Yellow Ostrich

Strange Land

Strange Land

 Label :     Barsuk 
 Sortie :    mardi 06 mars 2012 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

C'est toujours un peu la même histoire. Celle d'un type qui ne sais pas quoi faire de ses dix doigts et se met en tête de composer quelques chansons avec le peu qu'il connait et les moyens à sa disposition. Il réussit plutôt bien tout seul et trouve même son filon qu'il abreuve de ses facilités. Il en a que faire que personne ne s'intéresse à lui, jusqu'à ce qu'il sorte finalement un album qui récolte compliments et révérences. L'idée est alors de se trouver des compagnons de route afin de répandre son œuvre si spéciale. Et c'est tout l'inverse qui se produit, l'individu regagne bêtement les rangs, noyé dans la masse et dans un groupe qu'il partage à présent. Alex Shaaf n'échappe pas à la règle. C'est une chose de délaisser la confidentialité de ses premiers enregistrements, s'en est une autre de perdre son identité, perdre ce marqueur particulier qui faisait toute la beauté et la réussite de ses débuts. Entouré de Jon Natchez et Michael Tapper, Yellow Ostrich a ainsi abandonné sa griffe DIY géniale et entêtante. Les voix décuplées et matraquées et l'immédiateté de ses titres non codifiées sont mises au rebut contre une pop confite et peu habile qui sert sans réelle cohérence tubes haut les cœurs, ballades complaisantes ("I Got No Time For You" à moitié réussie) voire même des hymnes pseudo garage à l'instar de "The Shakedown" le tout avec un son de guitare entendu mille fois. "Marathon Runner" jeté avant l'heure à la mode The Mistress était un leurre. Strange Land est un album d'autosatisfaction assis sur les bases du pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La production est même si maladroite que, sachant l'organe d'Alex Shaaf essentiel, pense de bon aloi de la placer claire et forte sur le devant. Sauf que l'on entend finalement que le timbre fébrile et nasillard d'un adolescent qui rendait bien mieux capté par un micro d'ambiance. Plutôt que de creuser le filon des onomatopées et des claps, Alex Shaaf exhausse un fantasme de gosse au travers d'un disque fougueux faisant l'apologie d'une musique facile et se voulant directe. La comparaison avec The Dodos est encore valable, mais cette fois pour le plantage en beauté.


Sans intérêt   8/20
par TiComo La Fuera


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