Parquet Courts

Paris [L'Elysée-Montmartre] - vendredi 16 novembre 2018

J'étais un peu perplexe en apprenant que Parquet Courts était programmé à l'Élysée-Montmartre : n'avaient-ils pas vu trop grand ? Allaient-ils parvenir à remplir cette grande salle ? Leur rock bricolé et artisanal allait-il réussir à occuper l'espace sonore, seulement deux jours après Wayne Kramer et son backing band de déglingos ?

Première surprise, l'apparition d'annonces désespérées de recherche de places une semaine avant le concert. Deuxième (bonne) surprise, un groupe intéressant et original en première partie : Big Joanie, un "Black Feminist punk band" autoproclamé. Trois londoniennes à la technique instrumentale inversement proportionnelle à leurs qualités vocales et à leur fraîcheur. Une version soul des Slits, et la première signature de Ecstatic Peace Library, le tout nouveau label créé par Thurston Moore. C'est parfois un peu rudimentaire, maladroit et mal assuré, mais plutôt prometteur. "No Scrubs", leur "tube", joué en dernier, sonne particulièrement bien. En tout cas, une première partie idéale pour Parquet Courts.

Quand les quatre new-yorkais débarquent sur scène, la salle est déjà bien en jambes. Ils démarrent sur les chapeaux de roue avec en fond de scène, un écran blanc sur lequel se croisent des ombres chinoises et un light show coloré. Les morceaux de leur exotique dernier album Wide Awake! passent bien, à l'exception peut-être du dub de "Earth", qui s'accommode mal du son live du groupe, sec et saccadé. Sans surprise, des pogos se déclenchent sur les vieux morceaux punk des premiers albums.
Austin Brown l'un des chanteurs-guitaristes-claviers est en mode grand guignol avec son sifflet de batucada et son curieux look vintage (agrémenté d'une coupe au bol entre Cabu et Mireille Mathieu), et Sean Yeaton en mode headbanging avec la frange et le bouc de Ringo Starr millésime 1967. Andrew Savage est simplement rayonnant à la guitare et au chant, et son frangin Max appliqué comme toujours derrière ses fûts. Le quatuor termine son set d'une heure vingt sans rappel par une version totalement hallucinée de l'excellent "One Man / No City", passant d'une phase Jefferson Airplane à un instrumental final complètement débridé.
Parfois brillants, parfois à la limite du WTF, les quatre slackers nous ont offert un spectacle total enthousiasmant et tout sauf ennuyeux. De quoi bien démarrer un week-end froid de novembre.


Très bon   16/20
par Myfriendgoo


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