Onelinedrawing

Visitor

Visitor

 Label :     Jade Tree 
 Sortie :    mardi 14 mai 2002 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Une ou deux guitares, un ampli Fender riquiqui, une console, un micro SM57, et son pote le joujou en plastoc R2D2. Il ne faut pas beaucoup plus à Matranga pour enregistrer son premier véritable album alors qu'il est sur la route.
Visitor est une œuvre de vagabond, en cela que les plages qui la composent ont été créées à différents endroits (en plus des domiciles du songwriter), à différentes époques depuis la réalisation des Sketchy EP. Avec le secours discret des personnages croisés sur le chemin (R2D2 mettant lui-même la main à la patte), Matranga va piocher piano, nappes de claviers et rythmes de toutes natures pour alimenter son baluchon de chansons. Des chansons tout aussi frêles que depuis la création du projet, mais dont la sincérité de l'émotion est certainement mieux maîtrisée qu'auparavant.
Car si l'on excepte le passage dans les éclaircies joviales non moins bonnes "Smile" et "Perfect Pair", il s'agit là de nostalgie et de mélancolie, comme le plus souvent avec le californien. Et c'est de cette mélancolie qu'il sait installer de multiples atmosphères, pluvieuses ou lumineuses, donc largement plus consistantes que sur les Sketchy EP et le Always New. Le planant "Um..." du début, l'énigmatique mais magnifique "But It Was Close", le polymorphe "Soft Belly"... On ne s'émerveille pas forcément toujours, mais l'intensité est palpable à chaque instant.
L'un des autres agréments qui fait de ce Visitor un grand petit disque vient du fait que de telles conditions d'enregistrement font que c'est grossier (la reverb), et qu'on perçoit nettement et souvent le souffle de la production petit budget. Ceci dit, elle n'est dommageable en rien, rajoutant un grain, une sincérité lo-fi à toute épreuve. Ce n'est donc pas pour rien que le petit et cradingue "Visitor" a été choisi pour représenter le disque et laissé tel quel, sons environnant à l'appui...
Et lorsque tout finit par se rejoindre sur le beau petit final "Sixies", le souffle et l'atmosphère, on comprend mieux ce qu'est Onelinedrawing : le carnet de bord poignant d'un humble cavalier solitaire.


Très bon   16/20
par X_YoB


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