Musiques
Discographies express, pour les gens pressés et férus de synthèses partisanes
 


Posté le 26 septembre 2019 à 22 h 06m 08s

Bon revenons à nos moutons.

David Bowie.

David Bowie: c'est clair que les influences Beatles et Kinks ne sont pas bien digérées, mais la production baroque et le chant déjà très théâtral nous montrent que ce jeune mec a envie d'en découdre et n'a pas peur du ridicule. Pas de bol les compos ne suivent pas, hormis "rubberband" et "she gots medals".

Space Oddity: penser que le seul sommet de cet album est le morceau du même nom est une grosse erreur. Tout n'est pas excellent mais ce disque s'écoute bien et on ne s'y ennuie pas. Les bases sont là et l'après va dépoter sec.

The Man Who Sold The World: plus encore que le précédent, voilà bien un album qui mérite une réévaluation d'urgence. Bowie muscle son jeu tout en restant fin et racé. Des titres fous dans leur intensité, leur puissance et leur construction. Il n'est pas interdit de le préférer à celui qui arrive juste après...

Hunky Dory: très axé sur le piano quand le précédent faisait rugir les guitares. Un très grand album, des titres inoubliables. Mais un peu mou du gland même si les 2 derniers titres, énormes, nous réveillent carrément.

Ziggy Stardust: 1er chef d'œuvre, intemporel, rien à jeter et, en effet, même les faces b sont démentes. Le glam rock dans toute sa quintessence: outré, maniéré, fiévreux. Le mythe est né.

Aladdin Sane: a lad insane. Retour de la prédominance du piano avec un Mike Garson fraichement arrivé et en état de grâce. Bowie n'est pas en reste et, de plus en plus fasciné par l'Amérique, nous pond une successions de bombasses face auxquelles on ne peut que rendre les armes. "Time" putain...

Pin Ups: album de covers plutôt haut du panier dans le style mais tout cela reste bien anecdotique. Petite récrée bien méritée cependant.

Diamond Dogs: album de transition comme le sera Station to Station, mais en moins réussi. Encore un talon en Angleterre, mais définitivement tourné vers les states, Bowie nous sort un album bancal, malade, angoissé. Il a viré tout le monde, se retrouve seul et se cherche de nouveaux compagnons de jeu: ça tombe bien, il va rencontrer un certain Carlos et quelques uns de ses potes zicos et ça sera pas pour chanter papayou...

Young Americans: adieu perfide Albion, bonjour USA! David veut faire de la soul à la sauce blanc bec mais, comme d'hab', prend soin de bien s'entourer le petit malin. Pari réussi pour moi avec ce disque d'une classe folle qui sent le stupre et la sueur. A réévaluer d'urgence lui aussi.

Station to Station: second album de transition de sa carrière, ce disque mutant souffle le chaud et le froid et parvient à conceptualiser en musique ce que vit Bowie à ce même moment: un dernier rail de coke avant la descente et la détox du retour dans la vieille Europe. Second chef d'œuvre, d'autant plus incroyable que réalisé sur le fil du rasoir et dans un état physique moribond.

La suite plus tard je suis naze.


Posté le 26 septembre 2019 à 22 h 21m 25s

The rise and fall of Marc Bolan bientôt sur vos écrans, ça c'est du teasing

---[Edité le 26/09/2019 à 22 h 52 par Rabbidcat]---

Posté le 27 septembre 2019 à 07 h 46m 30s

Tonight's the night: un seul moyen de sentir le vrai sujet: se défoncer. Partout ça sent l'héroïne. Même la voix du loner est une véritable voix de junkie. Après, je trouve qu'il a fait un disque encore plus cafardeux que celui-là: On the Beach. Déjà, la chanson titre est une de ses plus belles. Et puis il y a Vampire Blues, et surtout les deux dernières. A cette époque, Neil Young était cloîtré dans son ranch à se défoncer à la marijuana, ce qui rend un spleen plus éthéré, peut-être moins destroy que tonight's the night.
Neil Young est un génie. Rester au top tout ce temps? Et puis... se permettre des erreurs comme Trans, en breftoite sa période du début des 80's, ce n'est rien. Qui pourrait se vanter d'avoir un parcours irréprochable sur autant d'années? Non! Neil est un génie pour une raison essentielle: le SON. Des la première note, on reconnaît sans mal son jeu de guitare. C'est du très très haut niveau. C'est peut etre le seul a faire de tres longs solos sans jamais etre bavard. Il dit l'essentiel en quelques notes. Sans parler de sa voix... prodigieuse.


