Murcof

Paris [Olympia - Festival Factory 2006] - jeudi 12 octobre 2006

Tout d'abord posons le contexte: fraichement débarqué de province où je me morfondais à l'idée de ne pouvoir voir que les seconds couteaux en concert je me faisais une joie de cocher Murcof dans la liste de ceux à voir sur Paris. Tellement excité que j'en parle à un pote qui, se basant sur mon extrême bon goût musical :p , vient les yeux fermés !
Le jour J, l'excitation est à son comble ! En plus je vais découvrir l'Olympia ! J'arrive 1h à l'avance pour ce qui est pour moi le summum de l'electro.
Là première surprise, pas grand monde... Peut-être que sur Paris les gens sont difficilement en avance ? Nous rentrons dans la salle...
10 min avant le concert il n'y a pas foule ! Mais déjà ma curiosité s'éveille: qui sont ces gens qui me rendent 2 têtes, qui sont tous blonds, et toutes ces nanas superbes ? Quelle est cette langue, que les gens parlent bien fort !? Des Suédois, me répond mon pote. Curieux ça, que viendraient faire des Suédois à un concert de Murcof (qui est mexicain) ?
Peu importe, le concert va commencer !!
Murcof & Francesco Tristano arrivent sur scène. 2eme surprise... Francesco commence à frapper les premières notes sur son piano et les gens, autours de nous, parlent toujours aussi fort... d'autant plus fort qu'ils affluent en rigolant... Je ne comprend pas, le concert a commencé et l'assemblée semble totalement indifférente aux expérimentations sonores de Francesco le pianiste virtuose.
Murcof caché derrière son laptop, on le sent bien, semble gêné pour Francesco et semble exciter à l'idée de poser ses premières nappes electro comme on irait à la guillotine.
Car il faut savoir que la musique de Murcof est tellement axée sur les subtilités des fréquences, sur la synchronisation de différents beats/textures d'où vont émerger les pulsations electro, que cela nécessite une attention religieuse. Ces deux Suédoises à coté sont certes craquantes à souhait, mais leur rire devient particulièrement agaçant à mesure que Francesco s'essaie à la techno à travers les entrailles de son piano ouvert... Nos deux musiciens ne sont pas aidés par un son vraiment faible. Cette musique qui d'habitude me bouleverse et m'hérisse les poils du dos, n'arrive même pas à faire bouger un des mes sourcils.
L'excitation a depuis longtemps laissé place à l'agacement, les séquences d'improvisations, les questions/reponses de Francesco & Murcof semblent laborieuses, la sauce ne prend pas ! Un espoir revient un peu quand Murcof balance les breaks. C'est parti pour 5 minutes de bonheur ! 5 minutes durant lesquelles mon cœur se laisse téléguider par les beats syncopés aux fréquences tranchantes. Francesco pendant ce temps martèle à gauche tout en laissant filer des notes cristallines à droite ! C'est beau ! Voilà pourquoi je suis venu ! Très vite le vacarme extérieur reprend le dessus, malgré les "shhhhuuuutttt !" répétés de certains auditeurs frustrés par le set gâché qui se déroule sous leurs yeux (première fois que je vois ça à un concert). Les 5 minutes laisseront finalement place à un Murcof usant s'essayant à des sonorités plus classiques en empilant de couches de violoncelles qui auront pour effet de faire siffler 2-3 personnes dans la salle. Moi-même, j'en viens à prier que ce massacre s'arrête !
Fin du set ! Francesco et Murcof quittent la scène aussi discrètement qu'ils l'ont investie. Fin du concert, il est temps de rentrer... Des conditions désastreuses qui sont venues à bout de ce concert tout en improvisation, qui m'aura au final bien déçu !
Ah mais attendez !! Il y a une deuxième partie à ce concert... Comment ça s'appelle... The Knife ? Voilà un nom bien ridicule pour un groupe ! Tiens et pourquoi d'un coup tous ces Suédois et Suédoises viennent se serrer les uns contre les autres ?
Bon ok ! On va rester un peu voir ce que vaut ce groupe, The Knife.
À mesure que la scène se prépare, des dizaines de jeunes Suédoises s'amassent autour ! Nous n'en croyons pas nos yeux, c'est comme dans un rêve !
La lumière s'éteint... tout le monde crie ! Deux personnes bizarrement vêtues (mono-combinaison fluorescente) arrivent sur cette. L'une d'elle tient 2 bâtons l'autre... rien du tout...
Rien...
Toujours rien..
Les premières notes: c'est quoi ce son années 80 ?? On croirait voir Partenaire Particulier !? J'en étais à ces remarques de vieux réac quand tout d'un coup ça part !
Le sol se soulève ! Quelque chose me prend le cœur, me le secoue, me le serre !! Tout le monde autour de moi, notamment les Suédoises, sautent dans tous les sens !
Quel son !!! A croire que les enceintes se sont économisées durant le set précédent et là ça secoue toute la salle !!!
Je n'avais jamais entendu un son comme cela !!! Des stroboscopes dans tous les sens !
Et cette voix !? On dirait du Placebo ?! C'est un mec ou une femme qui chante ! Aucune idée ! Toujours est-il que je commence à me sentir oppressé... Ce sont écrasant, ces gens partout autour de moi !
Après 5 min d'enchainement de sons plus kitchs les uns que les autres, cette voix de Brian Molko passée au vocoder, je tente de me frayer un chemin vers la sortie !
Mais ce n'est pas évident avec tout gens de partout ! Ce mouvement de vague impulsé par les beats de chaque morceau manque de me déséquilibrer à mesure que j'entrevois la lumière de la porte de sortie !!!
Ouf !! on s'extirpe... On s'éloigne, les tympans en sang... "F*%^£ it dude, let's go bowling.."
Bilan de la soirée:
Murcof & Tristano n'étaient en fait que la première partie de The Knife (si je m'étais un peu renseigné à l'époque j'aurais su à quoi m'en tenir !), ce qui explique l'indifférence générale...
En tout cas bravo à The Knife: me faire bad-tripper au milieu de toutes ses Suédoises plus belles les unes que les autres, c'est quelque chose que je ne vivrai qu'une seule fois dans ma vie !
Pour Francesco & Murcof rendez vous est pris pour avril 2009 dans des conditions plus propices !!


Passable   11/20
par Gorecki


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