Silvain Vanot

Bethesda

Bethesda

 Label :     Megaphone 
 Sortie :    lundi 05 octobre 2009 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

C'est sur une pochette qui ferait imaginer que le disque a été débusqué parmi des Brassens, des Ferrat ou des Ferré chez un vieux parent, que l'on retrouve le chanteur et compositeur Silvain Vanot en 2009, une mine bourrue décorée d'une moustache un peu gauloise et l'écharpe au vent, se promenant dans une lande que l'on distingue en arrière plan.

En sept ans de silence (si on ne considère pas les autres projets à côté), Monsieur Vanot, démissionnaire de l'ancien label qui l'hébergeait, a su prendre de la distance avec ses précédentes réalisations et se libérer d'une pression intérieure qui finissait par brider son avancée dans la chanson et la musique. Enregistré entre le Pays De Galles et Paris, Bethesda témoigne, si on peut dire, de ce relâchement de pression par des compositions aériennes et félines, la preuve par "Ô Mon Tour" qui ouvre l'album et "Hawaii", toutes deux traversées par la brise steel d'une guitare. Autant le dire sans plus attendre, cet album respire une sérénité palpable et fort plaisante, une sorte de zénitude qui arbore diverses couleurs musicales entre la folk, la country, le rock et des contrées intimes ou plus exotiques. Les quatre premiers titres, dont les deux cités en amont y figurent, font merveille, comprenant également dans le lot l'entraînant "Un Pied Derrière" avec sa guitare claire et sa clarinette murmurante, sans oublier le splendide "Les Cloches De L'Amour" vêtu par des résonnement métalliques. Des textes sont d'une saveur exquise, caressent souvent l'oreille avec une poésie délicate, touchent directement : le dernier titre, "Les Fleurs", trouve grâce et laisse flotter un long moment après le chant, son voile parfumé de notes d'une sitar ou de la même clarinette. Tout l'album dégage un parfum boisé et apaisé, même si de l'électricité se manifeste de temps en temps (le surréaliste "Le Mouton A Trois Têtes", "Bambi Blanc/ Forêt Noire").

A-t-on droit, pour conclure, à un album plus boisé que Sur Des Arbres aussi ? Oui, c'en est bien certain avec quelque chose de joliment mature et de doux, ici. Silvain Vanot, nettement plus sûr de lui et qui n'hésite plus à monter sa voix vers les aigus sur certaines chansons (comme dans le slow accompagné à l'orgue, "Bois Flottant", à s'enlacer encore sur la piste en bout de soirée, quand les autres amoureux, fatigués, rentrent chez eux), sait aussi s'entourer d'excellents musiciens (John Greaves, Renaud-Gabriel Pion, Iain Templeton et B.J.Cole) pour donner vie à ses compositions et à un disque ayant des décors sonores variés. Le résultat est là, ça respire et c'est léger. Alors ne boudons pas le plaisir, vraiment !


Excellent !   18/20
par Pascha


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