Cocteau Twins

Four-Calendar Café

Four-Calendar Café

 Label :     Mercury 
 Sortie :    mardi 02 novembre 1993 
 Format :  Album / CD   

Premier album des Cocteau Twins sur une major, Four-Calendar Café se distingue des productions antérieures par sa légèreté et sa grande clarté. Clarté des guitares, dont le son a perdu en épaisseur, clarté des mélodies de Liz Frazer, moins bizantines qu'auparavant, flirtant même, parfois, avec certaines évidences (sur "Evangeline" notamment). Certains morceaux sont ouvertement pop, pour le meilleur ("Squeeze-Wax" et sa guitare un rien funky) et pour le pire ("Bluebeard" et son contre-chant poussif). D'autres titres, comme "Essence", s'inscrivent dans ce registre atmosphérique qui avait fait l'originalité de Victorialand en 1986.
Tout l'album semble construit autour de cette alternance entre morceaux "accrocheurs" et titres "planants", entre une tendance à la pop-song convenue et des réminiscences authentiquement cocteau twinesques.
L'ouverture du disque, "Know Who You Are At Every Age", est très réussie, tout comme "Theft, And Wandering Around Lost", certainement le sommet de l'album, dont les accords - modulés par le vibrato - apportent cette confusion rêveuse propre à la mélancolie.
Si ce Four-Calendar Café ne constitue pas la pièce maîtresse des Cocteau Twins, il reste intéressant en ce qu'il offre une image singulière du groupe, une image éclairée par la lumière du jour, cette lumière qui révèle si bien la moindre imperfection.


Sympa   14/20
par Greg


 Moyenne 14.00/20 

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Posté le 02 novembre 2007 à 20 h 29

Four-Calendar Café est un album relativement atypique au sein de la discographie de Cocteau Twins. A tel point que je l'avais boudé à sa sortie, choisissant de ne pas l'acquérir. Presque 15 ans après, je me décide à combler cette lacune. Ai-je changé d'avis ?
Oui et non. Four-Calendar Café confirme le virage pris par le groupe avec les deux précédents albums. Un virage pop, montrant un visage de Cocteau Twins beaucoup plus accessible, voire lisse, voire même fade. Un geste symptomatique est d'ailleurs le fait d'avoir quitté le mythique label indépendant 4AD pour une major. Cet album est par ailleurs celui qui s'est le mieux vendu.
Tout est plus pop dans cet album, à l'image du single "Bluebeard" : le son, les mélodies, la voix. Cocteau Twins nous avait habitué à l'excellence, à un son délicat et très travaillé, à la fois sombre et lumineux (ce paradoxe tenant de l'exploit), à des mélodies de haute volée, riches et complexes, tellement originales, enfin à une voix d'exception, enchanteresse. Ici il n'en est (presque) rien, tout est revu à la baisse. Les guitares finement ciselées ou cotonneuses laissent parfois la place à des synthés, soutenus par une bouillabaisse rythmique.
Four-Calendar Café est la continuité de Heaven Or Las Vegas, mais en plus accessible encore (les paroles de Liz Fraser sont d'ailleurs compréhensibles, ce qui est relativement nouveau), et moins réussi. Certes, les chansons restent assez belles. Mais il manque quelque chose, cette magie qui n'opère que trop peu.
L'addiction, lourde, de Robin Guthrie (guitariste, compositeur et producteur du groupe) aux drogues aurait pu engendrer des mélodies et ambiances torturées. Or, il n'en est rien, les mélodies sont lumineuses, évidentes. Tout comme la voix de Liz Fraser.
Cet album n'est au final pas mauvais, il est même au dessus du niveau de bien des groupes pop. Mais Cocteau Twins nous avait habitué à bien mieux. L'erreur sera d'ailleurs réparée avec l'album suivant, qui scellera les retrouvailles avec leurs débuts cold wave.
Un album à réserver aux amateurs de Cocteau Twins ou à ceux de chansons lumineuses et bien ficelées.
Sympa   14/20







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