Nick Cave And The Bad Seeds

Nick Cave & Warren Ellis - The Proposition

Nick Cave & Warren Ellis - The Proposition

 Label :     Mute 
 Sortie :    mardi 21 février 2006 
 Format :  Bande Originale / CD   

Et si The Proposition était le meilleur album de Nick Cave depuis longtemps ?
Nick Cave a écrit un film, The Proposition, réalisé par John Hillcoat, malheureusement pas distribué en France. La "proposition" est celle faite par un officier à un homme de tuer son propre frère aîné, chef de bande et meurtrier. Une sorte de western australien à consonance biblique (le thème de l'histoire lui-même rappelle quelque peu Abel et Caïn), ce qui n'est guère surprenant venant de Nick Cave tant l'Amérique profonde et l'Ancien Testament auront durablement influencé son œuvre, musicale et littéraire. La photo au dos de la pochette du CD montre d'ailleurs un homme de dos, mortifié par les coups de fouet, attaché à un pilori qui n'est pas loin de ressembler à une croix, ce qui évoque donc la Passion du Christ.
Nick Cave et Warren Ellis, violoniste des Bad Seeds, ont composé et enregistré la musique de ce film. Une musique qui se signale par son grand dépouillement, par son aridité. Mais cette aridité n'est jamais rébarbative ou ennuyeuse. Les plus belles fleurs ne naissent-elles pas dans le désert ? Si beaucoup de titres sont des instrumentaux, conférant à ce désert une austérité janséniste, d'autres sont bel et bien chantés par Nick Cave et constituent autant d'oasis où faire étape dans cette longue traversée solitaire. Un repos du guerrier illusoire tant ces étapes sont marquées par un recueillement presque religieux.
Le leitmotiv de l'album, ce sont les violons plaintifs de Warren Ellis. Parfois appuyés par les chuchotements d'un Nick Cave plus sobre que jamais ("Down To The Valley"). Avec ici et là la basse tellurique de Martyn Casey ("Road To Banyon"), membre des Bad Seeds lui aussi, le piano de Nick Cave ("Martha's Dream"), la batterie de Jim White ("The Proposition #2 ), membre des Dirty Three et collaborateur de PJ Harvey ou Marianne Faithfull, et deux guitaristes, chacun sur un morceau ("Happy Land", "The Rider Song"). La parcimonie avec laquelle sont utilisés ces instruments renforce l'austérité et l'aridité de ces compositions, qui ne sont jamais synonymes de vide. La pièce maîtresse de The Proposition est sans doute l'inquiétant, menaçant et strident "The Rider #2".
Si The Proposition est essentiellement terrien, l'air, l'eau et le feu n'en sont pas absents. Le vent qui balaye le désert, l'eau des rares rivières, le feu des haltes du soir, qu'on peut presque entendre au travers de l'album.
Curieusement, par un retour de boomerang, l'atmosphère et les sonorités de The Proposition évoquent quelque peu 16 Horsepower, un groupe qui a été lui-même influencé par les Bad Seeds, et plus encore Wovenhand. On y retrouve la même solitude des immensités du Nouveau Monde (américain ou australien), le même mysticisme biblique, la même imprégnation subtile de chamanisme (amérindien ou aborigène).
On ne trouvera aucune chanson marquante sur The Proposition, aucun titre qui s'imposerait d'emblée de manière évidente. Seuls "Gun Thing" et "Clean Hands, Dirty Hands", avec leur chant plus classique, évoqueraient le travail habituel de Nick Cave (mais sur The Boatman's Call, son album le plus dépouillé). C'est un album qui s'écoute d'une traite, et sur lequel il faudra revenir maintes et maintes fois avant d'en apprécier toute la richesse. Un album à la fois grave et apaisé, nocturne et terrien.


Très bon   16/20
par Gaylord


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