Guitar Wolf

UFO Romantics

UFO Romantics

 Label :     Narnack 
 Sortie :    mardi 11 février 2003 
 Format :  Album / CD   

L'avantage avec la culture américaine en général, et la musique en particulier, c'est son pouvoir de pénétration. Libre à vous d'interpréter mon propos comme vous l'entendez; mais c'est un fait, passée à la moulinette du "politically correct" et de l'importation, force est de constater les facultés des barbares à assimiler et recracher avec une conviction inébranlable les clichés les plus éculés de tous les styles musicaux US.
Ici même, combien de NTM, de IAM ou La Rumeur traumatisés par Public Enemy, NWA ou Grand Master Flash ? Qui mieux que The Hives incarne la fougue garage punk de la fin des seventies ? Les islandais de Qarashi pour le Nu Metal, les suèdois (encore) de Millecolin pour le skate punk californien, le norvégien Sondre Lerche pour la pop bacharachesque, etc... Les exemples, heureux ou pas, sont légions et les japonais font figures de stakhanovistes acharnés dans l'exercice, de DJ Krush à Boris en passant par Hi-Standard ou 54 Nude Honeys.

Et ces dernières sont l'exemple le plus parlant car Guitar Wolf est tout simplement le pendant masculin des rockeuses débridées.
Bananes gominées, lunettes noires, mâchoires serrées, blousons de cuir noirs, jeans moulants et poses savamment étudiées, Guitar Wolf pille joyeusement l'héritage des défunts Ramones et autres Johnny Thunders and the Heartbreakers. Et les bougres, comme leurs consoeurs, se débrouillent très bien ! On les croirait, à l'image comme au son, tout droit sortis du cerveau fièvreux d'un Goichi Suda ( Suda 51 pour les intimes, équivalent vidéoludique d'un Quentin Tarantino ) et ils assument totalement le ridicule de la position.
Il faut entendre le chanteur hurler "Takusi Dulaïva" ( comprenez Taxi Driver ) pour se rendre compte de la fougue et de la désinvolture des rockeurs nippons.
Après un "Hi No Tama Red" un peu trop "kawaï" pour être honnête, les choses sérieuses commencent avec "Hokago Thunder"... Et là, c'est parti pour une enfilade de morceaux nerveux, courts et bruyants ( quoiqu'un peu lisses ) portés par un anglais plus qu'approximatif totalement assumé, un chant rarement maîtrisé mais toujours convaincu et surtout du riff, du riff, du riff...

Si la crétinerie est un crime, Guitar Wolf mérite perpète...


Bon   15/20
par Gérard Cousin


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