Exploded View

Exploded View

Exploded View

 Label :     Sacred Bones 
 Sortie :    vendredi 19 août 2016 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

On a connu Anika en 2010, lors de la sortie de son premier album enregistré avec Beak>. Constitué de reprises en version kraut-dub & de titres originaux, il fut suivi d'un Ep en 2013, dans lequel on trouvait la fameuse reprise des Shocking Blues "Love Buzz". Et oui, Nirvana s'est aussi fendu d'une reprise pour son premier 7", il faut le savoir (mais je pense que vous le savez tous).

Lors d'une série de concerts au Mexique avec un "backin' band" local, ils se sont dit que ce serait une bonne idée d'enregistrer un disque ensemble, respectant l'espèce de dogme que Beak> avait mis en place pour le premier disque de Beak>, à savoir on garde la première prise, tout se fait live, quasiment en improvisation.

Le résultat ? Une musique sans repère, sans attache, qui vous bourdonne dans les entrailles sans vous lâcher. La voix d'Anika, mi parlée/mi chantée noyée par moment dans la reverb & les échos répond aux vrombissements électroniques, aux non-mélodies envoyées par le groupe, comme un album de Suicide passé au ralenti.
De "One Too Many" et ses faux airs de berceuse gothique au funk futuriste d'"Orlando", Exploded View démembre les références pour les réajuster à l'envi, à l'image de l'artwork de l'album, une sorte de collage dadaïste musical qui ne vous prend pas la main non, il vous montre vaguement une direction, quitte à se perdre en chemin. La tension monte d'un cran avec le génial "Disco Glove", toujours cette volonté de montrer les choses différemment, d'apporter en quelque sorte un oeil neuf sur ce qui existe déjà. Bien sûr, ça peut paraître pompeux dit comme ça, mais "Stand Your Ground" ou "Lark Descending" rendra cette impression limpide en une écoute. "No More Parties In The Attic", titre imparable, le plus facile d'accès (c'est dire comme l'album est quelque peu ardu). Peut être parce que c'est le titre qui ressemble le plus avec ce qu'elle faisait avec Beak>, mais il a une saveur bien particulière, ce mélange de simplicité & d'expérimentation rend accro.

En parlant d'expérimentation, "Killjoy" qui clôt l'album en est un bel exemple. Ce titre aurait pu, entre d'autres mains, devenir une bête ballade acoustique larmoyante. Ici ça devient un entremêlement de rythmes et de notes sans queue ni tête en apparence, on se raccroche à la voix de l'allemande en subissant les assauts désordonnés, donnant au final un des meilleurs titres de ce disque éponyme.

Belle prise de risque que cet album. Il en rebutera forcément plus d'un, mais de par ses structures, ses idées folles et sa concision, il mérite de passer par vos oreilles, comme disait ma grand mère, faut goûter avant de dire j'aime pas, grand couillon.


Parfait   17/20
par X_Lok


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