Absinthe (provisoire)

Alejandra

Alejandra

 Label :     Distile 
 Sortie :    lundi 16 octobre 2006 
 Format :  Album / CD   

Après un premier opus en 2003, Absinthe (provisoire) revient trois ans plus tard avec Alejandra, comme pour s'annexer définitivement à la déjà longue liste des groupes s'évertuant à prodiguer un post-rock teinté de noise et de longs passages atmosphériques. Voilà encore un groupe traumatisé par les expérimentations décapantes de Sonic Youth ou les montées en puissance des formations d'une certaine Constellation !

Mais voilà Alejandra fait plus que tirer son épingle du jeu: les quatre Montpelliérrains dévoilent ici quatre titres dessinant les contours d'un post-rock sauvage et détonant. Quatre titres seulement certes, mais tout de même une heure de musique menée tambour battant !
En ouvrant les hostilités avec "Kocka", Absinthe (provisoire) annonce tout de suite la couleur. Du haut de ses quelques 28 minutes, ce premier morceau s'impose comme une pièce magistrale d'où émane une noirceur profonde renforcée par une voix froide et monocorde, presque désabusée; une noirceur d'ailleurs qui ne quittera d'ailleurs plus les sillons d'Alejandra. Il est d'ores et déjà difficile de ne pas sentir le spectre de Sonic Youth planer au-dessus du quatuor tant ces accélérations soniques et ces changements de rythmes peuvent évoquer Moore et sa bande. Absinthe (provisoire) ne semble s'autoriser aucune concession: sur ce premier morceau le groupe multiplie les changements d'ambiances passant de stridences de guitares à des plans beaucoup plus posés et atmosphériques. Post-rock, disais-je, mais d'une richesse, étonnante capable de révéler les multiples influences du groupe allant de l'ingéniosité de Sonic Youth donc à Mogwai en passant par Godspeed You ! Black Emperor.
GY!BE justement ! Avec "Amour-Fidélité-Introspection", c'est bien du côté de Montréal que semble tourner le regard d'Absinthe. Longue pièce d'une dizaine de minutes, ce second titre monte progressivement en pression et en intensité avant de se terminer dans un calme faussement serein. Et si Absinthe (provisoire) peut évoquer GY!BE, nul doute que sur "Someone said "Your Heart Belongs To The Dead"", c'est bien vers l'univers de A Silver Mount Zion que semble lorgner la musique des Montpellierrains. Le chanteur chantant aussi lamentablement faux qu'Efrim, il est bien difficile de ne pas penser au groupe montréalais, d'autant plus que les coeurs qui l'accompagnent ont toutes les caractéristiques du groupe d'Efrim. Et voilà sans doute du même coup, les quatre minutes les moins passionnantes de cet album, puisque pas très originales et dénuées de surprises, contrairement au reste de l'album.
Le dernier quart d'heure représenté par "Love Song For A Dutch Bitch" rétablit la tension perdue durant le morceau précédent. Tension mise en avant par cette rage exacerbée qui habite le chanteur. L'ambiance n'a peut-être jamais été aussi malsaine et tout se concluera dans une sorte d'improvisation déstructurée et crissante...

Absinthe (provisoire) présente un grand album avec cet Alejandra. Si les influences du quatuor semblent sans doute un peu trop évidentes, il reste néanmoins des compositions excellement contruites dans lesquelles les improvisations sont légions, et où les accélérations soniques savent se faire salvatrices.
Pas grand chose à jeter en somme !


Parfait   17/20
par X_Jpbowersock


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