Posté le 27 septembre 2019 à 10 h 06m 42s

"Tonight's the night: un seul moyen de sentir le vrai sujet: se défoncer. Partout ça sent l'héroïne."

Pourtant avec The nedle and the dammage done sorti quelques années plus tôt ,ce ne devait pas être en toute innocence.
Il est assez bluesy, mou et glauque, cet album, si je me souviens et de la seule écoute, pas vraiment emballée, que j'en ai fait ?


Posté le 27 septembre 2019 à 10 h 50m 07s

J'ai jamais réussi à adhérer totalement à "Tonight's the night", je lui préfère largement "On the beach", un de mes disques préférés de Neil Young, avec le "Live at the Fillmore East".

Cette version de "Cowgirl in the sand" est tellement géniale
https://www.youtube.com/watch?v=dG7myAKHJBY


Posté le 27 septembre 2019 à 14 h 03m 38s

J'ai mis du temps à l'apprécier à sa juste valeur. A partir du moment où je l'ai considéré, comme sa pochette le sous-entend, comme un concert improvisé dans un bar d'un type qui remonte sur scène trop tôt pour jouer ses nouvelles chansons suite à la perte de son pote. Un truc fait à la va-vite par besoin. Ca sonne parfois maladroit, mais c'est d'autant plus beau.

Pas d'accord avec Capote. Si le disque s'inspire de la mort de son pote par overdose, c'est avant tout un album de deuil et de colère.


Posté le 27 septembre 2019 à 14 h 08m 11s

"Pas d'accord avec Capote. Si le disque s'inspire de la mort de son pote par overdose, c'est avant tout un album de deuil et de colère."

Deuil + Colère + Héroïne + téquila + lunettes de soleil + veille barbe qui sent l'oeuf = Tonight's the night.

Comment sa voix se brise sur "Tired Eyes"... C'est dévastant!
Et puis, n'oublions pas "Albuquerque" qui est l'une de ses plus belles
chansons.

---[Edité le 27/09/2019 à 21 h 28 par Toitouvrant]---

Posté le 27 septembre 2019 à 21 h 18m 30s

Toitouvrant a raison de préciser qu'il faut écouter Tonight's the night sous héroïne pour bien rentrer dedans. Au moins une bonne cinquantaine de fois(si possible à la suite), en vinyle et au casque.

C'est un album qui se mérite on vous dit


Posté le 27 septembre 2019 à 21 h 32m 18s

Bowie c'est pas la peine de tout écouter MAIS

Station to Station
Low
Scary Monsters

sont ses sommets à mes yeux.

Je ne réécoute pas souvent Hunky, Ziggy ou Aladdin, que j'aime pourtant d'un amour pur et absolu, mais ces trois là je les réécoute au moins (minimum hein) une fois par mois.

Je les trouve tout simplement parfaits de bout en bout. C'est comme Abbey Road, Sticky Fingers, Harvest ou Meddle. Classiques intemporels indépassables.

---[Edité le 27/09/2019 à 21 h 33 par Ismael Jünger]---

Posté le 27 septembre 2019 à 22 h 18m 04s

Foo Fighters :

Foo Fighters : Dave Grohl ne se remet pas de la mort de Kurt Cobain et fait tout seul un chouette album de rock grungy pop qui tient encore bien la route 25 ans après. Comme quoi, il avait du talent.

The Colour And The Shape : Dave Grohl ne se remet pas d'avoir un nouveau groupe et fait quasiment seul un album de pop rock grungy de stade plutôt chouette si on n'a pas de problème avec les gros sabots et que j'aime toujours beaucoup 22 ans après.

There Is Nothing Left To Lose : Dave Grohl qui ne se remet ni du succès du dernier disque ni du départ de Pat Smear compose en groupe un album vraiment pas terrible de pop rock/teenage/mielleux. À un ou deux morceaux près, c'est déjà foutu.

One By One : Dave Grohl ne se remet pas d'avoir joué avec Queens Of The Stone Age et sort en groupe un album mitigé entre stoner rock et pop mielleuse insipide. Les morceaux plus stoner sont corrects, le reste est à jeter.

In Your Honor : Dave Grohl et son groupe qui ne se remet pas d'avoir écrit trop de morceaux sort un double album qui a le même défaut que tous les autres doubles albums : il aurait été sympa si ça avait été un simple. Sûrement le meilleur album depuis le départ de Pat Smear, mais ça ne veut pas dire grand chose.

