Au Revoir Simone

Still Night, Still Light

Still Night, Still Light

 Label :     Moshi Moshi 
 Sortie :    lundi 20 avril 2009 
 Format :  Album / CD   

Tout bon névrosé musical se souvient souvent le comment de la découverte d'un album ou le contexte des écoutes initiales. Des premières transgressions adolescentes au désespoir d'un chagrin d'amour en passant par l'euphorie d'un voyage à l'autre bout du monde pour rester dans les clichés, il est des cd dont le parallèle à une certaine humeur est inéluctable. Et puis il ya les autres. J'ai découvert Au Revoir Simone d'abord par leur troisième album, et par hasard, sur l'ordinateur d'un copain, prête à dégainer une multitude de quolibets préparés à la va-vite, pensant ce groupe appartenant à la scène franchouillarde et festive qui sent bon les guinguettes et la piquette. Le nom Au Revoir Simone me renvoyait spontanément plus à Guy Lux qu'à Brooklyn. Quelle ignorance de ma part ! Il aurait trouvé son origine dans une réplique de film de Tim Burton et aurait été ultra tendance chez les bobos à une époque.
Une fois la déception passée -car je me trouvais quand même avec une liste de railleries inutilisable- ce fut successivement une surprise plutôt agréable (confirmée par l'écoute solitaire), une petite désillusion le lendemain ("mais c'est assez insipide en fait"), et finalement, quelques jours plus tard à nouveau un sentiment plaisant, à présent mesuré à sa juste valeur.
Au Revoir Simone est un groupe de copines, de sœurs ou de cousines qui ont la réputation d'être mignonnettes mais de taper un peu trop (et mollement en plus) dans la légèreté. Ou peut être furent-elle des voisines d'internat qui s'initièrent ensemble à leurs premières expériences lubriques ? Elles ont un petit côté sainte-nitouche un peu suspect ! Mais qu'importe, que cela ne nous empêche pas de leur accorder le minimum de crédit qu'elles méritent. S'il n'est pas révolutionnaire (et il ne l'est pas) ce trio New-Yorkais n'a cependant pas à rougir de certaines qualités. Une note de candeur dans un monde où honnête femme de ménage se fait rare, une ambivalence dans les émotions avec des compositions électro-pop qui sans être franchement tristes sont parsemées de vague à l'âme, ainsi qu'un sens de la mélodie. Et puis il y a la justesse de ne pas vouloir toujours "trop en faire", à l'heure où l'électronique justifie toute sorte d'expérimentations sonores. On a pour l'essentiel des nappes de synthé et on reste un peu sur notre faim concernant les lignes rythmiques. Celles-ci sont discrètes et plutôt binaires. Mais c'est après tout une stratégie comme une autre, l'ensemble est cohérent, homogène (mais on ne trouve pas de point d'orgue comme sur l'album précédant avec "A Violent Yet Flammable World") Tout cela est très féminin et on imagine sans peine les trois demoiselles ébauchant leur projet commun au cours d'une soirée pyjama. Mais il s'agit d'une musique honnête qui saura accompagner un besoin de ne pas être bousculé, une musique qui se fera le lien discret entre un esprit en proie à des ailleurs et le monde d'ici bas. Un pied sur terre un pied en l'air et Still Night Still Light en fond sonore. La voix d'Erika Forster est un instrument aussi sobre qu'adapté (sans caractère diront les détracteurs), au même titre que les claviers et boite à rythmes des ses deux comparses : Annie Hart et Heather D'Angelo.
Allez les filles ne vous inquiétez pas, j'ai finalement pu l'envoyer ma grosse vanne, en cherchant bien y'avait du Moby sur l'ordi ! Au revoir, et repassez à l'occasion !


Pas mal   13/20
par Todosesaqui


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
198 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
En concert, tu n'aimes pas :