Coil

Scatology

Scatology

 Label :     Force & Form 
 Sortie :    1984 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Déconcertant. Comment qualifier autrement le premier album de Coil, à la première écoute ? Même en connaissant les antécédents de certains membres (Throbbing Gristle et Psychic TV), rien ne peut amoindrir le choc de la découverte de cet album culte, magistral et énigmatique.
En guise d'introduction, l'ubuesque "Ubu Noir" (désolé) nous promène gaiement durant deux minutes avant de nous abandonner sur "Panic". La musique industrielle surgit alors, accompagnée d'un chant dérangé. On nous scande "the only thing to fear is fear itself"... En tout cas, pas de quoi se rassurer. Perdu, l'auditeur tombe alors sur "At The Heart Of It All"... Que dire ? Un morceau instrumental sublime, dont la beauté n'égale que la gravité...
La première partie du disque est maintenant terminée, et à l'incompréhension succède le malaise. La suite n'est que dark ambient industriel poisseux, malsain et terrifiant. "Tenderness Of Wolves" est constitué de quelques notes désespérées de guitare, tandis que des pleurs d'enfants émergent du lointain, comme échappés d'un cachot. La musique grandit, puis est rejointe par une voix démoniaque et traînante. Scatology est fou, Scatology est déprimant, Scatology est maladif. "The Spoiler" renoue quelque peu avec l'esprit de "Panic", mais en toujours plus sombre et tourmenté. Les paroles minimalistes ("the spoiler ! the spoiler ! the spoiler ! the spoiler ! the spoiler ! the spoiler !") touchent à la torture mentale, que vient appuyer ce court "Clap", cavalcade folle et cauchemardesque. "Restless Day", malgré son titre, est peut-être le morceau le plus à même d'offrir un intermède (relatif) dans toute cette noirceur. Surtout grâce au chant, plus lumineux et mélodique, mais en même temps trop étrange, comme issu d'un rituel impie. Quoi qu'il en soit, "Aqua Regis" remet les pendules à l'heure avec un instrumental très glauque, avec sons de scies électriques, bruitages souterrains et autres horreurs. "Solar Lodge" poursuit dans le même chemin en accueillant de nouveau ce chant effrayant et carnassier. Après un morceau d'ambient-indus assez flippant au nom à coucher dehors ("The Sewage Worker's Birthday Party"), arrive "Godhead=Deathead" (on reste dehors donc), titre à la rythmique plus martiale et aux percussions jouissives, couvert par les cris d'une foule haineuse, qu'un chant extra-terrestre remplace bien vite.
"Cathedral In Flames" annonce la fin, titre apocalyptique et rituel dont la dimension religieuse est perceptible jusque dans le chant. Scatology s'achève sur une reprise de "Tainted Love". Encore ? Oui, mais pas n'importe laquelle. De quoi rendre Marilyn Manson plus ridicule qu'il ne l'est déjà, si vous voulez. Une version mortuaire au possible, en hommage aux victimes du sida. Une version terriblement belle et extrêmement sombre, de quoi vous gâcher la journée.
Scatology est le croisement du post-punk, de l'indus, de l'expérimental et du dark ambient. Une recette audacieuse qui aboutit à un chef-d'œuvre absolu et traumatisant. Écoutez-le, par pitié !


Exceptionnel ! !   19/20
par Jumbo


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
200 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
Dans quelle tranche d'âge vous situez-vous ?