Jeffrey Lewis

12 Crass Songs

12 Crass Songs

 Label :     Rough Trade 
 Sortie :    lundi 01 octobre 2007 
 Format :  Album / CD   

Exercice pas forcément très difficile de la reprise pour le quatrième album de Jeffrey Lewis. Pas difficile encore que cela dépend du répertoire choisi. Et là on peut dire que le Jeffrey ne va pas fleur au fusil en terrain déminé vu qu'il s'attaque au mythique groupe punk anglais, Crass.
Le lecteur néophyte ès punk rock se gratte la tête : 'Qui... qui ça ?' Crass, un charmant collectif d'artistes avant-gardistes plus que réel groupe rock, connu pour avoir enfanter l'anarcho-punk par leur éthique do it yourself érigée en sacerdoce et leur discours-psaume peace, écolo et anti-capitaliste. Des hippies déguisés en punk qui laisseront un héritage conséquent aux alters bobos et activistes radicaux de notre temps. Musicalement parlant leur héritage est plus... secondaire. Enregistré semble-t-il sur un magnéto acheté aux puces, leur proto-hardcore cacophonique n'avait pour but sauf en de rares occasions, que de tester le taux de résistance de ses auditeurs bakounines. Musique anti-commerciale qui donnera tout de même idées aux indés les plus barrés et que le Jeffrey va mélodiquement dépoussiérer.
Là est le tour de force magistral du chantre de l'anti-folk : avoir rendu accessibles aux communs des mortels les dégeulis électriques de ces jusqu'au boutistes de l'indé. Ce qui fera sans doute d'ailleurs crier à la trahison les anars puristes, furieux de voir Jeffrey Lewis descendre de son village new-yorkais pour éteindre à coup d'acoustique délicate le brûlot "Punk Is Dead" et ne laisser fumer que parfum exquis. Peut-être seront-ils moins irrités à l'écoute d'un "Do They Owe Us A Living" ou "The Gasman Cometh" transformés tout deux en folk foutraque spécialité du Jeffrey. La seule et unique fois où le singer-songwriter se lâche façon brutale : "Big A Little A", rock tribal à la The Fall. Pas de quoi non plus fouetter son prochain avec ce 12 Crass Songs d'une légèreté fun manquant cruellement au groupe revisité.
Plus réinvention que réappropriation, ce cover album est aussi excellent qu'il est déroutant. Déroutant du moins pour celui qui s'est infligé Crass dans ses années punk et qui aura beaucoup de mal, mais alors vraiment beaucoup, à reconnaître "Where Next Columbus" devenu chef-d'œuvre d'élégance céleste sous la patte du new-yorkais. Chapeau l'artiste.


Très bon   16/20
par Sirius


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