Mad Season
Above |
Label :
Columbia |
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Il y a des disques si beaux, si vastes, et si profonds, qu'ils peuvent changer une vie. Above de Mad Season en fait partie, il nous a bouleversé et nous bouleverse encore...
En 1994, le guitariste de Pearl Jam, Mike McCready, est dans un centre de désintoxication de Minneapolis pour tenter d'en finir avec l'alcool. Là-bas, il fait la connaissance d'un bassiste, appelé John Baker Saunders. Ensemble, ils décident que dès la fin de leur traitement ils feraient de la musique ensemble, juste comme ça, pour voir ce que ça peut donner. Une fois dehors, Mike rentre en contact avec un vieil ami, Layne Staley, le chanteur d'Alice in Chains, pour lui demander si l'idée de faire de la musique avec lui le branche. Ce dernier accepte et est vite rejoint par le batteur des Screaming Trees de l'époque, Barret Martin, ainsi que par un autre chanteur, Mark Lanegan. Chacun des musiciens avait alors besoin de prendre le large de leurs groupes respectifs, en 1994, Seattle est sur toutes les bouches, et aucun d'eux ne l'avait souhaité. C'est ainsi que le projet Mad Season prit forme, et le disque qui en découla fut un chef-d'oeuvre d'une grandeur rare.
Il commence par une longue mélopée de basse sur laquelle vient se poser la voix cristalline et aérienne (pour le coup) de Layne Staley. Pendant près de quatre minutes on voyage au cœur d'un monde mélancolique, doux et résigné, quand, en l'espace d'un instant, on subit une charge de démons, épaulée par les coups monstrueux de Barrett et par la guitare vicieuse de Mike. C'est "Wake Up", et c'est grandiose. D'entrée de jeu on est dérouté, tant on est éloigné de Pearl Jam, d'Alice in Chains, et des Screaming Trees. La chanson "X Ray Mind" ne ressemble à rien de connu et le son est incroyable ! Aujourd'hui encore, on attend de pouvoir le retrouver quelque part... très certainement en vain. "River Of Deceit" reste encore une des plus belles chansons que nous connaissons. Dès la sublime intro, on sait qu'on n'y résistera pas. Layne n'a jamais chanté aussi bien, sa voix nous habite et nous emporte haut, quand ses paroles nous renversent et nous font pleurer. "Above", quant à elle, voit pour la première fois la présence de Mark Lanegan en compagnon de galère de Staley. Deux des plus belles voix de leur génération se rencontrent enfin... mais nous y reviendrons plus tard.
Au-delà des genres et des préférences Mad Season s'inscrit dans la marge et au-dessus des autres. Parions même que les protagonistes ne mesuraient pas la portée de ce qu'ils étaient en train de faire. Des merveilles comme le blues "Artificial Red" sont rares, chaque note, chaque phrase, chaque soupir est d'une beauté et d'une justesse surréaliste. "Lifless Dead" et "I Don't Know Anything" apportent la dose d'agressivité et de rancoeur qui sont à la base de cette explosion créative. D'une certaine façon, elles restent encore inégalées. Pas autant toutefois que le chef d'œuvre absolu et définitif qu'est "Long Gone Day". Le mariage des voix de Mark Lanegan et de Layne Staley est ici époustouflant. Sur un rythme évoquant la bossa, elles tutoient les astres, caressent l'auditeur, et le plongent dans les tréfonds de sa mélancolie pour en faire quelque chose de beau, quelque chose de magnifique. La voix grave de Mark est langoureuse et apaisée (pour ne pas dire désabusée), quand la voix de Layne est claire, fière et éclatante. Les deux se conjuguent admirablement, et nous y revenons encore le plus souvent possible. C'est un chef-d'oeuvre, rien d'autre qu'un pur chef-d'oeuvre.
Arrive ensuite l'instrumental terrifiant "November Hotel". Ici c'est le batteur Barrett Martin qui tire son épingle du jeu en nous propulsant directement dans les étoiles avec ses coups de marteaux rappelant ceux de John Bonham. C'est un morceau d'un psychédélisme noir sur lequel les musiciens révèlent leur incroyable talent. Le disque meurt enfin avec "All Alone". Chanson définitive, parfaite oraison funèbre pour ce voyage terrible, unique et passionnant.
