Infadels

E-Interview lors du passage promotionnel des Infadels à Paris [mercredi 30 novembre 2005]

De passage à Paris, Infadels (représenté par Matt, leur guitariste) se livre à une e-interview, deux mois jour pour jour avant la sortie de leur premier album "We Are Not The Infadels". L'occasion pour nous d'en savoir plus sur l'album d'un groupe qui risque de faire énormément de bruit en 2006, même si 2005 leur a déjà prédit un certain éclat. (Par X_Cosmonaut)
Merci à Arnault et aux gens de chez PIAS !



X-Silence: Bonjour ! Tout d'abord, merci à vous de prendre le temps de répondre à cette interview. Comment allez-vous? Vous avez fait quoi aujourd’hui ?
 
Matt (guitariste et programmeur) : Pas de problème ! Nous allons très bien, c'est agréable d'être à Paris, même pour un seul jour. Nous venons de prendre le déjeuner durant deux heures, en buvant les meilleurs vins du monde et avons mangé des escargots, qui, en passant, étaient eux aussi excellents.
 
J'ai entendu que vous aviez votre propre label -Dead At Sirty-, pourquoi dans ce cas être parti vers le label Wall Of Sound ? Peux-tu nous parler de ces deux labels ?
On peut finalement considérer Infadels comme un groupe indépendant ne prenant que les avantages de la mainstream, non ?
 
Bonne question ! En fait, dans un premier temps, Dead At Dirty a été établi pour signer l'impossible, c’est-à-dire principalement nous-même. Après s'être battu pour trouver des fonds pour sortir "Leave Your Body", l'intérêt pour le groupe a rapidement pris de la vitesse, avec le support de John Peel. Suite aux sorties de "Cant Get Enough" et "Murder That Sound", nous avons gagné deux Diesel U Music Awards et c'était la grosse panique. C'était tout simplement trop de travail de diriger un groupe avec ses tournées, enregistrements et son écriture, tout en bossant dans un bureau pour le label. Ca a été une décision difficile à prendre, à savoir vers quelle direction aller. Le farouche label indépendant Wall Of Sound est tombé amoureux du groupe et nous a offert une liberté créative totale, donc nous avons signé chez eux. Ils sont bien mieux qualifiés que nous pour faire cela mais cela me manque quand même !
 
Vous avez déclaré ne jamais répéter. Dans ce cas, comment une chanson surgit-elle ? Est-ce le fruit d'une improvisation voire d'une expérimentation scénique et immédiate  ?
 
Nous ne répétons effectivement pas beaucoup nos titres suite aux erreurs commises dans Balboa, notre groupe précédent.
Nous avions entrepris une centaine de répétions pour seulement quelques concerts à la clé, finalement. Cette recherche de la perfection nous a mené vers des sentiers aveugles, et donc au désastre. Le fait d'accepter nos insuffisances en tant que musiciens mais aussi en tant qu'humains, nous a permis de créer une musique vers laquelle les gens peuvent se rattacher. Nos chansons sont le fruit d'expérimentations en studio, mais pas sur scène. Je me sentirais vulnérable et incertain en tentant de créer des sons de façon improvisée en face d'un public.
 
Les choses ont été très vite pour vous (le support de John Peel en 2003, les Diesel Music Awards, les gros festivals de Reading et Leeds et 2005). Votre premier album sortira fin janvier ; vous sentez-vous prêts mentalement pour cette année 2006 qui risque fort d'être encore plus considérable pour Infadels ? Considérez-vous “We Are Not The Infadels” comme le « big time » ?

Oui, effectivement, les choses ont évolué très rapidement pour nous et ont fracassé nos vies. Je ne m'attendais à aucun succès et cela a mené à la rupture d'une relation que j'avais depuis plusieurs années. J'espère que nous sommes désormais tous mieux préparés pour l'année prochaine.
L’album "We Are Not The Infadels", est un voyage partant d’une party à la mode et fashion durant l’hiver 2003 particulièrement froid, après une baston dans des logements sociaux , jusqu’au monde troublant et alcoolisé de Bukowski, pour finalement naviguer dans un canoë blanc en direction de la lune. Est-ce cela le grand avènement ? Je ne sais pas !
 
Souhaites-tu dire quelque chose à propos de John Peel ?
 
Sans John Peel, la musique sonnerait complètement différemment. C'était un vrai non-conformiste et l’unique responsable du démarrage de la carrière de milliers d’artistes. C'était également un homme très chaleureux, charmant et drôle.
 
