The Replacements

Tim

Tim

 Label :     Sire 
 Sortie :    1985 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Après le succès underground du grandiose Let It Be, les Replacements signe chez une major, Sire. Tim est le premier album et certainement le meilleur album la période Sire.
Les 11 chansons de ce Tim démontre une nouvelle fois si besoin il en était, le talent immense du trop méconnu Paul Westerberg. Ce songwriter de génie peut s'attaquer à tous les styles sans aucun problème. Que ce soit le hardcore de leurs débuts avec "Dose Of Thunder", la power-pop à la Alex Chilton de "Hold My Life", le folk poignant qu'est "Here Comes A Regular" ou encore la ballade romantique de "Swingin Party" aux similitudes assumées avec le "Something Stupid" du duo que Franck Sinatra composa avec sa fille Nancy.
Qui dans ces terribles années 80 pouvaient se targuer d'une telle aisance d'écriture ? Hein ? Oui... absolument personne.
La production plus policée que sur les albums précédents est ma foi excellente. Surtout comparée à ce qui se faisait à l'époque... m'enfin, de toute façon quelque soit la production, on peut supposer sans beaucoup se tromper que "Left Of The Dial" ou "Bastards Of Young" seraient quand même devenus des 'hymnes' du rock alternatif. Hymnes dédiés à une certaine jeunesse marginale. Influençant ainsi des centaines peut-être même des milliers de groupes américains allant éclore aux débuts des années 90. Ainsi, "Lay It Down" a probablement été entendu à maintes reprises du côté d'Abeerden par un gamin aux cheveux blonds un peu paumé tant la ressemblance est frappante avec le grunge de Nirvana. Malgré un beat très rock'n'roll 50's renforcé par ce piano martelé à la Jerry Lee Lewis. La superbe voix éraillée de Paul Westerberg a également dû donner pas mal d'idées au jeune Kurt Cobain.
Mais bon, comme je le disais plus haut, celui-ci n'est certainement pas le seul à avoir perçu dans les années 80 les Replacements comme une source d'espoir rock'n'roll dans cet amas d'immondices new-wave. Tim a sans doute permis à ces gens-là de trouver une nouvelle bouée de sauvetage après Let It Be, album qui restera tout de même leur chef-d'oeuvre absolu. Quoique... plus j'écoute cet excellent Tim est plus cette affirmation s'effrite au fil du temps. Et puis c'est Tim qui contient selon moi la meilleure chanson des Replacements, le néo-rockabilly "I'll Buy". Mais là aussi, peut-être que "Unsatisfied" tiré justement de Let It Be pourrait prétendre à ce titre prestigieux ? Hum... débat sans fin.


Excellent !   18/20
par Sirius


 Moyenne 19.00/20 

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Posté le 18 septembre 2008 à 11 h 40

Bonjour à tous et toutes! Pour ma première chronique de disque sur ce site j'ai décidé de m'attaquer à ce chef d'oeuvre des mats; l'expression chef d'oeuvre peut paraître un peu excessive aux oreilles de certains pour un groupe certes brillant mais assez méconnu et ignoré dans nos contrées car empreint au plus profond de culture américaine du nord, pour autant c'est le seul moyen de qualifier cette collection de chansons dont certaines auraient pu être des tubes mondiaux...Ces gigantesques rock song sont donc réservés à une poignée d'initiés, ce qui les rendra d'autant plus attachante à une partie du public.

Dés les premières notes de Tim on est comme transporté au coeur d'une petite ville américaine, on sent l'odeur des hot-dogs, on s'imagine un stade de base-ball, on croit apercevoir un père de famille en bleu de chauffe, on sent le goût des bières tièdes... Paul Westerberg est une sorte de croisement entre Strummer et Springsteen nourri à Kiss et Grand Funk Railroad. Les influences sont totalement digérées puis recrachés dans une furie adolescente pour décrire un quotidien magnifié. "Bastards Of Young" est une merveille de simplicité un enchaînement couplet refrain hyper classique avec une montée progressive jusqu'à la fin de la chanson, les grands songwriters savent faire en sorte que l'on n'ait pas envie de décrocher de l'écoute, ce type de performances sont rares il serait donc déraisonnable de s'en priver! Les perles s'enchaînent dans la même veine tout au long de l'album avec par exemple "Little Mascara" et son mini-solo du guitariste Stinson à tomber par terre, il tisse une toile guitaristique de toute beauté qui entoure la voix éraillée de Westerberg d'un somptueux écrin. Il me semble que l'essentiel est dit car comment mieux définir un grand disque de rock que par l'alliance d'une voix et d'un son de guitare,je qualifierais les Mats de Rolling Stones confidentiels. "Left Of The Dial" est aussi une pure merveille pop avec un couplet en deux parties......Rien à jeter.
Un disque qui conviendra à n'importe quel amateur de rock tout style confondu, car on est au delà de l'indé du punk ou de ce que vous voudrez ici il s'agit tout simplement d'un GRAND DISQUE de ROCK.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 18 juillet 2013 à 16 h 20

S'il fallait en choisir un... Bien trop difficile. Mais il est certain que Tim, de The Replacements est l'un des meilleurs albums de tous les temps.

