Nick Drake

Bryter Layter

Bryter Layter

 Label :     Island 
 Sortie :    novembre 1970 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

On ne peut pas dire grand chose de plus que ce que disent ces dix titres. On ne va pas répéter quel génie précoce aura été Nick Drake, quelle perfection il aura su instiller dans cet album. On ne va pas tenter de décrire la texture crayeuse de sa voix, ni s'essayer à qualifier la finesse des arrangements qui font bien plus qu'agrémenter ces folk-songs idéales. On ne va pas non plus citer l'une ou l'autre de ses phrases. Pas plus qu'on ne va décortiquer son jeu de guitare, ses suites d'accords originales sans être forcées.
Enfin, on ne se hasardera pas à mettre l'accent sur tel ou tel titre, sur "Fly" par exemple avec son chant vacillant, ou sur "At The Chime Of A City Clock", aux atmosphères subtilement nuancées.

Non, tout ça a déjà été fait mille fois depuis des lustres.

On va simplement dire que certains disques en imposent plus que d'autres, qu'on sait d'avance qu'ils ne s'useront pas, que - lorsqu'on sera fatigués des préfabriqués ou des autoproclamés, des méchants et des pas beaux - on ira retrouver Nick Drake et quelques autres, dans ce lieu qu'ils n'ont jamais déserté: au fond de nous.


Intemporel ! ! !   20/20
par Greg


 Moyenne 17.25/20 

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Posté le 09 avril 2004 à 12 h 27

La couverture de l'album représente Nick Drake assis sur une chaise et ses pompes à côté de ses pieds. Elle représente complètement l'album. A côté de ses pompes. Jamais vraiment dans son sujet, Drake délivre un album magnifiquement bancal, très beau mais sans intérêt au vu de ce qui suivra et de ce qui a précédé. En bref il s'agit là d'un album désuet, léger mais sans vraiment de saveur, très bon mais pas intemporel comme peuvent l'être Pink Moon ou Five Leaves Left.
Très bon   16/20



Posté le 16 mars 2006 à 14 h 31

Sans nul doute le LP qui m'a le moins captivé; Bryter Layter est une oeuvre particulièrement ensoleillée, bourrée d'accords majeurs, si on la compare avec l'automnal Five Leaves Left et la mélancolie nocture affichée sur Pink Moon. Pour s'en convaincre immédiatement, il suffit d'écouter "Northern Sky" ou "Hazey Jane". Rien que l'introduction étonne par son accent scintillant, tant on était habitué à la tristesse et au désespoir qui caractérisait la personnalité de Nicholas Drake. Certaines pistes sonnent clairement jazz comme "Poor Boy" accompagnée de chants, "One Of This Things" dont l'air de piano est particulièrement sympathique, et "At The Chime Of A City Block" à l'accent déjà nettement plus triste et dans la lignée des deux autres albums." Sunday" tire le rideau majestueusement sur l'oeuvre avec des airs légers d'instruments à vents.

L'album est pas mal, mais ce n'est pas sur ce coloris que Nick Drake sera convainquant. Je reste conquis par un album moins travaillé mais vraiment riche en émotion musicale: Pink Moon.
Pas mal   13/20



Posté le 09 novembre 2007 à 20 h 46

Cet album est probablement le moins adulé de la trilogie de Nick Drake, en voici une interprétation : c'est celui qui colle le plus mal avec son image d'ange solitaire et mélancolique, peut être exagérée par le mythe (pendant l'enregistrement du 1er coup de maître, Five Leaves Left, l'artiste était même apparemment plutôt en forme, la mélancolie était surtout un parti pris, un facette de sa personnalité). Bryter Layter est le disque le moins minimaliste qu'il a créé. Pourtant, à bien y écouter de plus près, c'est dans ce disque que se joue la métamorphose. Alors que les arrangements scintillent de toutes parts, lorgnant beaucoup vers le jazz apaisé, la voix semble vouloir se planquer derrière les instruments. Bien sûr, on l'entend bien, le son est irréprochable, magnifiant comme toujours chaque mot. Cette réflexion vient de la manière de chanter, à aucun moment Nick Drake ne recherche un semblant d'emphase. Cette voix est neutre, fragile, déjà très loin dans l'innacessible. Peut-être que Nick pressentait déjà que malgré ses grands efforts le disque n'allait pas être compris par le public de l'époque... Parfois même, cette voix devient une mince filet prêt à casser sur la fin des mots.
"One Of These Things First" est une mélopée hypnotique où Nick sort de lui-même pour nous dire qu'il aurait pu être une horloge, une statue, ou une flûte, avant de devenir un être humain parachuté dans ce monde (une belle idée de mouvement incessant est donnée par la suite d'arpèges de guitare)
Peut-on croire que chaque élément du monde fasse partie d'un tout, d'une grande âme, comme les bouddhistes ? C'est à mon avis, la question que cette magnifique chanson soulève. Elle donne envie d'y croire en tout cas.
Et puis, il y a "Nothern Sky". C'est beau à pleurer, rien d'autre.

La musique de Nick Drake ne vieillira jamais. Déjà peu en phase avec son époque, elle restera à jamais la bande-son d'une quête d'absolu qui fait mal, tant elle est difficile à communiquer...
Intemporel ! ! !   20/20







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