The Dirtbombs
We Have You Surrounded |
Label :
In The Red |
||||
'Merde me suis gourré de CD, j'ai dû mettre The Fall dans le lecteur'. C'est à peu près ce que je me suis dit à l'écoute du dernier né des Dirtbombs. Premier morceau , "It's Not Fun Until They See You Cry", rythmique monolythe à la Capitaine Fracasse et une seule et unique phrase déclamée à répétitions en guise de refrain ('Now you've got what you wanted'). Ça ne vous rappelle rien ?
Alors peut-être suis-je trop obsédé par le groupe mancunien (je rêve de Mark E Smith la nuit) mais il m'apparaît fort inconcevable que Mick Collins n'ait à aucun moment pioché quelques idées de ce côté rayé du post punk pour fomenter son propre We Have You Surrounded. Parce que l'analogie ne s'arrête pas à l'ouverture. "Wreck My Flow" a de ces relents techno-rock qui suinte cette formule fallienne si succulente. En poussant le bouchon vraiment loin, on peut également voir poindre cette tribalité kraut que chérit tant Mark E Smith sur "Leopardiman At C&A".
Non clair Mick Collins a forcément laissé vaquer son esprit du côté fallien lorsqu'il s'est attaqué à l'enregistrement de son quatrième album. Pour le meilleur mais aussi pour le pire : "Race To The Bottom", suprême foutage de gueule larsené de plus de 8 minutes. Aussi agréable qu'une visite chez le promptologue. Le truc qui vient gâcher la fête. Car fête il y a sur ce We Have You Surrounded aux compos parfaites et aux reprises exceptionnelles (du Sparks et du Dead Moon cette-foi-ci au menu). A part ce "Race To The Bottom", franchement rien à dire si ce n'est que "Indivisible" ('tu tu lu tu tu tu...') pourrait même tâter du dance-floor. La chanson la plus cool jamais entendu depuis... depuis fort longtemps.
Terminant en apesanteur sur la popeuse "La Fin Du Monde", chantée en français s'il vous plaît (enfin paraît-il, car bienheureux celui qui comprendra un traitre mot de ce baragouinage informe), We Have You Surrounded est encore une fois un quasi-sans faute pour le groupe de Detroit. Quasi car une faute, une seule, mais quelle faute. Sans doute du remplissage, We Have You Surrounded ayant été au départ conçu comme un EP. Enfin bon... y avait moyen de remplir autrement. Mais ce qui est sûr, c'est que Mark E Smith lui trouverait ça absolument génial.
Alors peut-être suis-je trop obsédé par le groupe mancunien (je rêve de Mark E Smith la nuit) mais il m'apparaît fort inconcevable que Mick Collins n'ait à aucun moment pioché quelques idées de ce côté rayé du post punk pour fomenter son propre We Have You Surrounded. Parce que l'analogie ne s'arrête pas à l'ouverture. "Wreck My Flow" a de ces relents techno-rock qui suinte cette formule fallienne si succulente. En poussant le bouchon vraiment loin, on peut également voir poindre cette tribalité kraut que chérit tant Mark E Smith sur "Leopardiman At C&A".
Non clair Mick Collins a forcément laissé vaquer son esprit du côté fallien lorsqu'il s'est attaqué à l'enregistrement de son quatrième album. Pour le meilleur mais aussi pour le pire : "Race To The Bottom", suprême foutage de gueule larsené de plus de 8 minutes. Aussi agréable qu'une visite chez le promptologue. Le truc qui vient gâcher la fête. Car fête il y a sur ce We Have You Surrounded aux compos parfaites et aux reprises exceptionnelles (du Sparks et du Dead Moon cette-foi-ci au menu). A part ce "Race To The Bottom", franchement rien à dire si ce n'est que "Indivisible" ('tu tu lu tu tu tu...') pourrait même tâter du dance-floor. La chanson la plus cool jamais entendu depuis... depuis fort longtemps.
