Peter Hook

Joy Division's Unknown Pleasures & Closer, New Order's Movement, Live At The Roundhouse Camden

Joy Division's Unknown Pleasures & Closer, New Order's Movement, Live At The Roundhouse Camden

 Label :     Live Here Now 
 Sortie :    mardi 19 décembre 2017 
 Format :  Live / CD  Numérique   

Le 18 décembre 2017 Peter Hook & The Light terminent leur tournée au Roundhouse à Londres devant 1 700 personnes. Movement, Closer, Unknown Pleasures, plus une poignée d'autres titres de Joy Division sont interprétés dans cet ordre.
Peter Hook joue avec sa basse comme un guitar-hero, un bass-hero ! Toujours le grand écart, la basse aux genoux, le dos plié, parfois la basse s'envole en l'air au dessus de sa tête, il peut se permettre tout ce genre de clowneries puisqu'il y a un bassiste qui lui joue à plein temps et ne lève pas son poing à chaque fin de couplet. Et en l'occurence cela doit être troublant pour les membres du public qui ont vu Joy Division et New Order sur scène, Jack Bates qui joue la basse aux genoux, est le fils de Peter Hook et la ressemblance est étonnante.
Le batteur Paul Kehoe a joué avec Freebass et Monaco, le guitariste David Potts est un ex-membre de Revenge et Monaco, trois groupes montés par Peter Hook. Les claviers sont tenus par le mercenaire Martin Rebelski.

Le concert débute par Movement le premier album de New Order et pour beaucoup le dernier de Joy Division. Malgré leurs évidentes qualités, les titres restent immobiles et sans relief, l'ambiance ne décolle pas, c'est intéressant mais plat malgré les efforts du groupe. Seul "The Him" et surtout "Denial" remuent un peu. Ensuite on remonte le temps avec "No Love Lost", un vieux titre bien nerveux de l'époque Warsaw, c'est une bonne transition vers Closer. Voilà ce que le public attend : Joy Division.
Là où New Order joue les titres de Joy Division avec des pincettes Peter Hook plonge aux sources du groupe : les morceaux sont brutaux, violents. Beaucoup plus punks, tel que le groupe sonnait sur scène et non comme Martin Hannett a réalisé les albums. Il suffit d'écouter "Colony", la guitare est une véritable scie et Peter Hook se révèle un chanteur enragé.
Entendre "A Means To An End" exécuté de cette façon est un ravissement, tout y est, le rythme syncopé, le chant irascible, la guitare et la basse enchevêtrées. Dans la même catégorie, "24 Hours", "Passover" sont égrenés sauvagement. Peter Hook m'a étonné en réussissant à être émouvant sur les plombants "The Eternal" et "Decades", c'est tout de même un gros balourd à dégaine de hooligan qui ne laisse pas forcément de bons souvenirs où il passe, Toulouse en 2019 en est un bon exemple.

Pour passer de Closer à Unknown Pleasures, encore un titre bien brutal : "Digital", qui n'est gravé ni sur l'un ni sur l'autre.
Le musclé "Disorder" rappelle que Joy Division est né avec le punk, le morceau est joué la tête dans le guidon avec un Peter Hook qui ne cesse de hurler des Yeah !! et des Oh !! Les morceaux les plus tendus de l'album, "Day Of The Lords", "Candidate" sont joués plutôt fidélement mais il ne s'agit pas des meilleurs moments du concert, ils étaient déjà démoralisant avec Ian Curtis en 1979.
L'enchaînement "She's Lost Control"-"Shadowplay" se révèle être un des temps forts du concert. La tension y est palpable, Peter Hook grogne plus qu'il ne chante, la rythmique est cardiaque, l'ensemble est rugueux.
Le concert se termine avec un assourdissant et trop long "I Remember Nothing", à la limite de l'ennui.
Joy Division n'a sorti que deux albums, laissant un paquet de bons titres sur des singles, ce sont les suivants avec comme cerise sur le gâteau pour deux d'entre eux Mark Lanegan dont la voix caverneuse colle bien avec Joy Division. Il chante avec beaucoup de talent l'ample "Atmosphere" puis l'excellent "Dead Souls". L'arrivée de Mark Lanegan n'est pas un bon point pour Peter Hook, Lanegan est clairement plus à sa place comme chanteur, c'est à regretter qu'il n'est pas chanté tout le concert !
Il reste trois titres, tous emblématiques de Joy Division : "Transmission", "Ceremony" et "Love Will Tear Us Apart". La première est reprise dès le début par le public, cette chanson dynamite la salle. "Ceremony" est le morceau commun aux deux groupes, le dernier composé par Joy Division, le premier sorti par New Order, il a toujours eu ma préférence ; sur scène c'est une tranche d'énergie pure, la basse et la guitare nouées, le rythme saccadé de la batterie, tout est très bon, même Peter Hook.
Quand New Order joue "Love Will Tear Us Apart" c'est un massacre. Le titre qui devait mettre sur orbite la carrière de Joy Division est interprété avec sincérité, il n'est pas transformé en hymne de stade comme le fait New Order. C'est parfait pour terminer.

Il arrive sur quelques morceaux que la guitare soit un peu trop démonstrative, si Bernard Sumner faisait des solos ça se saurait, et sur "Decades" par exemple c'est très court mais dérangeant. Sur le même titre, le melodica final gâche un peu. Le chant sur "New Dawn Fades" et quelques autres n'est pas à la hauteur de Ian Curtis, même si Peter Hook ne cherche visiblement pas à l'imiter. D'ailleurs il a beaucoup progressé depuis le début de ce voyage dans son histoire musicale.

Maintenant, comment considérer ce groupe ? Je n'arrive pas à avoir d'avis tranché sur la démarche de Peter Hook. S'il n'avait perdu une bataille financière sur les droits avec ses anciens camarades de jeu aurait-il monté ce groupe et ces tournées mémorielles ? On sent bien le plaisir qu'il a à jouer ces (ses ?) morceaux, le groupe est efficace mise à part la réserve sur le guitariste. Vaut-il mieux voir un tribute-band ? Ne pas y aller et donc ne jamais entendre ces titres en concert ? Je n'en sais rien.


Bon   15/20
par NicoTag


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