Chris Cornell

Euphoria Morning

Euphoria Morning

 Label :     Interscope 
 Sortie :    mardi 21 septembre 1999 
 Format :  Album / CD  K7 Audio   

L'enterrement de Soundgarden en aura achevé plus d'un. Après cet événement, s'accrocher au grunge est devenu complètement désuet et édulcoré pour les nostalgiques en mal d'un anti-héros punk depuis le trépas de Cobain. Cet événement, Chris Cornell l'a apparemment pris comme une défaite justifiant l'abandon de toute rage ou cynisme musical dans une carrière tout en complaintes solitaires gentillettes.

C'est donc ainsi que le chanteur/compositeur/guitariste s'est essayé à une transformation folk-pop plus accessible, en laissant autant pousser la médiocrité du manque d'inspiration que le brushing de minet : Euphoria Morning alterne chansons bien foutues et bouses pitoyables avec comme point culminant l'insupportable single "Can't Change Me", censé être une sorte de sequelle de "Black Hole Sun" de feu son groupe mythique. Le tout dans une optique blues-folk moderne, avec une nette tendance à s'attarder dans la seconde catégorie, ce qui confirme le caractère inaudible de l'oeuvre dans son intégralité. Le peu de trésors ne se dévoilent que par bribes minuscules, jamais on ne décolle, si ce n'est avec "When I'm Down" (vraiment bien foutue) pour ceux qui ne sont pas gênés par le sirupeux cliché de la ballade rock. Les titres en majorité mid-tempo enchaînent une dégringolade de clichés jusqu'au fond du gouffre, avec en bonusseu traqueu de l'édition française une version pas du tout consensuelle ni inutile de son giga tube "Can't Change Me"... dans la langue de Molière.
Un Led Zep radiophonique (dont "Pillow Of Your Bones" et son pourtant beau riff), un Alice In Chains qui ne fait pas froid dans le dos ("Mission"), une suite à Down On The Upside qui a oublié son 'heavy' talent, un Ben Harper sans la terre africaine dans les veines, un Lenny Kravitz en mieux (ce qui reste une remarque insultante). Et pourtant la voix de Cornell n'a pas son pareil pour transcender un air... Ici, c'est très difficile, et même la prod' impeccable et implacable (merci les potos d'Eleven) n'obtiendra pas charité d'une appréciation au dessus de zéro.

Grosse grosse déception à la sortie de cet album, et pas davantage quelques années après. Comme quoi il y eu pire que Audioslave dans le parcours de Cornell... En espérant que si suite il doit y avoir, elle ne sera pas aussi misérable.


Inaudible ! ! !   0/20
par X_YoB


 Moyenne 12.80/20 

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Posté le 21 mars 2006 à 14 h 09

On peut parler de déception concernant cet album, c'est vrai, tant le talent de Chris Cornell nous avait sauté à la gueule depuis ses débuts avec Soundgarden. Mais de là à totalement dénigrer ce disque très bien produit et qui nous offre une nouvelle facette du songwriter Cornell plutôt intéressante...
Certes, un bon morceau sur deux n'est pas à la hauteur, certes, la version frenchy de "Can't Change Me" est une horreur... Certes... Mais "Pillow Of Your Bones", "Disappearing One", "Follow My Way" et "Sweet Euphoria" font de ce Euphoria Morning un album tout à fait acceptable et d'une écoute plutôt agréable.
La voix de Chris Cornell est parfaitement mise en valeur dans ces chansons pop-rock parfois intimistes, parfois plus rythmées. Et Cornell ne tombe pas dans la facilité mielleuse que je craignais.
Alors, pour un bilan, un disque décevant par rapport au vécu de Cornell, mais au contraire rassurant tant je craignais le pire après une première écoute peu rassurante.
Pas mal   13/20



Posté le 29 mars 2006 à 12 h 17

Chris Cornell, véritable icône de la scène de Seattle, nous offre, suite à la fin de l'épopée Soudgarden, un petit bijou d'album. D'une rare sensibilité, mais que pouvons espérer d'autres venant de lui, il explore des contrées inconnues de son ancien groupe. Avec sa voix unique, il nous propose des chansons puissantes comme l'énorme "Follow My Way", "Pillow Of Your Bones" et la très soudgardienne "Steel Rain". Cette pluie d'acier vient s'abattre en apothéose d'un album comprenant des titres plus personnels comme "When I'm Down" et "Sweet Euphoria". "Moonchild", dédicacé pour Jeff Buckley, vient sonner le vent de la perfection d'un style intemporel ! N'en déplaise à certains, Euphoria Morning restera à jamais comme une pièce de choix d'un être exemplaire sous tout rapport ! "Follow Your Way"...
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 30 mars 2006 à 13 h 06