Parlons de votre premier album. Peux-tu nous dire comment se sont déroulées les cessions d’enregistrement ? Avez-vous ressenti une pression particulière ? (Que ce soit du label, des fans, voire de vous-même).
 
Les séances d’enregistrement de l’album ont été un moment très intense dans notre vie. Cela nous a poussé au-delà de la rupture, de vivre des mois où les journées de boulot duraient 22 heures. Cela dit, je ne me suis jamais senti aussi libre et capable d’expérimenter que lors de ces enregistrements. Jagz Kroeger et Hugo Nickleson nous ont vraiment poussé à la folie.
 
J’ai écouté votre album et on y retrouve bien entendu du son très “Radio 4”. Comment était-ce de tourner avec eux ? Penses-tu que vous ayez été influencés par leur musique lors de l’enregistrement de votre album ? D’autres artistes vous ont-ils influencés ?
 
Tourner avec Radio 4 nous a inspiré et je suis d’accord sur le fait qu’il y ait des similarités sonores avec eux, notamment dans la conduite des lignes de basse, les pogo rythmes et l’esprit punk des Clash, bien que nous ayons également incorporé des éléments et idées de Ian Dury, les Talking Heads, Daft Punk, Bob Dylan ou encore Brian Eno.
 
Certains d’entre vous jouent-ils dans d’autres groupes ? Aimeriez-vous avoir un side-project ? Si oui, quel genre de musique serait-ce et avec qui adoreriez-vous travailler ?
 
Bnann a chanté sur le nouvel album de Rinôçérôse, et par le passé j’ai joué sur quelques disques sortis sur le label Output, de Trevor Jackson.
Il y a quelques artistes remarquables tels que Babyshambles, Simian Mobile Disco, Test Isicles, Blur et The London Community Gosbel Choir dans le même immeuble que nous. J’aimerais énormément entendre à quoi tout cela ressemblerait.
 
L’atout majeur de Infadels, c’est que vous avez l’opportunité de jouer dans des salles de concerts, mais aussi dans des clubs disco. Quel genre d’endroit préférez-vous ?
Votre son dépend-il du public présent, ou est-ce toujours la même émergence ?
 
J’aime les performances en tout genre où les gens ont l’opportunité de se sentir libres de s’exprimer. L’idée de Infadels, c’est de briser des barrières et non pas d’en créer.
Cependant, comme les DJ’s, nous jouons en nous adaptant à l’humeur et au type de public.

Depuis quelques années, on a constaté l’apparition d’une nouvelle scène underground avec des artistes tels que Simian, Peaches ou encore LCD Soundsystem … Quel genre de relations entretenez-vous avec ces groupes là ? Un genre de relation familiale ?
 
Je dirais plutôt que ce sont de vieux cousins éloignés. Simian vit au-dessus de notre studio et nous sommes de bons amis. Ils ont vraiment été à deux doigts de produire notre album, et on se pique continuellement et mutuellement des instruments fantasques. J’aime Peaches mais je ne l’ai jamais rencontrée … et il en va de même pour LCD Soundsystem ; je suis fan de James Murphy et je n’ai pas pu le croire lorsqu’il est venu et m’a dit qu’il avait mon disque.
 
Question traditionnelle : As-tu quelques albums à nous recommander pour l’année 2006 ?
 
Delia Gonzalez & Gavin Russom – The Last Days Of Mars
Brian Eno – Another Day On Earth
Bloc Party – Tulips, Minotaur Shock Remix
Soulwax – Nite Versions
Les derniers Arctic Monkeys et Test Isicles aussi !

Certaines rumeurs font état d’une tournée en avril en Belgique … à ce sujet, comment s’est déroulé le festival du Pukkelpop en août et quel accueil avez-vous reçu du public belge ? Etes-vous excités d’y retourner ?
 
Nous allons tourner partout l’an prochain. Nous avons déjà 70 concerts de programmés entre décembre 2005 et avril 2006. Cela va être une année dingue pour nous, qui inclura en effet un certain nombre de dates belges.
Le Pukkelpop est l’un des plus grands festivals dans le monde et on serait ravis d’y être à nouveau invités. Le public est composé de véritables amoureux de la musique et délivre une masse importante d’énergie aux groupes, ce qui rend des concerts aux atmosphères magiques. On est très impatients !
 
Hé bien merci d’avoir répondu à toutes nos questions, et à très bientôt sur scène !
 
Merci pour ces questions très inspirées, et désolé pour les fautes de frappe ; comme tu as pu le constater, ce n’est pas mon point fort (rires) !
 
 




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