Wooden Shjips

Back To Land

Back To Land

 Label :     Thrill Jockey 
 Sortie :    jeudi 14 novembre 2013 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Après un West de très haute tenue, le groupe à l'impossible orthographe revient avec le mois de novembre, pour ce qu'on pourrait appeler communément un disque de saison. Remarque il serait sorti au printemps j'aurais pu dire la même chose, tant ce Back To Land sent la fin de saison, les feuilles mortes ou les bourgeons fraîchement sortis, tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on se trouve.

Ces mecs là savent y faire, avec pas grand chose ils nous conduisent la transe, par le biais d'un flanger à tout épreuve, une batterie au taquet telle une boîte à rythme, l'affaire semble facile dite comme ça, et même à l'écoute, on se dit qu'ils développe une seule & même idée pour chaque piste, mais il n'en faut pas plus à Wooden Shijps pour nous en foutre plein la tronche, mais toujours en douceur. Les quelques notes de clavier disséminées, entêtantes comme jamais ("Ruins"), donne une sorte de mélancolie sourde à ce krautrock, sentiment accentué par la voix presque douce de Ripley Johnson.

On sent que Moon Duo n'est jamais loin (pour rappel, il s'agit du groupe formé par Ripley Johnson & sa compagne), mais le son du duo est comme amplifié, exacerbé par Wooden Shjips, comme s'il prenait toute sa mesure avec cette formation ("Ghouls"), une guitare acoustique s'ajoute à se marasme psychédélique pour adoucir encore le propos, et rendre certains titres lancinants comme jamais auparavant, véritable bouffée d'air frais bienvenue. Le fait que Back To Land soit le premier album enregistré hors de San Francisco y est peut être pour quelque chose... C'est d'ailleurs cet éloignement qui a conduit Ripley a crée Moon Duo, les autres membres du groupe étant moins disponibles que lui pour jammer. Mais Wooden Shijps n'est jamais aussi bon que lorsqu'ils accélèrent, Hypnotisant n'importe qui pose ces oreilles sur "In The Roses", preuve qu'il n'y a pas besoin de riffs ou de mélodies alambiquées pour que ça marche. Mais ça, bien d'autres l'ont prouvé avant eux, la recette prend malgré tout quasiment à chaque fois.
On pourrait se demander comme d'ailleurs, tant les morceaux sont presque tous sur le même modèle, mais pas la peine de perdre un temps précieux à décortiquer ou analyser le modus operandi du groupe, se laisser porter par le disque est bien suffisant.

L'influence de Suicide, moins présente que sur The West, se fait quand même ressentir, même diluée dans un spleen flangerisé ou jouée par une guitare sous effets ("Servants"), ou plus globalement par l'omniprésence des mélodies addictives du clavier, qui enivrent dès qu'on se focalise dessus (isoler un instrument et se focaliser dessus tout le long d'un morceau est quelque chose d'assez puissant, vous avez sans doute déjà essayé vous aussi).

Véritable générique de fin, "Everybody Knows" clôture de façon magistrale
ce disque, on imagine bien défiler le paysage façon raod movie, une sorte de long fade-out de plusieurs minutes, on visualise presque un 'The End' s'afficher sur un écran de fumée.

La tête & les oreilles dans le brouillard, un presque sourire aux lèvres... Si vous voulez que ça dure, une seule chose à faire, se remettre la face A, puis la B, jusqu'au bout du sillon.


Très bon   16/20
par X_Lok


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