En 1985, la bande de Paul Westerberg en est à sa quatrième galette. Groupe "hardcore", énervé, bruyant, et très alcoolisé, les débuts de ces derniers sont fracassants, et volontairement bordéliques. Le premier album, Sorry Ma, Forgot To Take Out The Trash annonce la couleur. Après les non moins réussi Hootenanny, et surtout Let It Be, les hommes de Minneapolis quittent le label local, Twin/Tone Records, et signent chez Sire Records, propriété Warner Music Group.
Trahison de l'éthique DIY ? Signe avant-coureur de la fin de l'indé "exempt de toute pureté commerciale" ? Pas vraiment... Car même si les compères quittent leur petit label d'origine, ils n'en n'oublient pas leurs racines musicales. Affinées, plus travaillées, et moins brutes de décoffrage, mais toujours aussi marquées au fer rouge, les chansons de Tim sont simplement aboutis.

A la différence de nombreux groupes congénères de la scène indé des années 80 (Minutemen, Mission Of Burma, et bien sur Husker Du), The Replacements ne s'est jamais caché de ses influences pop (Slade, Big Star, Rolling Stones, The Beatles). Influences qu'ils vont concilier à leur culture punk. Au final, ce mélange hybride, et pourtant si contradictoire sur bien des points, trouve dans Tim un niveau d'accomplissement qui frise la perfection.
Tout au long de cet album, il y a un personnage, un éternel loser, un peu paumé. Première piste : "Hold My Life", le titre et le texte en disent déjà long. Sur une rythmique bien rock'n roll, on n'oublie pas la petite critique des 80's, et du monde de la consommation, avec "I'll Buy". La douce frustration du loser avec "Kiss Me On The Bus", tout ces moments où l'on tombe amoureux, et qu'elle ne le sait même pas, ou fait mine de ne pas s'en rendre compte. Retour au hardcore, avec un titre évocateur : "Dose Of Thunder". Les bougres n'oublient pas d'où ils viennent. S'enchaînent deux mélopées pop, douces, et mélancoliques, surtout "Swingin' Party": "If bein' strong is what you want, then I need help here with this feather".
Le loser vient cracher sa colère dans "Bastard Of Young". Plus qu'une simple rythmique énervée, cette chanson est un hymne à la jeunesse, à son insouciance, à sa bêtise, et l'éternelle question : "Et maintenant on fait quoi ?". Chaque mot est important dans cette chanson, chaque idée qui s'enchaine est un doigt (résigné) qui se lève au nez du monde, chanté par la voix éraillée de Westerberg : "The ones who love us best are the ones we'll lay to rest". Synthèse géniale, le clip minimaliste en noir et blanc de cette chanson se situe dans la même veine : apathie, et rage... Toujours ce mélange savant avec "Lay It Down Clown". Qui peut prétendre faire un rock'n roll aussi franco de porc en 1985 (encore maintenant) ?
A nouveau, le subtil mélange doux-amer avec "Left Of The Dial", sublime envolée pop, aux harmonies simplement magnifiques. Dernier instant punk et bien mélancolique avec "Little Mascara". Et enfin, la chanson qui collera à la peau du maître d'œuvre Westerberg, "Here Come The Regular". Comment mettre en forme la solitude d'un alcoolique repenti (ou qui n'y parviendra jamais) ? Tout long commentaire serait au final inutile, il est juste urgent de l'entendre pour comprendre.

A la différence de leurs pairs de la scène indé de l'époque, The Replacements reste un groupe parmi les plus accessibles pour le grand public. Sans doute cet ingénieux mélange. Accessible, et pourtant largement oublié, puisque ils ne seront jamais de gros vendeurs de disques (gage de qualité ?). Génial ? Indépassable ? Indispensable ? Les qualificatifs ne manqueraient pas pour cet album...

Juste une bande de musiciens, un peu classe moyenne, un peu paumés, un peu jeunes, et un peu talentueux. Parfois il ne faut pas grand-chose...
Intemporel ! ! !   20/20







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