Fink

New York - Etats Unis d'Amérique [Joe's Pub] - jeudi 10 décembre 2009

 Fink
On ne peut pas dire que le Joe's Pub est un piège à passants. C'est à peine si on y prête attention lorsqu'on vagabonde dans le secteur. Pourtant Fink est de passage à NYC. Tout comme moi. Peu de newyorkais se sont déplacés et la place ne manque pas. Notamment aux abords de la scène où l'anglais siège seul sur un tabouret de bar. Je prends vite mes aises. Une serveuse me lance qu'il faut consommer pour quatorze dollars pour avoir le privilège de rester à la droite de l'artiste, auquel cas je dois filer au fond. Comme si payer sa place ne suffisait pas. Heureusement je tire partie de l'accent français tristement connu de tout anglophone et je fais comme si je n'avais rien compris. Elle me fout la paix. Fink finit "Pills In My Pocket" doucement. Il se présente timidement. Je n'ai quasiment rien manqué. Il poursuit alors la revisite de son répertoire en solo, sans aucun arrangement superflu mis à part ses échos dub. Mission difficile vu que la majorité de ses morceaux dégagent des ondes soul et blues et reposent souvent sur une ligne de batterie ou de basse comme contrefort. Son jeu technique quant à lui est exposé tout du long, faisant face à son propre écho. Or Fink, avec sa crête sur la tête et un treillis kaki improbables, qui dépareillent avec son style soyeux et tendre, s'en sort parfaitement. Son toucher est inimitable. Il écorche les cordes avec fermeté ou les caresse délicatement avec le même naturel. Son poignet alterne les manoeuvres sans manquer ses cibles ("This Is The Thing" magique) et traduit ainsi les intonations de son auteur sans faiblesse. Le guitariste a trouvé son équilibre et retrouve une position centrale légitime en étant le seul acteur des pièces qu'il a vécu et fait renaître sur les frets de son instrument. J'aime également beaucoup cette configuration, ce minimalisme car en définitive Distance And Time se révèle pour moi plus abouti, plus authentique que son prédécesseur. "If Only" me rend ainsi toujours aussi pantois, fragile et ouvre la voie à "Biscuits", "Kamlyn"... qui dénudés provoquent des effets similaires tout aussi plaisants. Il en est de même pour Sort Of Revolution dégagé de ses harmonies parfois hors contexte. La rame de métro passe dessous le pub et les secousses viennent par instant déranger l'ordre instauré par Fink. Mais ce n'est pas suffisant pour déprécier le set que je suis en train de goûter, qui se déroule hors du temps. Une rencontre pas banale et mémorable.


Excellent !   18/20
par TiComo La Fuera


  Setlist :

Pills In My Pocket
Pretty Little Thing
Blueberry Pancakes
Kamlyn
Maker
See It All
This Is The Thing
Move On Me
You Gotta Choose
Biscuits
If Only
Sorry I'm Late
>>
So Many Roads
Sort Of Revolution




Photo par TiComo La Fuera.


Proposez votre chronique !





Recherche avancée
En ligne
176 invités et 2 membres
GBV_GBV
Rabbidcat
Au hasard Balthazar
Sondages
Dans la série "C'est (devenu) trop chiant, ne me parlez plus d'eux!", vous désignez:


The Arcade Fire
Arctic Monkeys
Baby Shambles
Clap Your Hands Say Yeah !
Dionysos
I Am X
Interpol
Mogwai
Placebo
Radiohead