Locrian

Return To Annihilation

Return To Annihilation

 Label :     Relapse 
 Sortie :    mardi 25 juin 2013 
 Format :  Album / CD   

Chariot abandonné sur parking désert, c'est une bonne image de la fin des temps. Le jour où il n'y aura plus personne dans les supermarchés, c'est que ce sera vraiment la merde la plus noire qui soit. C'est sur ces terres désolées si chères aux poètes romantiques que Locrian puisent son inspiration, Return To Annhilation débutant sur une pièce étrangement rythmée et lyrique ("Eternal Return") où la douceur du climat contraste violemment avec ses vocaux qui ouvrent grand les portes de la folie.
Le rythme, c'est d'ailleurs une des évolutions majeures de cet album si on le compare à The Clearing qui était très épuré. Le son est du coup beaucoup plus étoffé, plus sourd et cela vire rapidement à la séance d'hypnose puis à une folie post-core qui n'a rien à envier à Neurosis ou Isis ("A Visitation From The Wrath Of Heaven"). Très surprenant d'ailleurs ce virage musical, Locrian structurant ses titres sans pour autant renier sa part d'expérimentation. Le groupe accentue les contrastes, comme ce mélange d'arpèges planants sur un fond drone ("Two Moons") mais surtout durcit considérablement son jeu et ses odes à un monde en plein délabrement ("Return To Annihilation").
Il reste qu'en dépit de cette évolution, que je trouve personnellement dantesque, Locrian compose toujours une musique unique, qui ne ressemble qu'à elle-même. La présence renforcée des guitares ne fait pas pour autant de Return To Annihilation un disque plus facile d'accès, à l'image de la fureur de "Panorama Of Mirrors" qui emprunte sa haine viscérale au black metal le plus cruel. Ce morceau est à franchement parler terrifiant et l'un des trucs les plus obscurs que j'ai pu écouter récemment.
Le quart d'heure de fin de "Obsolete Elegies" nous ramène sur des sentiers plus expérimentaux proches de la musique concrète avant de rebasculer vers un post-rock crépusculaire où la peur et la mort transpirent de chaque son, de chaque note. Cette clôture en forme de quintessence ponctue un album parfait de bout en bout. Sans contexte une œuvre incontournable, l'une des productions clés de cette année.


Exceptionnel ! !   19/20
par Arno Vice


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