Clearlake

Lido

Lido

 Label :     Domino 
 Sortie :    lundi 02 avril 2001 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

La mélancolie du premier Clearlake n'est pas à mettre entre toutes les oreilles. Il faut être patient, et pas trop exigeant. Pour qui cherche quelque chose de brit-pop, mélodiquement efficace et très soigné, c'est bien la bonne adresse. Par contre, pour ce qui est de la prise de risque et autres petites trouvailles croustillantes, on repassera.
Lido est un très joli album de pop anglaise. Le problème est qu'il s'y complaît, tandis qu'il laisse nonchalamment traîner sous le nez de l'auditeur les preuves de potentiel énorme de ses géniteurs. À la fois un langoureux classique "Sunday Evening" contrecarré de petits sons synthétiques, et un plus moderne et ambitieux "Don't Let The Cold In", parsemés de gouttes electro, et de quelque chose de gracieux... On entrevoie le large éventail d'un groupe prometteur. Mais...

Qu'ils lâchent la disto ou fasse péter le compteur de vitesse ("Something To Look Forward To", "Let Go"), l'écueil reste le même : le groupe sait tirer de ses orchestrations des notes, larsens, sons ou bruits pour ornementer ses compositions, mais elles restent linéaires ou sans trop de surprises, voire bien trop souvent carrément anecdotique, sous à peine trois minutes de taf...
Malheureux alors que les excellentes idées de "These Things Are Sent To Try Us" essaient de sauver une chanson molle qui n'en vaut pas la peine. On croit souvent que de petits motifs ou riffs de guitares sont des élans qui vont projeter une énergie rock... Seulement rien ne se passe ; si peu. Ça tombe à plat... Et un autre détail fini d'aplatir : les paroles sont très naïves, titres des chansons à l'appui. Avec "Life Can Be So Cruel", on est à la limite de la connerie...

Bien entendu, de petites comptines anglaises comme l'amusant "I Hang On Every Word You Say" ou le ce rapide "Let Go" sont suffisamment sympathiques pour colorer un disque un peu sage, mais on a aussi l'impression que ces chansons nous quittent – en fade-out parfois – au moment où il pourrait enfin se passer quelque chose d'intéressant, d'un peu fou... "Let Go" est un single de moins de 2 minutes 30 : ce format défi impose que la chanson soit ultra-efficace pour mériter son statut de single ; ici, elle fait figure d'anecdote... "Jumble Sailing" prouve encore une fois une grande intelligence et un goût pour les arrangements, mais l'écriture (ici bon-enfant) et les non-choix rend le tout sans... grand intérêt ? On croirait à des idées étirées... L'esprit joueur des Beatles sur "Life Can Be So Cruel" est réjouissant, mais la structure du titre confirme tout le mal qui suinte du disque : deux fois la même chose, avec de l'harmonica en accompagnement la seconde fois...

On passe l'album avec l'impression qu'il ne s'agit là que d'un brouillon, d'un établi ou des musiciens compétents et vraiment talentueux ont couché des idées toutes simples, comme un pense-bête, qu'ils ont mis au propre sans les développer. Et ce n'est malheureusement pas le single "Winterlight", gros morceau de l'album visiblement gardé pour la fin qui fera illusion. Imaginez Muse plagier le "Caribou" des Pixies un matin de léthargie, et prit, au bout de quatre minutes à tourner en rond, par une nostalgie shoegaze... Et là ça sent comme un aveu d'échec... C'est seulement là que le groupe prend son temps, sur plus de sept minutes, faire tourner une idée en boucle certes, mais à la dérouler un peu quand même, et toujours bien plus que sur tout le reste de l'album. Une preuve explicitement que Clearlake peut prendre des risques et/ou des décisions intéressantes, mais que pour Lido c'est trop peu et trop tard...


Correct   12/20
par X_YoB


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