Il est vrai que cet album est plutôt étonnant à la première écoute ce n'est pas vraiment à ce style de musique que l'on s'attendait. Cependant, si l'on oublie Soundgarden (car Euphoria Morning reste quand même un album solo) et que l'on se penche sur Chris Cornell, cet artiste qui a simplement voulu faire un cd très personnel après Soundgarden. Ceux qui espéraient la suite de Soundgarden seront certainement déçu mais d'autres curieux se régaleront sûrement tant on sent le plaisir qu'il a pris a faire ce cd. Il écrit là de belles balades ("Preaching The End Of The World" ou "Moonchild") et relève avec succès le défi que représente la chanson "Sweet Euphoria".
Pour peu qu'on lui laisse une chance cet album se révèle meilleur à chaque écoute. Chris Cornell nous prouve qu'il ne se repose pas sur ses acquis, se diversifie (pour le malheur des uns et le bonheur des autres) et finalement prend le risque de faire ce qu'il aime et non ce que tout le monde attendait. Je le conseille à ceux curieux de découvrir ce musicien après Soundgarden mais ceux qui recherchent la suite de Soundgarden: passez votre chemin. Mais le fait d'aimer ce cd n'est pas incompatible avec le fait d'adorer Soundgarden.

Une fan de Soundgarden, Audioslave et de Rage Against The Machine !
Très bon   16/20



Posté le 13 août 2010 à 22 h 10

Dernier album de Soundgarden en 1996, suivi de la compilation A-sides en 1997 consécutivement à la séparation du groupe, c'est deux ans plus tard que Chris Cornell sort son premier travail solo, toujours chez la même maison de disque que pour Down On The Upside.
Inutile de chercher plus longtemps : il est le seul rescapé, puisque aucun des anciens musiciens du groupe ne participe à l'enregistrement des douze titres.
"Can't Change Me" ouvre gentiment le bal, mais c'est un morceau plutôt faible (malgré tout choisi comme single !). "Flutter Girl", au contraire, est très percutant, imposant Cornell dans un style beaucoup moins virulent qu'auparavant, et ça marche. Il est très à l'aise, et ça se ressent à nouveau sur "Preaching The End Of The World", morceau assez lent, qui tarde à décoller mais la voix de Cornell est toujours aussi affûtée, c'est là le secret de cette chanson.
Première véritable résurgence du passé : "Follow My Way" est très rock, relativement lourd; un petit bijou qui ne dépareillerait (presque) pas sur Down On The Upside, tout comme par la suite "Mission", "Moonchild", "Disappearing One" ou "Pillow Of Your Bones". 
Arrive "When I'm Down", où Cornell nous montre à quel point c'est un grand chanteur, tel un crooner !
Petite parenthèse : Chris et un certain Jeff B. étaient amis, jusqu'à ce que ce dernier ne se noie en 1997. Le contexte de Euphoria Morning est donc contemporain de cet événement tragique, et "Wave Goodbye" en est né. C'est un bel hommage, même si ce n'est pas la meilleure composition du disque; ce qui est appréciable ici, c'est notamment le fait que ce ne soit pas une chanson larmoyante, et Cornell se permet un (tout petit) passge chanté à la façon de Jeff. À noter qu'il a fait partie de la toute petite équipe à avoir réfléchit à ce que devait être Sketches For My Sweetheart The Drunk.
"Sweet Euphoria" nous propose un titre en acoustique, guitare-voix, et a finit par devenir pour moi le meilleur titre de tout l'album. J'ajoute que l'édition limitée incluait un cd avec "Sunshower" et "When I'm Down"; passons sur ce deuxième, pour insister sur l'énorme "Sunshower", également un morceau guitare-voix, absolument magistral, qui aurait dû, mille fois, se trouver dans cet album. Quel dommage de l'avoir reléguer en second plan, presque comme pour l'oublier, alors que c'est LE chef-d'œuvre de Euphoria Morning, même s'il n'en fait pas officiellement partie.
Sans d'emballement, ni reniement de son passé, Cornell emprunte chaque direction qui lui plaît, pour le plus grand bonheur de ses fans et de ceux de Soundgarden.
"Steel Rain" est une ballade, langoureuse, dans laquelle Cornell montre à nouveau le potentiel de sa voix.
Malheureusement, l'album termine comme il avait débuté, avec "Can't Change Me". Sauf que, pour notre malheur, à nous, auditeurs francophones, cette version est française (en fait, seulement en partie, et elle ajoute un accordéon...); tout à fait inutile. Pour ne pas avoir fini, par exemple, avec "Sunshower" ?
Au final, malgré quelques choix étranges, l'ensemble est très bon, et possède surtout quelques moments très impressionnants, qui auront fait rêver le grand adorateur de Down On The Upside que j'étais et suis encore. Arrêtons nous ici, en 1999, et disons-le : Chris Cornell est un grand bonhomme de la musique. Ne lui manque plus que de retrouver ces musiciens dorés.
Très bon   16/20







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