Victims

Divide And Conquer

Divide And Conquer

 Label :     Havoc 
 Sortie :    mercredi 05 avril 2006 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Nom de code: Victims.
Origine: Suède, l'autre pays du rock'n'roll.
Membres: Johan Eriksson (chanteur), Andy Henriksson (batteur), Andy Söderström (bassiste, il quitte le groupe un peu après), et Jon Lindqvist (guitariste officiant aussi au sein de Sayyadina, et chez Nasum entre 2003 et le split du groupe – c'est d'ailleurs le guitariste de Nasum, Mieszko Talarczyk, malheureusement décédé lors du tsunami de 2004, qui a enregistré et produit le précédent album ...In Blood).
Style: crust/d-beat, un poil de hardcore et un zeste de punk, pas un hasard si un des premiers faits d'armes du groupe est une participation à un tribute au groupe Discharge...
Objet du délit: Divide And Conquer, 2e album du groupe sorti sur Havoc Records (label US de hardcore underground comptant Kylesa, Amdi Petersen's Arme, From Ashes Rise ou Regulations dans ses rangs, c'est d'ailleurs un split avec From Ashes Rise qui a permis à Victims de signer chez Havoc), mais 3e album du groupe, après Neverendinglasting en 2001 (réédité par DeadAlive Records en 2003), et ...In Blood en 2004, album où Jon Lindqvist remplace Marcus, le guitariste originel.

Résumé: Une pochette aux couleurs vives, politique, pas du tout métal (le tiroir fourre-tout où on a tendance à ranger tout ce qui agresse un peu les oreilles et les yeux) mais très punk avec ses couleurs criardes, sa typographie et sa composition basiques.
A l'image de la pochette, pas de fioritures chez Victims, un son brut (la production est minimaliste), des titres courts, rapides, farcis de riffs tueurs. 15 chansons balancées en 22 minutes chrono, ce disque est une déflagration salutaire à écouter d'une traite, où même les rares mid-tempos sont trompeurs.
Section rythmique primitive, massive sans être lourde, avec cymbales et roulements, bref, de l'efficace, chorus et riffs de guitares qui martèlent le propos, parfois l'aèrent (mais rarement), voix étranglée qui ne sacrifie pas à la mode du "je chante beau même dans un groupe cracra", bien sûr quelques refrains à brailler en choeur. Surtout, un vrai sens de la compo dans le style "brut de décoffrage": avec les (mini-)chorus surexcités, assez grind finalement dans leur format ultra-court un peu frustrant (comme pouvait si bien le faire Nasum), on a aussi de (mini-)ponts typiquement hardcore à la rythmique et aux riffs lourds, une basse vrombissante, une voix rageuse de type pas content, des breaks et des ralentis, tout ça excellemment bien agencé et placé.
L'enchaînement des 5 premiers morceaux est vraiment jubilatoire, les riffs crachés par le guitariste sont d'excellentes trouvailles qui font plaisir dans un style qu'on croyait balisé et sans beaucoup de surprises possibles. L'arrivée d'un des morceaux de bravoure du disque, "Your Division", est bien préparée, c'est un des rares moments aussi où l'on entrevoit un peu d'air. Mais la tension ne baisse pas pour autant sur les morceaux suivants, puisque le groupe continue à nous envoyer du plomb, sans nous laisser trop respirer, jusqu'au "tube" "Running For Escape". Et là, rebelote jusqu'à la fin, les titres s'enchaînent sans temps mort jusqu'au très bon "Endless" qui clôture le disque.

Evidemment, des esprits chagrins argueront que Victims n'invente pas grand-chose. Mais leur sincérité, leur efficacité, en font un excellent représentant du crust. Et à mon sens, leur talent est d'insuffler dans leur hargne un côté angoissant et assez désespéré, là où beaucoup d'autres se contentent de suivre les recettes prémâchées du hardcore moderne à jolie voix et production proprette.
J'en veux pour preuve que tous les plans, non contents d'être courts, voire extrêmement courts, sont aussi assez étriqués. Il n'y a pas beaucoup d'air dans la musique de Victims (c'est peut-être pour ça, le masque à gaz sur la pochette, finalement...).

"We sound like, or rather think we sound like, an equal dose of swedish Discharge-influenced hardcore and early eighties american hardcore".
Pari réussi pour les Suédois, qui confirment avec ce Divide And Conquer que l'on peut faire un disque sans doute plus accessible que les précédents (la notion d'accessibilité restant cependant toute relative, vu le genre...) sans tomber dans les travers mélo/émo/métal, souvent nuisibles au hardcore contemporain.

Bonus: pour les oreilles sensibles qui auraient peur de ne pas supporter les 22 minutes d'affilée, voici une petite sélection de titres à écouter: "Another Way To Die" (46 secondes pour faire connaissance), "Who The Fuck Are We?" (1 mn 20 s pour se familiariser), "Your Division" (1 min 51 s pour apprendre ce qu'est un "mid-tempo tubesque" du crust), "Running For Escape" (la même chose mais en 2 min 01 s, avec même une mélodie à chanter sur le refrain, et le petit plan de guitare qui tue à partir de 1 min 33 s), "Livlösa Kroppar" (1 min pile pour ne pas s'endormir et apprendre le suédois), et on se finira avec "Refuse To Feed The Machine" (1 min 09 s où on comprends toujours pas les paroles, mais où le titre parle pour lui, ouf!).


Excellent !   18/20
par Polar Bear


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
195 invités et 1 membre :
R.i.p Auckward
Au hasard Balthazar
Sondages
Finalement, au vu des projets nés après leur désunion, vous êtes très content qu'ils aient splité:


At The Drive-In
Atari Teenage Riot
Big Black
Black Flag
Diabologum
Faith No More
Fu Manchu
The God Machine
The Murder City Devils
Refused