L'aventure Mad Season n'a duré que quelques mois, bien plus qu'un side-project, ça s'est avéré être un coup de maître ! L'urgence que l'on sent dans ce disque, ainsi que l'impression de danger nous fait dire qu'il a dû ce passer quelque chose d'incroyable entre ces musiciens. Et il y a comme une impression qu'ils étaient en roue libre... déchargeant leurs émotions par leurs instruments sans se poser plus de questions. Le résultat dépasse l'entendement, jamais plus nous n'aurons des disques comme celui-ci.
Aujourd'hui, lorsque l'on se souvient de Layne Staley c'est plus souvent en fredonnant "River Of Deceit" ou "Long Gone Day" qu'en pensant à Alice in Chains. Il est mort et John Baker Saunders aussi... et jamais il ne saura qu'avec Above, il a changé au moins une vie.
En 1994, le guitariste de Pearl Jam, Mike McCready, est dans un centre de désintoxication de Minneapolis pour tenter d'en finir avec l'alcool. Là-bas, il fait la connaissance d'un bassiste, appelé John Baker Saunders. Ensemble, ils décident que dès la fin de leur traitement ils feraient de la musique ensemble, juste comme ça, pour voir ce que ça peut donner. Une fois dehors, Mike rentre en contact avec un vieil ami, Layne Staley, le chanteur d'Alice in Chains, pour lui demander si l'idée de faire de la musique avec lui le branche. Ce dernier accepte et est vite rejoint par le batteur des Screaming Trees de l'époque, Barret Martin, ainsi que par un autre chanteur, Mark Lanegan. Chacun des musiciens avait alors besoin de prendre le large de leurs groupes respectifs, en 1994, Seattle est sur toutes les bouches, et aucun d'eux ne l'avait souhaité. C'est ainsi que le projet Mad Season prit forme, et le disque qui en découla fut un chef-d'oeuvre d'une grandeur rare.
Il commence par une longue mélopée de basse sur laquelle vient se poser la voix cristalline et aérienne (pour le coup) de Layne Staley. Pendant près de quatre minutes on voyage au cœur d'un monde mélancolique, doux et résigné, quand, en l'espace d'un instant, on subit une charge de démons, épaulée par les coups monstrueux de Barrett et par la guitare vicieuse de Mike. C'est "Wake Up", et c'est grandiose. D'entrée de jeu on est dérouté, tant on est éloigné de Pearl Jam, d'Alice in Chains, et des Screaming Trees. La chanson "X Ray Mind" ne ressemble à rien de connu et le son est incroyable ! Aujourd'hui encore, on attend de pouvoir le retrouver quelque part... très certainement en vain. "River Of Deceit" reste encore une des plus belles chansons que nous connaissons. Dès la sublime intro, on sait qu'on n'y résistera pas. Layne n'a jamais chanté aussi bien, sa voix nous habite et nous emporte haut, quand ses paroles nous renversent et nous font pleurer. "Above", quant à elle, voit pour la première fois la présence de Mark Lanegan en compagnon de galère de Staley. Deux des plus belles voix de leur génération se rencontrent enfin... mais nous y reviendrons plus tard.
Au-delà des genres et des préférences Mad Season s'inscrit dans la marge et au-dessus des autres. Parions même que les protagonistes ne mesuraient pas la portée de ce qu'ils étaient en train de faire. Des merveilles comme le blues "Artificial Red" sont rares, chaque note, chaque phrase, chaque soupir est d'une beauté et d'une justesse surréaliste. "Lifless Dead" et "I Don't Know Anything" apportent la dose d'agressivité et de rancoeur qui sont à la base de cette explosion créative. D'une certaine façon, elles restent encore inégalées. Pas autant toutefois que le chef d'œuvre absolu et définitif qu'est "Long Gone Day". Le mariage des voix de Mark Lanegan et de Layne Staley est ici époustouflant. Sur un rythme évoquant la bossa, elles tutoient les astres, caressent l'auditeur, et le plongent dans les tréfonds de sa mélancolie pour en faire quelque chose de beau, quelque chose de magnifique. La voix grave de Mark est langoureuse et apaisée (pour ne pas dire désabusée), quand la voix de Layne est claire, fière et éclatante. Les deux se conjuguent admirablement, et nous y revenons encore le plus souvent possible. C'est un chef-d'oeuvre, rien d'autre qu'un pur chef-d'oeuvre.
