Victims

Killer

Killer

 Label :     Combat Rock Industry 
 Sortie :    2008 
 Format :  Album / CD   

Si l'on me collait une barre de fer chauffée à blanc dans l'anus, quelle musique aurais-je envie de jouer ?
Si l'on me cousait l'urètre après avoir bu trois litres de bière, quelle musique aurais-je envie de jouer ?
Si l'on s'amusait à m'égratigner les nerfs avec un économe rouillé, quelle musique aurais-je envie de jouer ?
Du Victims bien entendu ! Je pousserais des hurlements venus du fin fond de mon corps meurtri et je torcherais en quelques accords exécutés à la vitesse du son des brûlots punk-crust-hardcore où je déverserais toute ma haine. Je gueulerais "We're Fucked" puis "Holy Shit !", j'aurais envie de taper sur tout ce qui bouge ("Killing") avec mes bracelets à clous et que l'on ne vienne pas me dire que c'est vraiment trop facile d'écrire des titres qui ne dépassent jamais les deux minutes, sous peine de me mettre violemment en colère ! Il suffit d'écouter "Try ?" et ses vingt-cinq secondes pour prendre sa rouste une bonne fois pour toute et renvoyer tous les apprentis gros durs dans les cordes. Puissance, mélodie, agressivité, pas la peine de jouer les prolongations quand on a dit l'essentiel en moins d'une minute. En plus, sur les seize titres qui composent Killer, y en a tout de même quatre qui font plus de deux minutes justement... Ça fait un quart, c'est pas rien !
Alors quoi ? La mode est au look rebel et à la musique bien propre sur soi ? Genre "ouais, tu vois je joue dans un groupe de rock parce que ça va bien avec mon slim troué et t'as vu ? mes cheveux sont assortis à ma guitare ! C'est trop stylé !" Et bien soit. Victims fait partie de ces groupes qui crachent leur sperme, leurs glaviots et leur colère (juste !) à la face d'une scène obnubilée par son nombril percé et la quête d'un make-up waterproof plus résistant parce qu'il fait chaud, sur scène, avec tous ces spots...
Pendant la demi-heure approximative que dure le bien nommé Killer, j'ai le temps de balancer aux chiottes toutes les règles de la bienséance, de vider un pack, d'exploser les bouteilles sur le sol, de baiser sur les tessons avec une junkie vautrée dans son vomi puis de courir nu dans la rue, couvert de sang et d'excréments, en hurlant "Bomben Har Fallit", avant de terminer ma course dans l'H.P. le plus proche.
Manifeste punk, sale et méchant mais jamais bête, Victims fait un fistfucking à toute une scène qui a trop passé de temps à se faire reluire le poil, à se brosser dans le bon sens et à cacher son acné. Putain, ça fait un bien fou !


Très bon   16/20
par Arno Vice


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