Katerine

Mes Mauvaises Fréquentations

Mes Mauvaises Fréquentations

 Label :     Rosebud 
 Sortie :    février 1996 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

1996. En plein dans une période où un groupuscule d'extrémistes français ne jurait que par le rétro, par le c'était mieux avant, avec en tête de gondole Bertrand Buragalat & son label Tricatel.
Oui, en cette belle année 96, Valérie Lemercier nous contait ses histoires de cheval en savon & de bungalow, April March nous proposait Superbanyair, et Katerine sortait Mes Mauvaises Fréquentations.

Cet album est en fait le recueil de quatre Ep qui sortirent durant un an, sur lequel le dandy des Deux Sèvres posait dans le pur style du Swinging London (les 4 portraits qui ornent l'album sont des détails de chacune des pochettes habilement rassemblés), donnant l'impression d'un photoshoot désuet. Impression omniprésente à l'écoute de ce disque, & ce dès "Mon Coeur Balance" parfaite ritournelle gentiment psychédélique. Le synthé au bon goût d'orgue, les coeurs féminins, tout est là. Hop, un vibraphone arrive pour une reprise enlevé de "La Joueuse", tiré du Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda, suivie de près par "Un Jardin Anglais" tout en arrangements, on dirait qu'il s'agit du même morceau en deux parties, une petite balada sautillant suivi d'un flirt dans le gazon ensoleillé. On aurait presque du mal à croire que c'est le même gars qui, dix ans plus tard, s'excusera d'avoir éjaculé dans les cheveux de sa partenaire.
Une belle naïveté s'échappe de ce disque, sans jamais tomber dans le niais ou la caricature. Le kitsch n'est certes pas loin, mais c'est tellement bien fait et habité par Katerine que c'en devient parfait en tout point. Des petites comptines printanières dépassant rarement les trois minutes, futiles ("Les Grands Magasins", "Le Manteau De Fourrure"), ou graves parfois ("Le Jardin Botanique"). Une douce bossa nova enrobe les compositions qui sentent le sourire, les humeurs à l'ombre des jeunes filles en fleurs, une belle insouciance ("Le Plus Beau Jour De Ma Vie", le duo magique avec Erin Moran sur "Parlez Vous Anglais Mr Katerine"), un beau voyage dans un passé fantasmé & suranné.

Au même titre que Robots Après Tout en 2006, cet album pourrait faire office de charnière dans la carrière de Katerine. Ce troisième disque marque en quelque sorte un aboutissement, voire une étape. Avançant un peu à tâtons sur ces premiers disques, lorgnant vers le surréalisme avec les deux suivants suivi du dérapage (contrôlé) électronique et tout ce qui s'en suit. Car non, Katerine n'est pas que l'homme de "Louxor" ou de "La Banane", il est sans doute bon de rappeler que pendant une quinzaine d'année, il était ce dandy maniéré, ce poète qui nous emmerde comme il le chantera dans son disque de 1999, et qui continue à le faire, d'une manière certes bien différente, en 2017.


Excellent !   18/20
par X_Lok


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