Mission Of Burma

Vs.

Vs.

 Label :     Ace Of Hearts 
 Sortie :    1982 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Et de...bah...un. Et puis s'en vont.

Un album, c'est tout ce que nous a laissé Mission Of Burma avant un hiatus de 22 ans. Un album et trois fois rien, un Ep et un single, regroupés dans le cd Signals, Calls And Marches, un album live posthume. Le tout dans un anonymat presque absolu.

C'est sûr, Boston n'était pas à l'époque un haut-lieu du rock alternatif, entre ses têtes de citron, ses dinosaures ou ses lutins qui étaient encore bien trop jeunes pour révolutionner le rock. Nous sommes à peine au début des années 80, quand le punk vient de pérécliter pour devenir hardcore, pour les plus bourrins, ou new wave, pour les plus tendance. Autant dire qu'il va falloir 5 à 10 ans pour voir apparaitre un rock alternatif qui assume ses influences pop sans délaisser sa rage, tout en ayant l'audace d'afficher une vraie vision artistique.

Et pourtant, à l'écoute de Vs., on se dit que tout est là. Dès leur premier album, voire dès leurs débuts quand on écoute Signal, Calls And Marches ou même le morceau "Peking Spring" qui est encore antérieur, on se dit que Mission of Burma avait déjà digéré ses influences punks pour les recracher dans un rock alternatif qui n'a rien à envier aux grands noms du genre. Pire, ils n'ont même pas eu besoin de passer par la case hardcore comme Hüsker Dü ou les Replacements, ou par le bruitisme rageur du Sonic Youth des débuts, ayant au minimum 5 ans d'avance sur leurs contemporains. Il est vrai que contrairement à d'autres, Miller, Conley et Prescott étaient déjà des musiciens accomplis en formant leur groupe.

Certes, il n'y a pas sur Vs. de "tube" aussi accrocheur que "That's When I Reach For My Revolver". Et tant mieux. Le groupe lui-même avait reconnu qu'ils préféraient ne jamais signer chez un label plutôt que de faire un album entier avec une déclinaison de ce morceau. Le single ici, c'est "Trem Two", porté par un riff hypnotique et une construction déroutante. Il y a aussi un talent mélodique indéniable, qui ressort par exemple sur "Dead Pool". Et d'excellents morceaux rock agressifs, au hasard "Mica", la faussement intitulée "The Ballad Of Johnny Burma" ou encore "Learn How". Je vous l'ai dit, tout est là!

J'avoue que le travail sur les boucles de cassettes fourni par Martin Swope ne m'apparait pas flagrant. Il parait que c'est surtout en live que cet instrument secret prenait tout son sens. Pour le reste, on ne peut que s'incliner devant le talent du trio + cassette et s'étonner qu'un album aussi précurseur soit si peu cité à la postérité.

Le critique Byron Coley avait très bien résumé la situation en ces termes : "Mission of Burma jouait un genre de guitar pop bruiteusement agressive toujours sacrément proche de tout-ce-dont-tu-as-besoin, mais la plupart du temps, c'était comme si tout le monde s'en foutait. Pourquoi? Ben, les gens sont des connards, j'imagine!"

En tout cas, connard ou pas, tout fan d'indierock/rockalternatif se doit de posséder Vs. Et bien celui de Mission of Burma, pas l'autre...


Intemporel ! ! !   20/20
par Blackcondorguy


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