Flying Lotus

You're Dead!

You're Dead!

 Label :     Warp 
 Sortie :    lundi 06 octobre 2014 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Le grand Stupeflip disait : "Prendre des p'tits bouts d'trucs... prendre des p'tits bouts d'trucs et puis les assembler ensemble et écouter l'résultat tranquille dans ma chambre." C'est un peu ça l'idée, voyez ? Ça peut avoir l'air con comme ça, mais c'est une pensée à garder à l'esprit dès lors qu'on aborde un disque de Steven Ellison alias Flying Lotus : la magie n'opèrera pas immédiatement. Comme chez son excellent Cosmogramma, ou pour Until The Quiet Comes, il faut laisser aux parties le temps de former un tout supérieur à leur somme, comme dirait l'autre. Le constat est ainsi le même face pour son dernier disque You're Dead!. À la première écoute, dur de comprendre ce qui se passe au sein de l'album. On est confronté, dans le désordre, à des bouts de jazz, d'électro, de soli de guitare, de sax, de claviers, de Kendrick Lamar, des voix étranges, encore du jazz, encore de l'électro, des choeurs lénifiants, de l'hélium... Tout ça sur un temps très court. Ah tiens ! Voilà au moins le premier constat sûr qu'on s'autorise à faire à l'endroit de You're Dead! : il n'est pas bien long. C'est même le plus court depuis son premier, 1983. Cela aura au moins le mérite de nous faciliter la tâche lorsqu'il s'agira d'assembler les petits bouts de puzzle en vue de retrouver le beau tableau que constitue le disque.

Arf... attendez une minute. Je réalise à l'instant que la description que j'esquisse du disque peut porter à confusion. Ce n'est pas parce que You're Dead! ne fait pas instantanément sens que le travail est éprouvant. Il ne sera pas question ici de rechercher laborieusement de la musicalité dans une oeuvre hermétique. Au contraire ; les premières écoutes, si déroutantes soient-elles, ne sont pas désagréables pour un sou. Flying Lotus est un sacré bon producteur, le moins qu'il puisse faire en l'occurrence est bien d'envelopper convenablement son "produit". Et de fait, l'album brille de mille feux, chaque note, chaque son est une caresse - plus ou moins douce. Si on ne sait guère où veut nous entrainer Ellison dans les premiers temps, on a la garantie qu'on y sera confortablement installé. Effectivement, monsieur Lotus ne nous aura pas menti. Comme à l'accoutumée, le sens surgit peu à peu des morceaux éparses, la cohérence se crée d'elle-même, et la douceur de l'album invite à y revenir très souvent, ce qui nous donne d'autant plus l'occasion d'y mettre du sens... La formule est rodée et maligne, le cycle est enclenché.

You're Dead! hein ? Pour un album supposé parler de la mort - les titres sont d'ailleurs très allusifs : "Never Catch Me", "Dead Man's Tetris", "Turker Dog Coma", "Ready Err Not", "Moment of Hesitation", etc - ce disque d'Ellison s'avère extrêmement hospitalier. Est-ce là le message du bonhomme : "Ne craignez pas la mort, elle est douce" ? À plonger toujours plus profondément dans son disque, on se prend à le croire comme par magie. Il ne s'agit pas d'embrasser la mort à pleine bouche, faut pas déconner non plus, mais plutôt de l'appréhender autrement et à calmer, en somme, cette angoisse du néant qui ne nous lâche jamais vraiment. C'est une noble mission que tu t'es donné là, Steven. Et même si le résultat n'est pas tout à fait - passe moi l'expression - aussi mortel qu'un Cosmogramma, c'est une belle pierre que tu apportes là à ton édifice discographique. Ta tatie peut être fier de toi, TMTC mec.


Très bon   16/20
par X_Wazoo


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