Hole

Pretty On The Inside

Pretty On The Inside

 Label :     Caroline 
 Sortie :    1991 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Produit par Kim Gordon et Don Fleming, ce premier album de Hole a un son riche, sale, saturé, sans fioriture. L'album offre des titres rageurs où Courtney Love chante de manière "jemenfoutiste" sur la guitare archi saturée d'Eric Erlanson. "Teenage Whore", "Garbage Man", ou "Pretty On The Inside" sont de véritables brulôts féministes. Malheureusement, les titres sont un brin répétitifs, et la production ne facilite pas l'écoute. Malgré certaines qualités, le disque peut franchement lasser.


Moyen   10/20
par X_Elmo


 Moyenne 13.67/20 

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Posté le 14 janvier 2006 à 19 h 32

Un gros dégueuli punk, lourd et complètement déstructuré au son de mauvaise qualité. Voilà effectivement ce que l'on peut penser de cet album à la première écoute. (Ce fut d'ailleurs également mon avis) Courtney Love chante avec autant de délicatesse qu'un bûcheron des Rocheuses, les guitares partent dans tout les sens, le son est lourd et crade et le rythme assez répétitif. Pas de grande originalité, ni de belles mélodies dans cet album assez bourrin qui fait très souvent office de "mal aimé" face au très accessible et très apprécié "Live Through This". Cependant, lorsque l'on prend connaissance des paroles, on l'écoute alors bien différemment et, sous son aspect lourd se cachent des textes bien plus complexes et ambigus qu'on pourrait le croire. Si on y regarde de plus près, la majorité des paroles constitue en fait une longue métaphore de la drogue et de son effet pervers du "Je te déteste mais tu me manque". C'est d'ailleurs ce que l'on ressent ensuite en réécoutant cet album sous un angle nouveau : le son n'est pas "agréable", pas de mélodies accrocheuses, et pourtant, une fois qu'on y a goûté, on ne peut s'empêcher d'y revenir... Le très arrangé "Live Through This" paraît ensuite beaucoup plus fade face à ce premier opus. Il est certes bien loin d'être parfait, mais ses défauts lui confèrent finalement une véritable authenticité. Et si l'on fait l'effort de passer outre cette apparente couche de crasse, il se révèlera bien plus touchant qu'il n'en a l'air...
Bon   15/20



Posté le 19 août 2008 à 21 h 37

Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, Courtney Love ne se résume pas à la veuve de Cobain.
Car avant tout, chez Courtney, il y a la musique. Et cela, dejà bien avant Kurt.
Il y a eu tout d'abord les Sugar Babylon, après une brève apparition au sein du groupe Faith No More. Puis il y a eu les Sugar Baby Doll en 1985, fondé avec Kat Bjelland et Jennifer Finch, respectivement futures Babes in Toyland et L7. Et enfin les Pagan Babies, avec (encore) Kat Bjelland, Janis Tanaka (L7) et Deidre Schletter.
Mais, dès 1989, il y a aussi et surtout eu Hole.
Hole, devenu un groupe emblématique du Riot Grrl, qui a permis à Courtney de se faire connaître en tant que musicienne et chanteuse, en plus d'épouse de rock-star.

Produit par Don Fleming et notamment Kim Gordon (bassiste et chanteuse de Sonic Youth), Pretty On The Inside sort le 17 septembre 1991, juste une semaine avant le brulôt Nevermind du futur époux de Courtney.

"When I was a teenage whore, my mother asked me, she said 'baby what for?'". Tels sont les premiers mots prononcés, ou plutôt hurlés par Miss Love, le disque à peine enclenché. Le ton brut, voire punk de ce premier album très prometteur est tout de suite donné, et la musique ne fait que confirmer cette première impression: lourdes guitares au son crade et saturé, où Courtney n'hésite pas à hurler sa rage, sans mâcher ses mots ("I've seen your repulsion and it looks really good on you...").
Pretty On The Inside s'ouvre ainsi de manière assez forte, et le groupe compte bien nous en mettre plein les oreilles durant près de trente-huit minutes.

A l'écoute, on remarque un certain contraste dans le chant de Courtney: tantôt rageux, tantôt calme. Peut-être un moyen de dévoiler un déchirement entre la haine, parfaitement audible, et une certaine mélancolie, qui se laisse ressentir au fur et à mesure que l'on découvre l'album. Ce contraste, le morceau "Babydoll" nous le confirme, tout en restant dans le cru ("Oh babydoll, what a whore you are...").
Ca se détend un peu, dès les premières notes de "Garbadge Man", mais la tension remonte au refrain, pour redescendre au couplet suivant, et ainsi de suite. Malgré tout, il se dégage de ce morceau une certaine mélancolie, qui contribue sans doute au fait que "Garbadge Man" est un des meilleurs titres de l'album. "Sassy" sent légèrement l'expérimental, entre gros riffs saturés et hurlements. L'absence (ou le peu) de chant pourrait faire finalement penser à un instrumental, comme pour marquer une sorte de pause. Mais tout repart par la suite ("Good Sister Bad Sister"), suivi de l'excellent "Mrs Jones". Malgré des titres un peu répétitifs, à l'image de "Berry", l'album parvient à se boucler de façon convaincante, avec le pesant "Pretty on the Inside", immédiatement suivi de "Clouds".

Ce premier effort peut déconcerter à la première écoute, dû au son très saturé et aux hurlements de Love, mais, cependant, il s'en dégage un certain charme. Peut-être la nostalgie d'une certaine époque... Par ailleurs, la musique, violente, torturée, colle parfaitement à l'illustration qui orne l'arrière de l'album: une jeune femme nue, en larmes et au corps meurtri (l'illustratrice n'est autre que la bassiste de l'époque, Jill Emeri).

Avec son côté enragé et l'énergie qui s'en dégage, Pretty On The Inside est sans nul doute un premier opus très convaincant, pour un groupe qui affirmera tout son talent trois ans plus tard, avec la sortie de Live Through This.
Très bon   16/20







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