Chicks On Speed

99 Cents

99 Cents

 Label :     Chicks On Speed 
 Sortie :    lundi 29 septembre 2003 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Il est très compliqué d'identifier clairement qui sont les Chicks On Speed. Si la page d'accueil du groupe donne clairement des noms à ce projet multiforme, polymorphe, complètement fou, flou et foutraque, on pourrait pourtant vite fait se paumer dans ses nombreuses ramifications.
En effet, au début des années 2000, plein de groupes féminins d'électroclash virent le jour et chaque mois apportait de nouveaux noms, si bien qu'on les confondait parfois; citons pêle-mêle Robots In Disguise, Peaches, Le Tigre, Ellen Allien, Client, Miss Kittin... (débarquaient aussi de Russie a cette époque, les inénarrables TATU... Pour un tout autre style) Si bien que lorsque la moitié des groupes précités participent à 99 Cents, on ne sait plus à quel groupe on a vraiment à faire.

Ce côté foutraque (essayez de lire les crédits de la pochette et amusez vous bien!) est cependant un grand avantage. 99 Cents est ainsi un disque varié, sous multiples influences, résultats de toutes ces collaborations entre filles qui en veulent. Les Chicks On Speed, fortes du premier album Chicks On Speed Will Save Us All et de l'excellent "Glamour Girl", décident donc de concevoir un disque un peu plus produit, au croisement de divers styles en invitant toutes leurs copines. Mais 99 Cents, c'est quoi précisément? C'est une manière de faire de la pop, de la techno, de l'électroclash, de l'indus, du R'n'B, du rock et de se marrer entre filles tout en faisant un disque orienté mode et complètement contestataire. Eh ouais.
Ainsi, "99 Cents", "Universal Pussy" et "Fashion" sont 3 titres lorgnant vers des beats industriels armés, teintés d'électro, aux paroles scandées avec un certain militantisme,. Ce sont les meilleurs titres du lot, avec des paroles très évocatrices du message délivré par les poulettes ("Luxury, the income tax of vanity" ou "I'm not crazy about money but I like what it can do" sur "99 Cents"), à la fois complaisant, ironique et whatthefuckesque.
Pour le reste, on navigue entre les différents styles évoqués ci-dessus, aussi efficaces que radiophoniques, avec cette touche cosmopolite qui donne un certain caractère à ce disque. "Shooting From The Hip", titre d'ouverture, est dynamique mais est peut-être le plus dispensable, il ne fait qu'emmener les perles qui suivront. "We Don't Play Guitars" contient un featuring avec Peaches et fut un tube en son temps sur les radios rock. Là aussi, on a du très efficace, une fusion entre rock et électro réussie, hédoniste et délirante. "Wordy Pappinghood" poursuit la tradition des reprises entamées par le groupe ("Kaltes Klares Wasser" de Malaria! et "Warm Leatherette" de The Normal, alias Daniel Miller, le grand manitou du label Mute) dans une version clubbing du tube des Tom Tom Club et qui a du faire fureur dans les colonies de vacances en son temps. La chanson est surtout pertinente dans son break hypnotique et fait oublier le côté enfantin de la chanson.
"Coventry" pourra moins plaire, pouvant évoquer de mauvais souvenirs variétoche façon Jennifer Lopez ou Justin Timberlake avec un côté R'n'B. Mais finalement, les filles prennent tellement plaisir à faire ce genre de grands écarts que la sauce finit par prendre. Incongru aussi est ce "Culture Vulture" avec sa trompette mexicaine à la fin du morceau, mais on est dans un pur délire sonore, il ne faut pas l'oublier. Pourtant, au-delà de ces grosses marrades peut planer une certaine mélancolie, comme sur "Love Life" ,qui n'est pas sans évoquer New Order dans son phrasé ("lovely you I think of you"), et sur "Chick Shavin'", réalisé avec Miss Kittin, transpirant un spleen innocent et lui aussi enfantin. Comme dit auparavant, "Fashion" et son refrain anti uniformisation ("Fashion is for fashion people, it"s hard to be cool if you don't follow these rules, fashion is for fashion people, get out there now and break the rules !") enfonce le clou des idées distillées tout au long du disque, sans en avoir l'air, sur la société de consommation. L'idée même de 99 Cents, et du piège du "psychological price", tend vers ce but de se foutre complètement de tous ces codes.

Finalement, on a un album bien bâti, cohérent malgré son aspect bordélique, et des idées... Long life to the pussy power!


Très bon   16/20
par Machete83


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