Be Your Own Pet

Get Akward

Get Akward

 Label :     Beggars Banquet 
 Sortie :    mardi 01 avril 2008 
 Format :  Album / CD   

C'est quoi être "punk" aujourd'hui ? C'est une notion aux frontières bien floues, qui veut englober un grand nombre de jeunes groupes hurleurs et pleins d'énergie qui se réclament des Clash ou des Stooges. Dans le cas des Be Your Own Pet, on est bien loin de la verve d'un Joe Strummer ou du charisme d'un Iggy pop...

Certes, ils n'apportent rien de nouveau au monde du rock. Certes, on se demande parfois s'ils ne prennent par leur auditorium pour une bande de décérébrés: excluons directement "Food Fight !" qui sert uniquement à prouver que la chanteuse Jemina est capable de vomir dans un micro, ainsi que les deux horreurs "You're A Waste" et "Zombie Graveyard Party", qui pourraient être reprises par Miley Cyrus dans Hannah Montana que ça n'en serait pas choquant, tellement leur production ressemble à celle des Bisounours. Heureusement, ces trois morceaux se succédant sur la playlist, il sera d'autant plus facile de les ignorer.

On pourra aussi émettre une réserve sur la voix de la chanteuse, qui, par ses tics (elle confond trop souvent son nez et sa bouche ; on frôle la canard-colverite aiguë à de nombreuses reprises) peut paraître agaçante, voire irritante.

Mais. Mais, il ne faut pas pour autant crier à l'arnaque. Parce que, vouloir coûte de coûte faire du rock énervé sur un tempo de 210 quand on a grandi Nashville, Tennessee, c'est faire preuve d'une certaine audace. Renier le patrimoine local et dire "No daddy ! I just wanna pogo with my dudes !", ce n'est pas juste une pseudo rébellion d'ado au sébum débordant, c'est risquer d'être renié par ses parents, qui prendront ça pour un outrage bien plus grand que si on leur avait annoncé notre homosexualité. Pour Be Your Own Pet, la prise de tête s'arrêtera là, puisqu'ils n'auront à cœur que de s'amuser et de faire le show, pour eux et pour leur public. On s'en tiendra donc à ça, et on n'essayera pas d'analyser scrupuleusement leur propos et de chercher un sens profond à leurs paroles et musique. Il s'agit uniquement de jeunesse et de grande légèreté. Et ça fonctionne assez bien. On se surprend même à bouger la tête et à sourire : leur bonne humeur est assez contagieuse. On s'attardera un peu plus longuement sur quatre titres : "Heart Throb", Becky, "The Kelly Affair" et "The Beast Within", qui se détachent nettement du reste de l'album, tant par l'énergie fournie que par la recherche musicale, assez poussée et travaillée. Le reste de l'album étant qualitativement moyen, et pas du tout créatif... mais pas à jeter non plus. On écoutera cet album les jours, où, pour une fois, on n'a pas envie de chercher des réponses à nos questions existentielles et où on veut jouer la carte de la superficialité.

Rien de révolutionnaire donc. Rien d'inoubliable non plus. Mais mention assez bien malgré tout, pour leur fantaisie et leur ardeur.

On attend tout de même de voir ce que donneront ces quatre-là lorsqu'ils seront un peu aguerris... par pure curiosité.


Correct   12/20
par Michel Poiccard


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