Flying Lotus

Los Angeles

Los Angeles

 Label :     Warp 
 Sortie :    lundi 09 juin 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Encore aujourd'hui, évoquer le nom de Flying Lotus dans une discussion relève d'une cool-attitude absolument enviable. Ajoutez à cette même phrase les termes Los Angeles et "sur ma platine", et c'est le gros lot question notoriété. Le dernier opus de Steven Ellison est l'archétype du disque qui surprend et rend tout con lors d'un échange culturel musical. La lacune culturelle tristement inévitable pour tous ceux qui n'écoutent pas du hip-hop underground depuis 15 ans.
Ce disque est lâché dans les bacs un peu plus de 2 ans après une évènement capital : le décès de J Dilla, le 10 Février 2006 (date baccalauréat). Une disparition qui pèse d'ailleurs un rappeur mort sur les consciences, et qui jette sacré froid sur le monde de l'hip-hop bidouillé. Dans le milieu, une perte d'intérêt général pour cette scène musicale encore fraîche est redoutée. Tous les regards se braquent alors vers Steven Ellison, ou plus précisément vers ce nouvel opus qui sort chez Warp, annoncé comme la suite de 1983. Les fans s'en pourléchent les babines, et attendent ce qui est leur est annoncé comme le disque eunedeurgrouneudeu de l'année. Notez la stratégie marketing-communication d'enfer. Le plus triste, c'est d'avoir à constater que ces "prémonitions" étaient plutôt justes. Car 6 mois après sa sortie, Los Angeles est déjà un classique, voire un standard pour les puristes les plus furieux, rien que ça. Pourtant, pas grand chose à avoir avec Dilla. Los Angeles, c'est d'abord l'allure d'une pochette, et un constat sans équivoque : le Steven semble s'être très légèrement inspiré de l'esthétique Mezzanine. Mais alors juste un tout petit peu. Et ça sent pas bon. Très étrangement, la première écoute suggère le trip-hop de Massive Attack. Basses ronflantes, ambiance sombre, écrasante et boucles répétitives. Quelle surprise. C'est Del Naja qui va être ravi. Mais il y a plus (ouf !). Ca grince, ça souffle, et d'un morceau à l'autre ça beat de manière complètement arythmique. Le souk le plus complet. On pense alors à Burial, et on se rapproche effectivement du but. Un son Burial mis au goût techno-disco-hip-hop, donc plutôt sombre, tantôt électrisé et chahuteur, tantôt sous narcotiques. Des gros boom boom kitsch (parce que c'est à la mode), des boucles de bandes à l'envers interminables, des trucs qui font mal à la tête, des samples de films de science fiction, de la soul écartelée... A peu de choses près, la formule magique habituelle.
Et ça marche. Los Angeles n'est pas qu'un simple bon disque d'electro-hip-hop-instrumental (liste non exhaustive), mais une galette franchement novatrice. Un trésor pour les inconditionnels de beats toujours plus fou-fou, une sacré déculottée pour les amateurs du genre, un voyage astral pour les néophytes. De quoi assurer un temps lors des prochaines discussions branchouilles. Et parlez-en bien autours de vous, tant que c'est encore bien vu. Tant que "Floatting Bamboo" ou "Swimming Eucalyptus" ne lui ont pas coupé le sifflet.


Bon   15/20
par Camomille


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