Echoes, Silence, Patience & Grace : Dave Grohl ne s'est pas remis de Led Zeppelin, du coup il fait avec son groupe ce qu'il a toujours rêvé de faire, des gros albums de rock à papa. Un single sympa entouré d'une dizaine de morceaux insipides.

Wasting Light : Dave Grohl qui ne s'est pas remis des 20 ans de Nevermind rappelle Pat Smear, Butch Vig et Kris Novoselic (et Lemmy au passage) pour faire en groupe dans son studio chez lui un album moisi où rien n'est à sauver. Aurait été le plus gros pétard mouillé des années 2010 si les gens avaient encore quelque chose à foutre des Foo Fighters.

Sonic Highways : Dave Grohl ne s'est pas remis d'avoir fait un film documentaire sur un studio mythique. Du coup, il décline le concept en série tv et c'est une bonne idée car la série est vraiment bonne. En revanche, le disque de rock à papa miteux qui va avec, il aurait pu s'en passer.

Concrete And Gold : Dave Grohl ne s'est pas remis de l'élection de Trump. Il n'était pas le seul. Etait-ce une raison pour nous infliger encore un album moisi des Foo Fighters? La double peine, c'est pas cool, Dave...

---[Edité le 27/09/2019 à 22 h 20 par Blackcondorguy]---

Posté le 27 septembre 2019 à 22 h 29m 44s

Talking Heads :

"77" : Et si on faisait des chansons sur la bouffe et les bâtiments ?

"More Songs About Building And Food" : Et si on faisait encore plus de chansons sur la bouffe et les bâtiments, mais produites par Brian Eno ?

"Fear Of Music" : Et si on faisait un album concept sur la paranoïa produit par Brian Eno ?

"Remain In Light" : Et si on se servait du studio pour faire un disque d'afrobeat produit par Brian Eno ?

"The Name Of This Band Is Talking Heads" : Et si on embauchait dix musiciens supplémentaires pour partir en tournée ?

"Speaking In Tongues" : Et si on faisait des chansons pop-funk sans Brian Eno parce qu'en fait il détruit le groupe ?

"Stop Making Sense" : Et si on produisait le meilleur film-concert de tous les temps ?

"Little Creatures" : Et si on arrêtait de se casser la tête avec les musiciens de sessions et juste faire un petit album de pop simple ?

"True Stories" : Et si on laissait David Byrne faire un film et faire la musique de ce film mais sans grande conviction ?

"Naked" : Et si on refaisait un album d'afrobeat mais sans Brian Eno et sans grande conviction ?

---[Edité le 27/09/2019 à 22 h 36 par EmixaM]---

Posté le 27 septembre 2019 à 22 h 31m 35s

Plutôt bien résumé!


Posté le 27 septembre 2019 à 22 h 58m 44s

Scary Monsters est, je pense, son meilleur après sa grande période (69-74). Dommage que la prod 80s me le gâche beaucoup, parce que niveau écriture pop, c'est du haut niveau.

Station to Station, je vois le délire et, ok, c'est intéressant, même si c'est loin d'être mon délire. Je trouve que l'écriture n'est pas au top, mais ça reste respectable.

Low...Je le trouve très surestimé, en fait. Évidemment, je ne fais pas partie du public cible, mais je trouve que la partie pop est faible (vous trouvez sérieusement qu'il y a un morceau dessus du niveau de "Ziggy Stardust", "Moonage Daydream", "Cracked Actor" ou même "Life On Mars?" ou "Jean Genie"?). Quant à la partie expérimentale, je la trouve affreusement datée. Là, pour le coup je reconnais mon côté profane en la matière, mais ce genre de sons me semblent super ringards, même en musique électronique.


Posté le 28 septembre 2019 à 00 h 05m 01s

Triste de voir cette incompréhension de Naked des Talking Heads, un album excellent (et qui n'est pas du tout afro beat, ni même afro quoi que ce soit, c'est essentiellement un virage latino)


Posté le 28 septembre 2019 à 01 h 20m 43s

Vous trouvez sérieusement qu'il y a un morceau dessus du niveau de "Ziggy Stardust", "Moonage Daydream", "Cracked Actor" ou même "Life On Mars?" ou "Jean Genie"?

Je préfère Always crashing in the same car à tous ces morceaux




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