A Gethsémani

Ame Triste

Ame Triste

 Label :     Tunnel Vision 
 Sortie :    mercredi 10 avril 2019 
 Format :  Album / Vinyle  K7 Audio   

Un album dingue reste un album dingue. Peu importe qu'il soit sorti en 82, en 2019, en 1965, on s'en fout. Il est des moments comme ça, où un disque, dès la première écoute, marque. Et cette marque s'imprime de plus en plus au fil des écoutes, tu te l'appropries tout en te disant que bordel, tu le connaissais déjà avant même la première écoute, qu'il était irrémédiablement fait pour toi.

On peut même dire que le disque te parle. Dans tous les sens du terme. Il a ce truc, ce petit truc perturbant qui te fait lever un sourcil, qui fait que t'arrêtes tout pour écouter, pour te gaver. Pas forcément le décortiquer dès le début non, t'auras bien tout le temps pour ça. Savoir s'ils étaient six ou juste seul dans sa piaule, comment c'est enregistré/produit, tout ce qui importe ce qui se passe là, dans tes oreilles.

C'est exactement ce que j'ai vécu avec Ame Triste.

Le nom peut certes paraître cliché, mais le disque d'A Gethsémani mérite toute votre attention. Un album perdu, sorti uniquement en cassette en 1987 que le label Lyonnais Tunnel Vision a la très bonne idée de rééditer en cette belle année 2019. Plus de trente ans plus tard l'album n'a rien perdu de sa superbe, de cette image presque visionnaire de la musique, non pas arrêtée dans le temps comme beaucoup d'album de l'époque, mais au contraire, qui défie les époques avec une insolence épatante.
Armé d'un quatre-pistes et d'un DX7, Bernard Odot propose là une musique bien étrange. De l'indus contemplatif ? De la dark-ambiant ? Ou bien de la new wave très expérimentale, c'est bien difficile de caler un genre là dessus, tant la spécificité de ce disque est, je pense, très subjective. Le collage sonore de chaque titre impressionne, provoquant parfois une réelle perte de repère entre les cloches, les gémissements, les sonorités bien connues de ce synthétiseur aux multiples facettes, on se perd avec délice dans ces montages aux rythmes souvent cassés, parfois absents ou entêtants dans lesquels on pense reconnaître une voix familière sur "Cheree".

Tirant son nom de l'endroit où Jésus aurait prié avant son arrestation, A Gethsémani saura convaincre les plus audacieux de se plonger dans cette œuvre impressionnante de maîtrise et d'inventivité, les férus d'expérimentations sauvages sauront remercier Tunnel Vision pour ce travail d'excavation.


Excellent !   18/20
par X_Lok


  L'album est sorti dans un premier temps en 1987, autoproduit et seulement en cassette.


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
152 invités et 2 membres
Happy friday
R.i.p Auckward
Au hasard Balthazar
Sondages
Fermez les yeux, je vous dis "Musique", vous voyez :