Peter Murphy

Dust

Dust

 Label :     Metropolis 
 Sortie :    mardi 23 avril 2002 
 Format :  Album / CD   

Plonger dans Dust, c'est comme glisser sa langue dans l'antre des plaisirs, se laisser envahir par une chaleur moite, goûter le sel et l'amertume, chercher une forme de jouissance sans relâcher l'effort et l'attention, toucher du doigt le divin.

Peter Murphy, emblématique personnage et ex-leader de Bauhaus nous emmène dans un autre monde, aux frontières du passé et du présent, dans un monde où la confrontation entre l'Orient et l'Occident ressemble à une fusion, une communion entre la beauté des musiques traditionnelles turques, emplies de frénésie, de chaleur et la sublime froideur mélancolique de "feu" Bauhaus.
Pour obtenir une telle authenticité, chose non aisée lorsqu'il s'agit de mélanger des musiques telles que le "soufi" et la musique électronique, Murphy a fait appel a Dede Mercan, qui lui aussi expérimente les brassages de cultures, une rencontre hasardeuse entre les deux hommes mais qui change une oeuvre géniale en oeuvre sacrée.
Il me manque les mots pour donner une description exacte de ce disque, la voix de Peter Murphy n'a jamais semblé si irréelle et puissante, comme venue de l'au-delà, résonnante de façon plus spirituelle que viscérale, ce qui marque une nette fracture avec l'époque Bauhaus, où la douleur était prédominante.

Chef-d'oeuvre moderne, Dust porte bien son nom, il renaît des cendres de Bauhaus, la poussière cache bien souvent une incroyable beauté, comme pour la protéger, il est nécessaire de la mériter, comme le Graal.
Si j'ose établir un lien entre Dust et le "Graal", c'est simplement pour souligner que ce disque est l'aboutissement d'un artiste parti pour une quête d'absolu, comme touché par une sagesse divine, Murphy a des allures de messager parti en mission, celle qui consiste à composer l'album ultime, l'œuvre intemporelle, comme "La divine comédie" ou "les chants de Maldoror".
Il est si rare de retrouver dans la musique tant de richesses qui laissent admiratives, tant au niveau des structures musicales que de l'interprétation, tout est juste, tout est beau, spontané et enivrant.
Blessé autrefois et endolori par les plaies et les souffrances de l'adolescence, Peter Murphy a depuis cicatrisé mais pas guéri, rares sont les artistes qui parviennent à atteindre ce niveau de plénitude et d'évolution,la majorité d'entre eux préférant se complaire dans l'éternelle stagnation, artistique, culturelle, spirituelle ou humaine tout simplement ; Murphy ne semble pas connaître cette équation et c'est tant mieux, sur son site on peut notament lire ceci: "Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière...".

Le Paradis et l'Enfer n'existent pas, il n'y a que des Hommes et des Magiciens.

Rock'n'roll !


Intemporel ! ! !   20/20
par Interpolian


 Moyenne 19.00/20 

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Posté le 16 octobre 2006 à 15 h 21

Peter Murphy a toujours flirté avec les musiques d'ambiance arabe depuis l'éphémère projet Dalis Car avec Mick Karn le bassiste de Japan en 1984, puis en solo avec des morceaux comme "Jemal" "Never Man" sur son premier album Should The Worl Fail To Fall Apart en 1986.

Dès le début de "Things To Remember" on est tout de suite envahi par la pesante atmosphère du synthé style Dead Can Dance et des paroles et notes éparses distillées au kanun et violon électrique. Les percussions arrivent progressivement du lointain, Peter Murphy entonne ses plaintes et c'est parti pour une bonne heure de voyage dans une moiteur de poussière dorée.
Le tout est bien saccadé à la basse, ce qui est très dansant et envoûtant. Peter Murphy laisse la part belle à l'expression des musiciens arabes du moment, virtuoses des instruments suivants : oud, tabla, cello, kemenche, percussion... Certains morceaux ont tout de même une connotation plus occidentale, comme "No Home Without Its Sire" qui aurait pu être le single, s'il en fallut un, ou une ambiance disloquée style Tom Waits, Pierre Bastien ou Pascal Comelade pour "Girlchild Aglow" mais le chanteur arrange bien de ses mystérieuses et sensuelles mélodies cet excellent morceau.
J'imagine bien cet album agrémenté par une chorégraphie, tellement les pièces musicales s'enchaînent bien, sans être trop linéaires et rébarbatives. Cet album est particulier dans la carrière de Peter Murphy, loin du Nightclubbing qu'on avait tendance à retenir de lui. Son petit chef d'œuvre quoi, mais on adore ou on déteste à mon avis. C'est l'album de Peter Murphy que j'aime réécouter dans sa totalité de temps en temps.
Excellent !   18/20







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