vient avec ses gros sabots, qui pourrait vite s'avérer caricatural : d'ailleurs, à en juger par le look de l'homme sur cette pochette, on se dit vite que ça va être un album à consonance métallique à deux balles...

Cet homme, c'est Peter Tägtgren, un nom qui ne vous dira rien (bien qu'on puisse parier que quelques membres de ce site connaissent bien le bonhomme), mais en Suède, là d'où il vient, et dans le milieu du métal en général, c'est plus qu'un homme, c'est une marque, une figure incontournable. En effet, outre Pain qui est plus un side project, notre chanteur-guitariste- bassiste-batteur-claviériste et sans doute joueur de triangle est le leader d'Hypocrisy, groupe de Death scandinave incontournable de cette scène. De plus, il a produit bon nombre de groupes tels que Children Of Bodom ou Dimmu Borgir. Aujourd'hui, il est toujours aux commandes d'Hypocrisy, de Pain et de Lindemann, le projet solo du chanteur de Rammstein.

Vous l'aurez compris, notre gars est un hyperactif, part dans tous les sens et c'est sans doute l'une des qualités de ce Nothing Remains The Same. En effet, on retrouvera dans cet album, qu'il a écrit, composé, produit tout seul, du métal symphonique, du métal industriel, de la pop, de la new wave, du néo-métal. Sur le papier, ça en fera vomir certains : mais ce dégueuli d'influences peut passer, si si.
En fait, Nothing Remains The Same peut se déguster comme un très bon nanar, on y prendra donc un plaisir régressif, en acceptant le mélange des genres cités ci-dessus, avec leurs grosses ficelles, mais aussi leurs coups de génie.
"It's Only Them" ouvre l'album sans précautions, une guitare aigüe laisse progressivement la place à un riff métal des plus efficaces, très rentre-dedans, accompagnés par des violons synthétiques dramatiques: Peter Tägtgren s'en prend aux capitalistes, à la société de consommation, à ce monde de merde qui nous entoure. Bien entendu niveau paroles, ses compatriotes suédois de The International Noise Conspiracy seront plus fins, mais il n'est pas question de finesse ici, le message doit passer et passera. On enchaîne avec un deuxième tube, "Shut Your Mouth" avec son synthé délirant. C'est un titre qui pourrait être très lourdaud, mais qui bizarrement passe quand même tant Peter Tägtgren se veut entraînant et convaincant dans son discours et dans ses riffs. Troisième titre, troisième tube, "Close My Eyes" vient lorgner du côté du néo-métal indus, avec toujours cette même efficacité: le ton est vengeur, révolté contre les injustices de ce monde, la famine, la déforestation, les fanachistes... Oui, Pain souffre. Il souffre du monde et aussi de lui-même: "Just hate Me" le prouve avec son ambiance New Wave, les grosses basses à la Cure sont de sortie pour rechuter vers du symphonique. Encore un hit potentiel.
Il y en aura d'autres, par la suite, plus discrets, les ficelles étant vite assimilées: Peter Tägtgren mixe pop, parfois des rythmiques trip-hop, avec des guitares indus, met du violon dramatique par-ci, par-là, chante des textes sur le déni de soi à cause de la nature humaine, de la drogue ("Injected Paradise")... Ca peut vite tourner en rond, mais Peter Tägtgren n'est pas un musicien complet pour rien, il sait attraper l'auditeur comme sur "Expelled", où les synthés et les guitares sont pleureurs mais savent nous raccrocher tant le mec à espoir en ses mélodies. "Pull Me Under" et "Save Me" surfent plus sur une vague métal technoïde un peu plus convenue et nous font un peu perdre l'intérêt qu'on pourrait avoir pour l'album dans son intégralité: c'est un peu trop post-matrix pourrait-on dire... "The Game" est un peu vide, et fait traîner l'album en longueur, dommage. Heureusement, Peter Tägtgren sait soigner ses sorties autant que ses entrées et "Fade Away" se veut définitive avec toujours ses ensembles symphoniques conviant à l'ultime, au déchirement et il faut avouer Tägtgren sait y faire, malgré tout ce que cela peut avoir d'artificiel: le refrain est héroïque, dramatique, parfois surfait mais c'est dans ce mot que pourrait résumer l'essence même de cet album: il y a de tout, à haute dose, il y en a parfois trop, mais cela fait aussi le sel des bons divertissements, et ce Nothing Remains The Same en est un, pour celui qui saura ne pas se prendre au sérieux... Quoique?

Ah, les plaisirs coupables... Quoi?! Rammstein n'est pas sur ce site?!


Pas mal   13/20
par Machete83


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