Petit Fantôme

Yallah

Yallah

 Label :     Animal Factory 
 Sortie :    lundi 12 septembre 2011 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Si la scène bordelaise a longtemps été réputée pour son rock qui tache, la tendance est à présent à la célébration d'une région pour ses charmes enivrants et éclatants, souvent laissés pour compte. C'est donc en toute légitimité qu'une poignée de groupes gravitant principalement autour de Crane Angels diffuse une pop nourrie de soleil, d'embruns océaniques poussés jusque dans les terres et d'une ivresse vagabonde agréable et communicative pour ce retour aux racines (Père Dodudaboum et Pendentif complètent d'ailleurs cet album avec deux remixes). Pierre Loustaunau angelot zélé mais également berbère chez Frànçois & The Atlas Mountains fait partie de ces revendicateurs. Doux rêveur et arrangeur, il déclame ses douceurs dans une collection de bricolages synth-électro déglingués minimalistes, rappelant les fresques délirantes de Final Fantasy pour la bipolaire "Young Lion", et de songes surf pop légers et caressants plus directs pour le reste, nourris par la fécondité des détails évoqués. Aussi kiss que cool, Yallah regorge de vitamine C, sent bon les sorties en plein air, l'insouciance des vacances et les histoires de cœur en bord de mer. C'est en toute logique que Loustaunau évoque de façon récurrente ses désirs de fugue, de "s'enfuir tout droit" ("Yallah") sur un coup de tête ("Partons Tout Droit" encore) ou alors de vacances et de départs pour les îles avec le même flegme que Philippe Katerine ("Tahiti") ou les intonations de son copain Botibol ("Aujourd'hui C'est Les Vacances" et son passage de vahiné à la Panda Bear). Ce huit-titres a un rapport profond à l'adolescence, liée aux racines précitées, à travers des textes en français qui économise tout verbiage, presque candides, préférant les "short breaks de la mort" ou encore les grinds et les slides à "Brooklyn Banks" dont le pont magnifique vaporeux rend grâce à The Notwist. Nobles préoccupations que de vouloir continuer à vivre d'amour et d'eau fraîche... Il y a donc pas mal de nostalgie dans les balades de Petit Fantôme. On s'en aperçoit rien qu'avec ce pseudonyme gentillet et sa façon d'aborder ce premier album en est tout autant révélateur. Partagé entre l'homme moderne attaché à son univers urbain et une envie viscérale de retourner à la nature, le petit esprit est en tout cas transparent sur une chose : son désir de se simplifier la vie et d'en faire partager les autres. Yallah !


Bon   15/20
par TiComo La Fuera


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