Arrive ensuite l'instrumental terrifiant "November Hotel". Ici c'est le batteur Barrett Martin qui tire son épingle du jeu en nous propulsant directement dans les étoiles avec ses coups de marteaux rappelant ceux de John Bonham. C'est un morceau d'un psychédélisme noir sur lequel les musiciens révèlent leur incroyable talent. Le disque meurt enfin avec "All Alone". Chanson définitive, parfaite oraison funèbre pour ce voyage terrible, unique et passionnant.
L'aventure Mad Season n'a duré que quelques mois, bien plus qu'un side-project, ça s'est avéré être un coup de maître ! L'urgence que l'on sent dans ce disque, ainsi que l'impression de danger nous fait dire qu'il a dû ce passer quelque chose d'incroyable entre ces musiciens. Et il y a comme une impression qu'ils étaient en roue libre... déchargeant leurs émotions par leurs instruments sans se poser plus de questions. Le résultat dépasse l'entendement, jamais plus nous n'aurons des disques comme celui-ci.
Aujourd'hui, lorsque l'on se souvient de Layne Staley c'est plus souvent en fredonnant "River Of Deceit" ou "Long Gone Day" qu'en pensant à Alice in Chains. Il est mort et John Baker Saunders aussi... et jamais il ne saura qu'avec Above, il a changé au moins une vie.
| Intemporel ! ! ! 20/20 | par Max |
Posté le 18 décembre 2004 à 14 h 42 |
Je viens d'acheter ce superbe album, et après quelques écoutes, j'en suis complètement imprégné et je ne peux plus m'en passer. Ca doit bien être un des albums les plus beaux que j'ai pu entendre.
Mélancolique, empli de regrets mais magnifique. La voix de Layne Staley est plus ample et claire que dans n'importe quel Alice In Chains. Et les riffs et solos de McCready atteignent des sommets ("River Of Deceit", "November Hotel"). Le CD touche à beaucoup de genres, du blues dans "Artificial Red", ou jazzy dans "Long Gone Day".
Les chansons ont chacune leur spécificité, c'est assez expérimental, mais pour le meilleur.
On dirait qu'après avoir fait une espèce d'apologie de la drogue dans Alice ("Junkhead"..), Layne expose ses amers regrets (comme Mike pour l'alcool), ce qui rend l'album tellement mélancolique, et triste ("Wake Up, "River Of Deceit", ...).
Les mélodies sont vraiment sublimes et le son vous brouille le cerveau.
Vraiment, un immense album, malheureusement un peu tombé dans l'oubli. A nous de changer ça !
Mélancolique, empli de regrets mais magnifique. La voix de Layne Staley est plus ample et claire que dans n'importe quel Alice In Chains. Et les riffs et solos de McCready atteignent des sommets ("River Of Deceit", "November Hotel"). Le CD touche à beaucoup de genres, du blues dans "Artificial Red", ou jazzy dans "Long Gone Day".
Les chansons ont chacune leur spécificité, c'est assez expérimental, mais pour le meilleur.
On dirait qu'après avoir fait une espèce d'apologie de la drogue dans Alice ("Junkhead"..), Layne expose ses amers regrets (comme Mike pour l'alcool), ce qui rend l'album tellement mélancolique, et triste ("Wake Up, "River Of Deceit", ...).
Les mélodies sont vraiment sublimes et le son vous brouille le cerveau.
Vraiment, un immense album, malheureusement un peu tombé dans l'oubli. A nous de changer ça !
Intemporel ! ! ! 20/20
Posté le 05 janvier 2005 à 21 h 58 |
L'un des plus beaux albums que j'ai pu entendre ces 10 dernières années. L'album commence par un morceau d'anthologie appelé "Wake Up". La première chose qui nous impressionne est la voix de Layne Staley. Probablement l'une des plus belle voix rock des années 90.
Cet album nous plonge dans plein de genres différents et à chaque fois les morceaux semblent toucher la perfection. Ce qui en fait un album rare.
Dommage qu'il ne soit pas assez connu et que certains membres du groupe aient eu un destin tragique (Layne Staley, Saunders)
En tout cas si vous l'écoutez au moins une fois, vous ne risquez pas de l'oublier.
Cet album nous plonge dans plein de genres différents et à chaque fois les morceaux semblent toucher la perfection. Ce qui en fait un album rare.
Dommage qu'il ne soit pas assez connu et que certains membres du groupe aient eu un destin tragique (Layne Staley, Saunders)
En tout cas si vous l'écoutez au moins une fois, vous ne risquez pas de l'oublier.
Intemporel ! ! ! 20/20
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