Chelsea Wolfe

Abyss

Abyss

 Label :     Sargent House 
 Sortie :    vendredi 07 août 2015 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Rien à voir. Non, ce nouvel album n'a aucun rapport avec le film de Cameron sorti en 89, même si la pochette pourrait prétendre le contraire. Une version glauque à la limite, sans scaphandre, dans laquelle tu visites les fonds marins les pieds sévèrement moulés dans une dalle de béton.

Dès les premiers beats flippants de "Carrion Flowers", on se dit que ce nouvel album de Chelsea Wolfe ne sentira pas la gaudriole. Oppressant, la noirceur des sons jurent avec la voix claire de la jeune femme, guitares hypnotiques omniprésentes ("Maw"), les riffs caverneux s'allongent jusqu'à devenir des drones malsains. Rejoints parfois par la pureté d'un violon, les quelques notes d'un piano ne font qu'accentuer le sentiment de mal-être, de souffrance contenue ressenti à l'écoute de ce disque. La répétition jusqu'à l'explosion, la voix de Chelsea samplée, bouclée pour ne faire qu'un tout avec les rythmiques saturées (le surprenant "After The Fall"), une poésie noire coule doucement le long des onze titres, penchant parfois vers l'indus, on imaginerait presque une poupée vaudou en guise d'album, & chaque titre en serait une aiguille savamment plantée. Moins flippante qu'une Margaret Chardiet (la blonde qui se cache derrière Pharmakon), Chelsea Wolfe sait aussi retrouver la candeur toute relative d'une guitare nue, mais ne peut s'empêcher d'y coller un violon gratté qui vire presque au shoegaze, cet Abyss est plein de petites trouvailles sonores, on va de vénéneuses surprises en macabres découvertes alors qu'on avance le long de ces pistes maculées de noir ("Survive"). On pourrait sans trop faire d'effort la comparer à une Polly Jean qui aurait sombré dans le côté obscure de la folk, mais Chelsea Wolfe est bien plus que ça.

Avec ce mélange bien particulier aux accents parfois métal/indus parfois folk, aux drones rampants jouxtant sa voix cristalline, Abyss est tout simplement une démonstration. Le morceau titre qui termine l'album en est la parfaite synthèse, un titre d'une richesse infinie, d'une candide noirceur, déconseillé aux enfants et aux âmes sensibles sous peine de cauchemars récurrents. Je vous aurais prévenu...


Parfait   17/20
par X_Lok


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