Kanye West

Jesus Is King

Jesus Is King

 Label :     Def Jam 
 Sortie :    vendredi 25 octobre 2019 
 Format :  Album / Numérique   

Kanye a-t-il trouvé Dieu, ou est-ce Lui qui est allé chercher Kanye ? Vaste question. Mais la réponse importe peu. Le fait majeur, c'est qu'il est enfin là, le nouveau disque de Kanye West !

Bon, certes, ce n'est pas le Yandhi qu'on attendait depuis 2018, projet avorté dont on peut retrouver des bribes plus qu'avancées sur le net, mais quand même, il est là. Maintes fois annoncé, maintes fois repoussé, on finissait par ne plus y croire. Promis dans un premier temps comme un Yeezus II, on est loin du compte. Kanye a vu la lumière, et il veut le faire savoir. D'abord avec ses Sunday Services, ses grandes messes qui attirent de plus en plus de monde depuis janvier, parfois prenant tout le monde au dépourvu parfois annoncée de longue date, elles se font l'espace de liberté de Kanye, dans lequel il clame son amour au divin. Véritable spectacle en soi, mêlant reprises, classiques gospels ou réinterprétation des titres de Kanye, il mène son Sunday Service Choir, ou plutôt il se mêle au chœur. Souvent en retrait, en étant simplement là, simplement lui.

Certains découvrent sa passion du Christ avec cet album, mais elle est loin d'être récente. Déjà en 2004, sur The College Dropout, "Jesus Walks" marquait les esprits. Celui qui se fait appeler Yeezy lie ce surnom à celui du Christ pour l'excellent Yeezus (2013). Et Life Of Pablo (2016) est considéré , à juste titre, comme un album de gospel par son auteur. Et maintenant, un album entier, annonçant clairement la couleur, God is Blue, Jesus is King.

Nous ne sommes certes pas là pour faire de la théologie. Expliciter chaque titre, chaque référence, n'aurait pas vraiment de sens, sinon pour se détacher de l'essentiel. Jesus is King est un album. Pas vraiment un disque de rap chrétien, ni un disque de gospel, c'est un album de Kanye. Une sorte de révision de la soul au sens premier du terme, sauf qu'ici il ne mélange pas le gospel au rythm'n'blues, mais au hip-hop. de la Soul 2.0 ?
Le parfait exemple est le titre "Follow God", introduit par un sample du "Can You Lose By Following God" de Whole Truth qui le suivra tout le long du titre comme un feat hors du temps. Il n'a pas perdu son amour du sample, comme en témoigne également les chutes de Yandhi. Pas un album de rap chrétien disais-je, car même si évidemment il parle beaucoup de Jésus & de religion, Kanye West parle avant tout de lui. Pour changer. Avec Pusha T ,qui retrouve No Malice et reforment Clipse pour l'occasion, le bon vieux Ty Dollar Sign qui vient dire bonjour sur "Everything We Need", Timbaland à la prod sur une bonne moitié des titres et bien sur, le Sunday Service Choir, l'album révèle une vraie cohérence, dans le fond aussi bien que dans sa forme, osant même inviter... Kenny G. Oui, l'homme qui accompagne la séance de torture dentaire de Garth Algar dans Wayne's World II. Une étrange idée, qui mûrit dans la tête de Kanye depuis qu'il a fait jouer Kenny pour sa femme lors de la St Valentin. So Cliché. Heureusement il repart aussi vite qu'il est venu.

Suivant Ye & Kids See Ghosts, les trois albums se rejoignent sur leur durée, moins de trente minutes chaque. Trop courts, ou condensés pile comme il faut, à chacun de se faire son avis, toujours est-il que Yeezy est dans une belle phase de créativité, avec les sept albums qu'il a produit et qui sont sortis presque au même moment en juin 2018. Il a d'ailleurs déjà promis une suite à cette expression de l'Evangile, pour Noel, Avec des prod de Dr Dre cette fois. On en salive d'avance, mais ne s'expose-t-on à une nouvelle attente sans fin ?


Parfait   17/20
par X_Lok


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