Curve

Come Clean

Come Clean

 Label :     Universal 
 Sortie :    lundi 16 février 1998 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Une sorte d'ovni dans ma discothèque que ce Come Clean. Acheté au hasard de mes errances numériques, il a su, en quelques pistes seulement, attiser ma curiosité. Cette voix solennelle, abrupte, se mêlant confusément à des nappes d'instrumentaux criards. Guitares, basses et claviers se combinent habilement en une section rythmique tranchante, jouissive. Une sorte de style musical à part entière, à mi-chemin entre shoegaze et musique électronique.

Remise en contexte.
En 1993, Curve, à savoir la chanteuse Toni Halliday et le multi-instrumentiste Dean Garcia, publie son second effort. Attendu comme un succès logique au vu des ventes prometteuses du premier album l'année précédente, ce Cuckoo peinera à décoller dans les charts. Cet échec commercial, accompagné d'un usage de stupéfiants défiant sensiblement la raison, mènera le duo à une séparation prématurée au cours de la tournée, en 1994.
Cependant, dès 1996, le groupe se remet secrètement au travail, et accouche d'un opus sobrement (ou presque) intitulé "Magic Music Medicine". S'orientant vers un son plus brut que leurs précédentes compositions, la paire regagne donc en confiance et publie deux ans plus tard cet opus, renommé entre temps "Come Clean", comme une sorte d'appel véhément à la sobriété. Et il faut croire qu'elle a du bon, au vu de la qualité du bordel.

Ainsi, l'ouverture "Chinese Burn" matraque une drum'n'bass grinçante, aux basses sinueuses, flirtant d'entrée de jeu avec les expérimentations de Tricky dans son cultissime Maxinquaye. N'ayons pas peur des références. Car ce que nous offre ici Curve est une pépite de production qui -à mon sens- se mesure aux plus grands. Ambiances éthérées, samples prédateurs et autres boites à rythme épileptiques nous saisissent sans ménagement. Ne vous y trompez pas cependant, le ton général relève de celui du rock; les guitares sont balèzes, les riffs sérieusement sentis, et la formule du refrain n'est certainement pas laissée de coté. A ce titre, "Something Familiar", tube en puissance, résume à lui seul la puissance salvatrice de cet album.

Au fil des pistes, les compositions s'assemblent les unes aux autres en une oeuvre qui tutoie les extrêmes; à la fois inquiétante et jouissive .. on devient vite addict.

Mix astucieux entre electro vintage et rock, cet album marquera un renouveau pour le groupe, le plaçant à nouveau sous le feu des projecteurs. Une réussite parfaite, en somme.


Parfait   17/20
par Lulum


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