No Age

Paris [Point Ephémère] - samedi 01 novembre 2008

Ils ne sont que deux, leur musique est dépouillée et abrupte, leur nom n'évoque pas grand chose. D'ailleurs, nous n'étions pas nombreux trois mois plus tôt, au fort de Saint-Père, à les regarder ouvrir la deuxième soirée de la route du rock. Leurs performances scéniques ne sont clairement pas taillées pour une grande scène en plein air, ni pour la lumière du jour. J'étais donc impatient de les revoir dans ce petit entrepôt sans fenêtre qu'est le Point Ephémère.

La première partie passe plutôt bien avec White Circle Crime Club, un quatuor belge qui mélange new wave et noise avec des résultats inégaux, entre Cold War Kids cradingues et TV on the Radio revisité par Pavement. Quelques moments hypnotiques assez intéressants pour ce groupe apparemment abonné aux premières parties, puisqu'ils participent également à la tournée de ... TV on the Radio. Rien ne laisse pourtant présager dans ce set énergique le choc sonore et visuel que vont encaisser nos neurones quelques minutes plus tard.
Jugez plutôt: après cette mise en bouche, le public – nombreux - devise gaiement en attendant patiemment les vedettes du jour, quand tout à coup un son métallique déchire le brouhaha - et nos tympans avec : Randy Randall a surgi sur scène au milieu de la fumée pour déclencher sans crier gare son premier sample, et enchaîne illico sa première suite de trois accords, rapidement rejoint par son compère batteur. Le son est brut et agressif malgré les torrents de réverb. Les deux Californiens réussissent l'exploit de marier avec bonheur un garage rock primaire et sauvage hérité des Sonics et de Johnny Thunders avec des nappes de son à la My Bloody Valentine. Les mélodies sont sommaires mais entêtantes. Une ambiance de fin du monde s'installe, renforcée par les divagations nihilistes du batteur-chanteur Dean Spunt entre les morceaux.
Lorsque le duo quitte la scène après un set sur les chapeaux de roue, ils laissent encore tourner un sample. A peine le temps de se remettre et de commencer à réclamer un rappel, que Randy réapparaît et redémarre avec un de ces riffs meurtriers dont il a le secret. Dean revient à son tour, mais plutôt que de s'installer à la batterie, il agrippe le micro du guitariste tandis que celui-ci va se percher sur le tabouret du batteur.

A peine le morceau terminé, une espèce de hip-hop préhistorique prend le relais et les deux bûcherons sautent dans la foule pour entamer une sorte de danse de shaman avec les furieux des premiers rangs. Le reste du public, abasourdi, commence à quitter la salle pour aller retrouver ses esprits au bord du canal. Mais je ne serais pas étonné que les deux feux follets qu'ils viennent de voir continuent de les hanter pendant quelques temps...


Excellent !   18/20
par Myfriendgoo


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