The Dresden Dolls

A Is For Accident

A Is For Accident

 Label :     8Ft. 
 Sortie :    mardi 27 mai 2003 
 Format :  Live / CD   

Formation minimaliste s'il en est, les Dresden Dolls envoûtent aisément leur auditoire d'une grâce bien singulière. Son incongruité donne une imparable assise à son originalité et n'est jamais sans nous étonner. On dénombre toujours difficilement les nombreuses et diverses émotions qui nous traversent à l'écoute de leur musique comme devant leur expressive mise en scène.
Ce "couple" étrange ne porte pourtant en son sein qu'un membre des deux sexes, mais relève avec brio ce prestigieux défi de nous présenter un set hors pair, composé uniquement d'un piano et d'une batterie. Heureusement il y aussi la voix et quelle voix !

Amanda Palmer a en effet une voix profonde au timbre grave, et qui plus est, un charisme digne des plus grande divas. Son acolyte, Brian Viglione, possède, de son côté, un jeu de batterie bien à lui, subtil et tempétueux à souhait. A cette maigre recette, s'ajoute un piano que dompte l'orage et des textes envolés ou inquisiteurs, baignés d'ironie et d'éclairs.
(Quelques invités aussi parfois à la guitare ou au violon).

Si l'on ne saurait les rapprocher d'aucune formation contemporaine, et éprouvons pareillement une incomparable difficulté à les situer dans le paysage musical actuel, leurs influences sont pourtant bien affichées.

Ces deux-là prennent en effet le parti de s'inspirer de ces années décadentes de la république de Weimar que connaît l'Allemagne des années 1920, 1930. Celle précisément qu' Hitler mettra tant de zêle à répudier. Ces frasques "rock'n rollesques" délurées des ambiances de cabaret.
Une esthétique qui se rapprocherait à bien des égards de bon nombre des précurseurs du mouvement goth-rock. Je pense notamment aux albums solo de Rozz Williams et Gitane Démone pour le côté cabaret ou encore aux travaux de Kurt Weil sur Bertold Brecht.
Les Dresden Dolls qualifient d'ailleurs eux-mêmes leur style de "Cabaret-Punk-Brechtien".

Leur originalité sied donc essentiellement aux mélanges de ces deux grandes lignes et en font
un tout, grandiloquent parfois, mais toujours judicieusement mené. Les titres se succèdent admirablement alternant des pièces plus calmes à un ensemble très rythmé.
Mélancoliques sans jamais être tragiques, on joue beaucoup aussi, avec panache autant que possible, croisant le fer avec le burlesque, singeant le ridicule sans être grotesque ni s'égarer. On joue donc avec l'image mais l'on s'en moque pareillement. Un groupe très théatral donc à voir sur scène absolument, à ne manquer sous aucun prétexte!

Un coup de maître qui on l'espère ne sera pas le dernier.

(A ceux qui hésiteraient encore devant un enregistrement " live ", je précise que le son est très correct, à la fois clair et puissant. Je le préfère d'ailleurs à l'album, non seulement en raison de quelques titres somptueux, que j'étais désagréablement surpris de ne pas voir y figurer *, mais surtout aussi parce qu'il est plus véhément, naturellement!)

* manquent les beaux : "Bank Of Boston Beauty Queen ", " Thirty Wacks ", " Will" & " Christopher Lydon ".


Très bon   16/20
par Artemys


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