The Radio Dept.

Lesser Matters

Lesser Matters

 Label :     Labrador 
 Sortie :    mardi 04 mars 2003 
 Format :  Album / CD   

The Radio Dept. est un groupe suédois, formé à Malmö par Martin Larsson et Johan Duncansson en 1995, duo qui se verra greffé six ans plus tard Lisa Carlberd et Per Blomgren. Ces quatre compères, animés par un désir commun de faire de la pop, fabriquent en 2004 le somptueux -oui le mot est lancé- Lesser Matters.
Il s'agit là de pop intimiste, atmosphérique, un brin noisy, un shoegaze proche de ce que My Bloody Valentine a pu créer, au niveau des comparaisons on ne pourra pas faire mieux.
L'intro un brin faiblarde passée, l'album commence par la ballade faussement triste mais vraiment géniale "Where Damage Isn't Already Done" et ce refrain possédé par un riff endiablé et mélancolique à la fois -oui, que voulez vous...- que les Strokes ne trouveront pas en trente ans de carrière. Arrive alors "Keen On Boys", chanson hantée par le chant de Duncansson, éthéré, dissimulé derrière des rideaux de guitares distordus puis par un riff de basse entêtant. Morceau suffisamment mélancolique pour que Sofia Coppola l'insère dans la BO de son Marie-Antoinette. Le côté noisy s'amplifie ensuite avec "Why Won't You Talk About It ?" et "It's Been Eight Years", chansons pas désagréables, mais loin d'égaler les deux véritables pépites passées.

Les lourdes nappes s'évaporent un peu, et le noisy laisse progressivement sa place à une pop plus intimiste et lo-fi, trois titres sans grand intérêt lorgnant difficilement vers New Order s'enchaînent et on arrive alors à l'une des plus grosse claque de ma vie, la fin de l'album elle-même. Les quatre derniers titres sont d'une précision, d'une douceur, d'une perfection rarement atteints.
"Your Father", en plus de l'humour omniprésent du texte, ce qui contraste radicalement avec le reste, laisse sa mélodie lente s'orner de quelques touches de piano savamment disposées et du chant mis en avant cette fois-ci. Puis "Strange Things Will Happen" où les guitares disparaissent presque pour laisser les claviers se superposer et s'emmêler gracieusement, porté par la voix enchanteresse et fébrile d'Elin Almered, nous happe dans un endroit jusqu'alors inconnu où tout n'est que délicatesse et justesse. Le meilleur titre de l'album, pas forcément, car "Ewan" enfonce le clou de la pure mélancolie en moins de deux minutes trente grâce à un refrain plus énergique et une ligne de basse fantastique, puis des nappes de guitares qui reviennent pousser la voix au second plan, et le message d'espoir réchauffant qui va avec 'You can feel the sunshine fading, When you've felt so fine you just can't fake it'.
L'album s'achève doucement avec "Lost And Found", et machinalement, on se met à ré-appuyer sur lecture.

Cet album, qui aura créé sa petite sensation lors de sa sortie, est un indispensable pour tout fan de shoegaze qui se respecte, reprenant avec style le flambeau laissé par les prédécesseurs. Sofia Coppola ne s'est pas trompée en disposant de trois titres du groupe pour son dernier film, ce qui permettra enfin aux quatre larrons de se faire connaître d'un public un poil plus large.

Malgré quelques nuances dans la qualité, cet album est un véritable enchantement, d'une densité telle qu'une fois le lecteur éteint nos oreilles bourdonnent encore de plaisir et nous ordonnent de saisir à nouveau les écouteurs. Mais soyons raisonnables, laissons-en pour demain.


Excellent !   18/20
par Madd


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