Terminant en apesanteur sur la popeuse "La Fin Du Monde", chantée en français s'il vous plaît (enfin paraît-il, car bienheureux celui qui comprendra un traitre mot de ce baragouinage informe), We Have You Surrounded est encore une fois un quasi-sans faute pour le groupe de Detroit. Quasi car une faute, une seule, mais quelle faute. Sans doute du remplissage, We Have You Surrounded ayant été au départ conçu comme un EP. Enfin bon... y avait moyen de remplir autrement. Mais ce qui est sûr, c'est que Mark E Smith lui trouverait ça absolument génial.
| Parfait 17/20 | par Sirius |
Posté le 02 juillet 2008 à 12 h 36 |
Joyeux anniversaire ! Dix ans après leur premier LP, le fuzzy garage punk Horndog Fest, où en sont The Dirtbombs ?
Fan inconditionnel des Dirtbombs depuis des années, j'avais décidé, pour une fois, de ne pas me ruer sur le nouvel album dès qu'il serait disponible. Au contraire, je voulais voir venir, me couper de tout ce qui pourrait toucher au quatrième LP des Bombes Sales. Prestations dénichées au gré de la Toile et concert de feu m'ont alors décidé à sauter le pas et enfin faire l'acquisition de We Have You Surrounded.
Plus de quatre ans sans nouvel album, ça fait long ! La pléthorique compilation If You Don't Already Have A Look avait tout de même servi de solide en-cas pendant cette interminable attente. Dans l'intervalle, le groupe a, pour la dix-septième fois, changé de personnel. Exit Jim Diamond, fatigué de tourner, exit Tom Potter, et bienvenus Ko Melina Zydeco, ex-chanteuse de Ko And The Knockouts, et Troy Gregory, ancien de Flotsam & Jetsam, et leader de bon nombre de projets comme The Witches ou Troy Gregory And The Stepsisters. Ces deux-là auront dû patienter quatre ans pour voir leur nom figurer sur un vrai LP des Dirtbombs. Alors quoi de neuf ? Ne s'étant toujours pas décidé à sortir le fameux album pop bubblegum, en passe de devenir une nouvelle Arlésienne made in Detroit, le groupe a pondu un disque contrasté. Ici, des titres sombres, tendus, désabusés et pessimistes. Là, des morceaux plus légers, fleurant bon la piste de danse.
"It's Not Fun Until They See You Cry" voit le spectre de Collins s'égosiller au milieu d'une tempête de cymbales. "Ever Lovin' Man" accélère le tempo, porté par des chœurs féminins du meilleur effet (dont Shella Holmes, déjà entendue sur les deux précédents albums), collisionnant un combo punk avec les Ikettes, "Indivisible" a des fourmis dans les jambes. Collins et son orchestre, clients de la reprise qui tue, s'attaquent cette fois-ci aux Sparks ("Sherlock Holmes", sublime) et à Dead Moon ("Fire In The Western World", moins convaincante). Temps forts de l'album, la menaçante et reptilienne "They Have Us Surrounded", et "I Hear The Sirens", au riff imparable et qui déploie toute sa puissance en live. Sans aucun doute les meilleurs titres du disque avec "Wreck My Flow", qui voit un Collins au sommet de la vague.
Un album plus pop, plus accessible, qui décevra certains esprits chagrins qui y verront une dérive vers du "commercial". Mais ne nous méprenons pas : We Have You Surrounded contient parmi les meilleurs titres jamais enregistrés par les Dirtbombs. Eh oui ! Et à ces mêmes déçus, rappelons que le groupe n'enfonce jamais le clou de l'album précédent, mais préfère toujours taper à côté juste histoire de voir la tête qu'on fera. Bémol : si l'on se réjouissait de l'arrivée de Ko Melina au sein du groupe, il s'avère qu'elle ne signe aucun morceau, elle qui sait pourtant écrire de vraies chansons. "Race To The Bottom", ou huit minutes d'electronica furieuse saupoudrée de feedback, nous rappelle que Collins a aussi un projet techno sur le feu. Le vrai pied de nez pour le dessert avec "La Fin Du Monde", titre chanté dans ce qui semble être un galimatias inuit (du Français en fait), et que Collins a l'intelligence et le bon goût de ne pas reprendre sur scène.
