Megafaun

Rennes [L'Ubu] - vendredi 17 février 2012

 Megafaun
Alors que l'édition hiver de la Route du Rock, débute ce vendredi, l'Ubu riposte avec une affiche qui regroupe Megafaun et Tune Yards. Une concurrence presque déloyale. Je découvre une salle très mal foutue, bouffée par l'emplacement (stratégique ?) des chiottes en plein milieu de l'espace qui oblige la présence d'un écran pour le tiers du public qui se trouve derrière l'avancement des dits WC. Bref, de toute façon Megafaun est chargé de la première partie et la place ne manque pas. Le groupe se présente à quatre pour cette tournée, avec Nick Sanborn à la basse dont la barbe sied parfaitement avec celle de Joe Westerlund, pour un set de folk électrique et sonore. Les guitares électriques ont pris la place des folk pour sonder le répertoire de Megafaun et Heretofore. Ce n'est pas une métamorphose car on connaît les gars et leurs amours éclectiques et que le fond reste profondément inspiré d'americana. Les américains jouent juste et défendent parfaitement les atmosphères pionnières de "Scorned", la tonalité du riff de "Heretofore" qui rappelle les mélopées de Do Make Say Think, les dix minutes de la guillerette "Get Right" sans hésiter à faire gronder efficacement leurs amplis... et les autres. Leur attitude davantage rock, à la recherche de notes vives et perçantes à égrainer, prend le pas sur les voix que l'on n'entend pas suffisamment. Les harmonies de Gather, Form & Fly sont absentes tout simplement car l'album est tu. Néanmoins les chœurs s'expriment dès qu'ils en ont l'occasion à l'instar de "Second Friend" chanté par Westerlund derrière ses fûts, sous des airs de Beatles. Son physique de Jesus irlandais flottant dans les fumées de la scène nous renvoie à un personnage presque mystique. Le trio a beau chanter ensemble dans des proportions toutes relatives, leur connexion s'exprime bien au-delà. Le seul fait de les voir jouer à l'unisson, rappelle que le groupe évolue dans un domaine dont ils sont rois où ils se trouvent les yeux fermés, pourvus de la même sensibilité. Megafaun confirme ainsi son goût de la scène à s'étendre sur les morceaux, encore plus que sur disque, bien que contraint à 40 minutes de set. Poussé vers la simplicité généreuse des traditions, ils s'en sortent avec réussite dans un registre et une posture que l'on sait éphémères. La seule métamorphose en définitive se trouve chez les frères Cook qui ont rasé leurs belles barbes, Bradley a même perdu sa brioche et fait dix ans de moins (son âge en fait). Ni plus ni moins.


Parfait   17/20
par TiComo La Fuera


  Setlist

Scorned
Heretofore
Get Right
Second Friend
Ressurection
Carolina Days
Real Slow

Photo par Ticomo


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