Martina Topley-Bird

The Blue God

The Blue God

 Label :     Independiente 
 Sortie :    lundi 12 mai 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Et maintenant, la question à 1,52 euros : qui, de Tricky ou de Martina, a sorti les meilleurs disques en ce début de XXIème siècle ?

S'il est probable que Monsieur Thaws ait sorti son album le plus exécrable à ce jour (il y reprendrait du Kylie Minogue, à ce qu'on dit), son ex-muse et ex-compagne peut se vanter de mener une carrière solo toujours irréprochable.
Alors bien sûr, on en voit déjà ricaner au fond de la salle. Et qui sait, peut-être ont-ils raison de penser qu'un jour, Martina sortira des disques aussi tièdes, mièvres et dispensables que ceux que sort actuellement son ex, mais laissons ce genre de projections aux déclino-musicologues.

The Blue God, deuxième album de Miss Topley-Bird, sort cinq ans après un Quixotic qui tirait tous azimuts. A noter, un nouveau mentor pour la demoiselle, le producteur hip-hop Danger Mouse ayant succédé à David Holmes.
En douze titres, Martina se fait fort de charmer tout le monde, et pas que les lecteurs de Télérama...
"Phoenix" ouvre, fort à propos, le bal. Langueur trip hop au programme, brumes de Bristol et chant susurré : on reste en territoire balisé. Puis vient le premier single, la petite merveille pop intitulée "Carnies", batterie sèche, basse joufflue, et une Martina qui brille tout autant dans le registre enjouée et lumineux que dans les ambiances morbides et anxiogènes qui ont fait sa gloire. "April Grove" se fait plus rock, "Baby Blue" a une étonnante et délicieuse patine sixties, puis nouveau joyau que "Shangri La", hanté par un orgue et des violons inquiétants.
"Da Da Da Da", le prochain truc que vous chanterez dans votre salle de bain, commence lo-fi avant de nous faire exploser sa vitalité au visage, tandis que "Valentine", triste ballade sur fond de guitares surf (!) pourrait bien tirer des larmes à la plus grosse des brutes.
On verrait bien "Poison" en second single, tandis que le disque s'achève sur "Yesterday" et sa production maligne et enchanteresse.
Moins revivaliste que Amy Winehouse, moins putassière que toutes les pseudo-divas qui nous les hachent menues à longueur d'ondes, Martina Topley-Bird nous offre un disque ambitieux qui n'est autre que la soul du XXIème siècle.
Enjoy, or fuckin' die !


Excellent !   18/20
par El Moz


 Moyenne 16.50/20 

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Posté le 30 novembre 2008 à 18 h 14

Il aura fallu finalement 5 ans à Martina Topley-Bird pour sortir son second opus. Après un Quitoxic qui ne manquait pas de charme (ah "Sandpaper Kisses"!!) mais qui se dispersait surement un peu trop, on espérait que la demoiselle saurait se souvenir de ses erreurs.

Bonne nouvelle, The Blue God est un album cohérent, avec une âme et ne se contente pas d'empiler les chansons (ce qui était un peu le cas de Quitoxic).
Ensuite, concernant la direction musicale du disque, sans que la surprise soit très grande, on sent quand même que Martina a évolué. La où on pouvait l'attendre dans un registre trip-hop, on a finalement dans les mains un album qui tape essentiellement dans la pop-rock, même si les ingrédients électroniques n'ont pas disparu. Le début du disque est même particulièrement "up-tempo" (toute proportion gardée bien sûr) et passe vraiment comme une lettre à la poste ("Carnies", "April Grove", "Shangri La", "Baby Blue", etc.) et on se surprend bien vite à siffloter les airs de chaque titre.
La seconde moitié de la galette s'oriente parfois vers des sonorités un peu différentes comme sur "Da Da Da Da", interlude bon enfant bien que pas très utile, "Valentine" où Martina revient à ses premiers amours ou encore le langoureux "Razor Tongue".
Ma foi l'ensemble tient la route sans problème. Cependant il faut avouer que l'on peine parfois à écouter l'album en entier. Pas qu'il soit soporifique, mais disons qu'il faut s'y plonger dans des conditions adéquates (plutôt le soir, au calme). De même, on regrettera 2 titres décevants, l'un est cité plus haut alors que l'autre, "Yesterday" (n'y avait-il vraiment pas moyen de choisir un autre titre ?), est censé clôturer somptueusement l'album; en réalité le morceau est certes travaillé mais n'aboutit pas à un résultat probant, on s'y ennuie même un peu.

The Blue God s'est fait attendre mais il a le mérite de tenir (globalement) ses promesses. Même si l'album ne compte aucune "grande chanson", l'ensemble est agréable et léger (dans le bon sens du terme). Reste à savoir si Martina Topley-Bird est capable de faire encore mieux... En attendant, The Blue God permet à la demoiselle de franchir un palier avec un travail qui parait plus abouti que son premier effort. Un bon disque en attendant, peut-être, davantage encore...
Bon   15/20







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