Emiliana Torrini

Me And Armini

Me And Armini

 Label :     Rough Trade 
 Sortie :    mardi 09 septembre 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Emiliana Torrini, au parcours plus éclectique que ses principaux disques ne laisseraient entendre, est bel et bien de retour pour un cinquième album. Et la première remarque qui vient à l'esprit est que cette petite femme n'a toujours pas plus d'étiquette à se mettre au doigt que de nationalité sur sa carte d'identité. En effet, si l'islando-italo-anglaise (dans l'ordre : nationalité de la mère, du père et langue de prédilection) a passé en revue jazz et blues sur ses deux premiers albums autoproduits, électro trip hop grandiloquent (Love In The Time Of Science) et enfin folk minimaliste (Fisherman's Woman), il ne lui manquait plus qu'un patchwork pop dans son de curriculum vitae. Me And Armini est donc cet album de la diversité à la fois dans la discographie de la chanteuse mais également en son sein faisant office par instants de joyeux best of ou retour aux sources. Mais il s'agit d'une demie surprise puisque l'islandaise a toujours fait de nombreuses collaborations avec un peu tout un tas d'artistes hype comme d'autres beaucoup plus discrets. Quoiqu'il en soit Torrini a décidé d'enfanter un album produit au millimètre sans retenue et assumant cette exubérance artistique. Et finalement, on se demande si ces facettes multiples ne sont pas la vraie personnalité de la jeune femme qui n'a jamais pu se cloisonner à un unique genre. Trop simple en épouse de pêcheur lorsqu'elle s'est laissé dériver avec sa guitare folk (pourtant elle y était superbe), trop extravagante et artificielle en clône de Björk, pas assez mature lorsqu'elle faisait dans le piano bar, la voilà tout simplement dans toute sa complexité et sa difficulté de choisir ce qui lui semble le plus approprié pour elle. Et alors que la majorité s'efforcerait de définir une fois pour toute un périmètre à ne pas dépasser, la belle Emiliana s'évertue à transcender chacun de ses amours : pop emphatique ("Heard It All Before"), électrique et tendue ("Gun"), psychose électronique ("Dead Duck"), folk et même reggae ("Me And Armini"). Le résultat est donc difficile à évaluer car la tâche est loin d'être aisée mais l'on peut néanmoins dire que chacun trouvera son compte parmi les différentes identités qui nous sont présentées. Me And Armini laisse finalement le sentiment que Emiliana Torrini est une femme comblée, resplendissante, qui a enfin trouvé sa voie et n'a plus à choisir. Pourquoi faut-il toujours choisir ?


Sympa   14/20
par TiComo La Fuera


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