Fin du disque, et trois questions en suspens : A quand un disque live ? A quand le fameux disque pop bubblegum ? A quand la dissolution ?
A ma fiancée...
Fan inconditionnel des Dirtbombs depuis des années, j'avais décidé, pour une fois, de ne pas me ruer sur le nouvel album dès qu'il serait disponible. Au contraire, je voulais voir venir, me couper de tout ce qui pourrait toucher au quatrième LP des Bombes Sales. Prestations dénichées au gré de la Toile et concert de feu m'ont alors décidé à sauter le pas et enfin faire l'acquisition de We Have You Surrounded.
Plus de quatre ans sans nouvel album, ça fait long ! La pléthorique compilation If You Don't Already Have A Look avait tout de même servi de solide en-cas pendant cette interminable attente. Dans l'intervalle, le groupe a, pour la dix-septième fois, changé de personnel. Exit Jim Diamond, fatigué de tourner, exit Tom Potter, et bienvenus Ko Melina Zydeco, ex-chanteuse de Ko And The Knockouts, et Troy Gregory, ancien de Flotsam & Jetsam, et leader de bon nombre de projets comme The Witches ou Troy Gregory And The Stepsisters. Ces deux-là auront dû patienter quatre ans pour voir leur nom figurer sur un vrai LP des Dirtbombs. Alors quoi de neuf ? Ne s'étant toujours pas décidé à sortir le fameux album pop bubblegum, en passe de devenir une nouvelle Arlésienne made in Detroit, le groupe a pondu un disque contrasté. Ici, des titres sombres, tendus, désabusés et pessimistes. Là, des morceaux plus légers, fleurant bon la piste de danse.
"It's Not Fun Until They See You Cry" voit le spectre de Collins s'égosiller au milieu d'une tempête de cymbales. "Ever Lovin' Man" accélère le tempo, porté par des chœurs féminins du meilleur effet (dont Shella Holmes, déjà entendue sur les deux précédents albums), collisionnant un combo punk avec les Ikettes, "Indivisible" a des fourmis dans les jambes. Collins et son orchestre, clients de la reprise qui tue, s'attaquent cette fois-ci aux Sparks ("Sherlock Holmes", sublime) et à Dead Moon ("Fire In The Western World", moins convaincante). Temps forts de l'album, la menaçante et reptilienne "They Have Us Surrounded", et "I Hear The Sirens", au riff imparable et qui déploie toute sa puissance en live. Sans aucun doute les meilleurs titres du disque avec "Wreck My Flow", qui voit un Collins au sommet de la vague.
Un album plus pop, plus accessible, qui décevra certains esprits chagrins qui y verront une dérive vers du "commercial". Mais ne nous méprenons pas : We Have You Surrounded contient parmi les meilleurs titres jamais enregistrés par les Dirtbombs. Eh oui ! Et à ces mêmes déçus, rappelons que le groupe n'enfonce jamais le clou de l'album précédent, mais préfère toujours taper à côté juste histoire de voir la tête qu'on fera. Bémol : si l'on se réjouissait de l'arrivée de Ko Melina au sein du groupe, il s'avère qu'elle ne signe aucun morceau, elle qui sait pourtant écrire de vraies chansons. "Race To The Bottom", ou huit minutes d'electronica furieuse saupoudrée de feedback, nous rappelle que Collins a aussi un projet techno sur le feu. Le vrai pied de nez pour le dessert avec "La Fin Du Monde", titre chanté dans ce qui semble être un galimatias inuit (du Français en fait), et que Collins a l'intelligence et le bon goût de ne pas reprendre sur scène.
Fin du disque, et trois questions en suspens : A quand un disque live ? A quand le fameux disque pop bubblegum ? A quand la dissolution ?
A ma fiancée...
Excellent ! 18/20
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